C’Est IN­tER­DIt PAR lA lOI. C’Est UNE hONtE !

Vanity Fair (France) - - Vanity Fair Récit -

Après deux suc­ces­sions dou­lou­reuses, l’hé­ri­tier s’est alors pro­mis de ne plus ja­mais re­vivre une telle tra­gé­die.

Mais la ten­sion monte entre deux de ses filles, Isa­belle et Yoyo. L’aî­née, qui di­rige la ga­le­rie pa­ri­sienne, pré­side aus­si la fon­da­tion. Yoyo, elle, doit se conten­ter des édi­tions Maeght, spé­cia­li­sées dans les li­tho­gra­phies et les af­fiches. Elle se sent à l’étroit, veut plus de res­pon­sa­bi­li­té. Elle dit s’être ju­rée, à l’en­ter­re­ment du grand-père, de pro­té­ger sa mé­moire. Pour elle, il y a ur­gence, la fon­da­tion de Saint-Paul- de-Vence vé­gète, les en­trées baissent. Elle a mille idées pour re­lan­cer la « marque Maeght ».

« pu­tain, t’en­re­gistres ? Quelle garce !

»

Isa­belle Maeght à sa soeur Yoyo (quand elle com­prend que Yoyo en­re­gistre la réunion de fa­mille)

En 2006, elle s’em­barque dans le pro­jet fan­tasque de son ami mil­liar­daire Alexandre Al­lard qui, avant de res­tau­rer le Royal Mon­ceau, veut ins­tal­ler un grand site ar­tis­ti­co- com­mer­cial dans le centre his­to­rique de Pé­kin. Yoyo, elle, rêve d’y ou­vrir une ga­le­rie Maeght. Elle mul­ti­plie les allers-re­tours en Chine et les dé­penses pour une en­tre­prise qui ne ver­ra ja­mais le jour. À la même époque, en pré­vi­sion de l’ex­po­si­tion Gia­co­met­ti, elle fait ap­pel aux ser­vices d’un ami, Phi­lippe Gurd­jian, un an­cien pu­bli­ci­taire aux al­lures de play-boy, mèches grises sa­vam­ment tra­vaillées, teint tou­jours hâ­lé. Ce pas­sion­né de course au­to­mo­bile a la ré­pu­ta­tion de sa­voir mettre en scène de grands évé­ne­ments. Il se flatte d’avoir ré­no­vé le cir­cuit Paul Ri­card dans le Var, avant de lan­cer le Grand Prix d’Abou Dha­bi en 2009, à la de­mande de Ber­nie Ec­cles­tone, le grand ar­gen­tier mon­dial de la For­mule 1.

Pca­deau de noël em­poi­son­né

hi­lippe Gurd­jian af­fiche une belle as­su­rance à Saint-Paul- de-Vence. Yoyo et lui re­crutent un nou­veau se­cré­taire ad­mi­nis­tra­tif, Pas­cal Ri­poll, qui dé­cide aus­si­tôt ar­ri­vé de faire le mé­nage. « La fon­da­tion était gé­rée comme une épi­ce­rie de quar­tier, se rap­pelle le sa­la­rié, qui dit au­jourd’hui s’oc­cu­per du pa­tri­moine d’un homme d’af­faires saou­dien. J’ai tout de suite re­mar­qué de gros pro­blèmes financiers, tout le monde na­vi­guait à vue, c’était un grand flou ar­tis­tique.

Yoyo (à gauche) et Isa­belle Maeght à la fon­da­tion en 2010, de­vant les por­traits de leur grand- mère réa­li­sés par Gia­co­met­ti. De­puis, elles ne se parlent plus que par avo­cats in­ter­po­sés.

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