AN­DRÉ TÉ­CHI­NÉ

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

Avec le réa­li­sa­teur de Ma Sai­son pré­fé­rée, Ro­land Barthes fait « l’ap­pren­tis­sage de la lé­gè­re­té », comme le sou­ligne Ma­rie Gil dans l’au­to­bio­gra­phie qu’elle a consa­crée à l’in­tel­lec­tuel. Ro­land Barthes rencontre le ci­néaste au dé­but des an­nées 1970 au Festival de Cannes. Té­chi­né ap­pré­cie chez l’écri­vain son « ab­sence de vo­lon­té de puis­sance ». Il as­siste à son sé­mi­naire, lit ses textes, et Barthes, en re­tour, consacre deux textes à ses films. Il fe­ra même son unique ex­pé­rience d’acteur sous la di­rec­tion de son ami, dans Les Soeurs Brontë. Sa per­for­mance quelque peu em­prun­tée ne mar­que­ra pas les es­prits. Au su­jet du tour­nage en An­gle­terre, Barthes note : « Leeds Tour­nage film An­dré. Nuit du 5 au 6 sep­tembre 78. At­tente, Pluie, je manque mon texte. Dé­tresse. 1) Ro­ma­nesque en ce­ci : nuit dif­fi­cile : sur le sen­ti­ment mo­ral qu’il ne faut pas ac­cep­ter, même par ami­tié, de faire ce qu’on ne sait pas faire. 2) Sen­ti­ment puis­sant de honte. Thème né­vro­tique de l’im­pos­ture. Cau­che­mar du dé­gui­se­ment qui tombe. Ici : im­pos­ture de pas­ser pour un acteur. » Mal­gré cette ex­pé­rience dou­lou­reuse, il reste très lié à Té­chi­né, sort sou­vent avec lui. Ro­land Barthes au­rait même ins­pi­ré le per­son­nage joué par Phi­lippe Noi­ret dans le film d’An­dré Té­chi­né J’em­brasse pas.

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