Quand le temps se re­belle

Avec sa montre à la mâ­choire ar­ti­cu­lée, de Gri­so­go­no s’ins­crit dans une tra­di­tion millé­naire très en vogue au xxie siècle.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case Style - Ni­co­las sa­lo­moN

Va­ni­tés des va­ni­tés, tout est va­ni­té. » L’An­cien Tes­ta­ment est dé­fi­ni­tif sur la na­ture illu­soire et pas­sa­gère de la vie sur Terre face à la mort, re­pré­sen­tée par un crâne. Au Moyen Âge, les « va­ni­tés » étaient cen­sées mettre en garde les pé­cheurs et les in­ci­ter à se re­pen­tir avant qu’il ne soit trop tard. À la Re­nais­sance, elles ont trou­vé leur place dans les pre­miers ca­bi­nets de cu­rio­si­tés des puis­sants, les stu­dio­los. Très vite, les plus grands maîtres ita­liens, fla­mands et fran­çais convoquent le sym­bole dans leurs na­tures mortes. Cette fas­ci­na­tion pour le mor­bide va tra­ver­ser toutes les époques. En hor­lo­ge­rie, les pre­miers crânes ap­pa­raissent seu­le­ment au dé­but des an­nées 2000, fa­vo­ri­sés par la ten­dance rock. Cette hiver, De Gri­so­gno dé­fie le temps qui passe inexo­ra­ble­ment avec la montre Skull : un double fu­seau do­té d’une mâ­choire ar­ti­cu­lée qui laisse ap­pa­raître une langue cou­verte de 66 ru­bis ou sa­phirs roses ayant né­ces­si­té une pleine an­née de mise au point. Glis­sant d’un ser­ti neige (en­tiè­re­ment pa­vé) à un ser­ti mys­té­rieux, les 45 ca­rats de pierres qui re­couvrent le crâne sont dis­po­nibles en trois nuances : ru­bis, dia­mants blancs et dia­mants noirs (une des si­gna­tures de la mai­son ge­ne­voise). À pla­cer au pied du sa­pin d’une grande voya­geuse ir­ré­vé­ren­cieuse qu’au­cune fo­lie n’ef­fraie. —

of God,

2008.

For the Love

da­mien Hirst,

Va­ni­té de

n. L. Pes­chier,

rijks­mu­seum,

Am­ster­dam.

Ce­ci est une

montre skull à fixer

droit dans les yeux,

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