Cré­pus­Cule au pays du so­leil le­vant

À To­kyo, de nom­breux édi­fices modernistes, dont l’ico­nique hô­tel Oku­ra, sont me­na­cés par une fré­né­sie de ré­no­va­tion à l’ap­proche des Jeux olym­piques de 2020.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case -

Alors que To­kyo s’ap­prête à re­ce­voir les Jeux olym­piques en 2020, l’ar­chi­pel veut ré­for­mer son pa­tri­moine ar­chi­tec­tu­ral mo­der­niste et éra­di­quer ou ré­no­ver – mot propre à tous les dé­voie­ments – quelques pé­pites du genre. L’autre ar­gu­ment évo­qué par le gou­ver­ne­ment ja­po­nais est la mise aux normes an­ti­sis­miques. Le sort de l’ex­tra­or­di­naire théâtre Nis­say de To­kyo, le pa­lais des sports Yoyo­gi Na­tio­nal Gym­na­sium, le Mae­ka­wa Buil­ding, la ca­thé­drale Sainte- Ma­rie de To­kyo, le gym­nase de la pré­fec­ture Ka­ga­wa et de ses bu­reaux ad­mi­nis­tra­tifs reste in­cer­tain. Bot­te­ga Ve­ne­ta, à tra­vers son di­rec­teur ar­tis­tique , a en­tre­pris d’at­ti­rer

To­mas Maier l’at­ten­tion sur les pé­rils qu’en­courent cer­tains bâ­ti­ments in­es­ti­mables. Le ma­ga­zine lo­cal d’ar­chi­tec­ture Casa Brutus s’est al­lié à la griffe ita­lienne (pro­prié­té du groupe Ke­ring) afin d’aler­ter les ad­mi­ra­teurs de cette ar­chi­tec­ture da­tant prin­ci­pa­le­ment des dé­cen­nies 1960 et 1970. En 2015, le fa­meux hô­tel Oku­ra, une des des­ti­na­tions les plus tou­ris­tiques de To­kyo, dont le sa­lon est res­té dans son jus de­puis son ou­ver­ture en 1962, va faire les frais de cette ré­vo­lu­tion cultu­relle. Sous la su­per­vi­sion de l’ar­chi­tecte ,

Yo­shio Ta­ni­gu­chi ce joyau mo­der­niste a ini­tié le monde en­tier, à l’aube des six­ties, l’es­prit tra­di­tion­nel ja­po­nais Wa – les fa­meuses lan­ternes hexa­èdres comme les mo­tifs flo­raux, le jar­din tra­di­tion­nel, la salle vouée à la cé­ré­mo­nie du thé... – re­vi­si­té par les grands noms du de­si­gn et de l’ar­ti­sa­nat de l’époque. En 1967, le film On ne vit que deux fois met en scène James Bond dans l’hô­tel, alors sym­bole écla­tant du re­nou­veau nip­pon. En sep­tembre, le bâ­ti­ment prin­ci­pal qui abrite ce hall lé­gen­daire se­ra dé­truit et rem­pla­cé par un bâ­ti­ment de verre à plus grande ca­pa­ci­té d’ac­cueil dont l’ou­ver­ture est pré­vue au prin­temps 2019. Seul le sa­lon de­vrait être pré­ser­vé à l’iden­tique, conser­vé sous une

On ne vit

que deux fois

(ap­pe­lé

en ja­po­nais 007

meurt deux fois).

la map­pe­monde

sei­ko donne l’heure

lo­cale des ca­pi­tales.

To­mas Maier dans le sa­lon

de l’hô­tel Oku­ra de To­kyo.

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