En­tre­tiens d’éva­lua­tion

Vanity Fair (France) - - Enquête Vanity Fair -

Glass­door.com a de­man­dé aux em­ployés

de no­ter leur pa­tron.

Si Mi­cro­soft a échoué avec les ap­pa­reils, c’est en par­tie parce que ses concur­rents ont cham­bou­lé le business mo­del. Google ne fac­ture pas son sys­tème d’ex­ploi­ta­tion et gagne de l’ar­gent avec la re­cherche. Grâce au de­si­gn et à l’élé­gance de ses pro­duits, Apple peut pra­ti­quer des prix éle­vés. Dans le même temps, Mi­cro­soft conti­nuait à obli­ger les fa­bri­cants ex­té­rieurs à payer une li­cence pour Win­dows. Pire, l’en­tre­prise ne per­met­tait pas d’uti­li­ser Of­fice sur les té­lé­phones et les ta­blettes. « La phi­lo­so­phie de Mi­cro­soft, c’était Win­dows d’abord », com­mente Hea­ther Bel­li­ni, ana­lyste chez Gold­man Sachs. Et com­ment ce­la pou­vait-il en être au­tre­ment ? C’est à ce lo­gi­ciel que la so­cié­té doit sa for­tune.

La mis­sion de Na­del­la consiste à dé­ve­lop­per la stra­té­gie cloud tout en pré­ser­vant l’ac­ti­vi­té très ren­table du ser­veur Win­dows. Il a donc en­tre­pris des dé­marches as­sez in­édites. Il est al­lé à la rencontre de start up afin de com­prendre pour­quoi elles n’uti­li­saient pas Mi­cro­soft. Il a consa­cré énor­mé­ment d’ar­gent au sec­teur « re­cherche et développement » d’Azure, une pla­te­forme ba­sée sur le cloud dé­ve­lop­pée par Mi­cro­soft. Pa­ral­lè­le­ment, il a, dans une cer­taine me­sure, adhé­ré au lo­gi­ciel open source – un code gra­tuit qui ne re­quiert pas de li­cence Mi­cro­soft –, afin qu’il soit pos­sible de dé­ve­lop­per un pro­duit qui n’uti­lise pas la tech­no­lo­gie Mi­cro­soft.

Le saint Graal se­rait d’ame­ner des dé­ve­lop­peurs à éla­bo­rer des lo­gi­ciels in­no­vants pour Win­dows afin de re­pla­cer l’en­tre­prise dans un nou­veau cercle ver­tueux. En­core faut-il trou­ver les moyens d’y par­ve­nir. À l’heure ac­tuelle, des ap­pli­ca­tions conçues pour un ap­pa­reil Win­dows, un PC par exemple, ne fonc­tionnent pas né­ces­sai­re­ment sur un autre ap­pa­reil Win­dows. Et si Mi­cro­soft dé­ve­loppe une nou­velle ap­pli­ca­tion de gé­nie, l’en­tre­prise se­ra qua­si­ment obli­gée de la sor­tir sur les té­lé­phones sous An­droid et Apple compte te­nu de leur pré­do­mi­nance sur le mar­ché.

La ré­ti­cence his­to­rique de Mi­cro­soft à ou­vrir Win­dows et Of­fice ex­plique le ta­page pro­vo­qué par l’an­nonce de Na­del­la en mars 2014 : la so­cié­té al­lait of­frir Of­fice sur l’iPad d’Apple. Na­del­la a éga­le­ment an­non­cé que Win­dows se­rait gra­tuit pour les ap­pa­reils de moins de 9 pouces (23 cen­ti­mètres), donc pour les té­lé­phones et les pe­tites ta­blettes. « Main­te­nant, nous avons 30 mil­lions d’uti­li­sa­teurs qui se servent d’Of­fice sur iPad : ce­la fait 30 mil­lions de per­sonnes qui ne l’uti­li­saient ja­mais avant, dé­clare- t-il. À mes yeux, c’est ça, notre mo­teur. » Ce sont de pe­tites avan­cées, mais plus im­por­tantes qu’il n’y pa­raît. « C’est la pre­mière fois que j’en­tends un haut di­ri­geant de Mi­cro­soft ad­mettre que la firme est à la traîne, com­mente un in­ves­tis­seur ins­ti­tu­tion­nel. Qu’ils fassent don de Win­dows, leur gagne-pain de­puis vingt- cinq ans, re­pré­sente un chan­ge­ment plu­tôt fon­da­men­tal. »

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