LOUIS LE­TER­RIER, SU­PER RÉA­LI­SA­TEUR

Sur le tour­nage d’ In­sai­sis­sables 2, à Londres, FRÉ­DÉ­RIC BENUDIS a ren­con­tré le seul Fran­çais à qui les stu­dios amé­ri­cains conent des pro­duc­tions co­los­sales.

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

Àpeine a- t-il grim­pé dans la voi­ture qu’il dé­gaine son bloc-notes. Il an­note, gri onne, le ha­sard ne fait pas par­tie de son quo­ti­dien. Le voi­ci dres­sant la liste des plans qu’il tour­ne­ra au­jourd’hui : Mark Ru alo sau­tant dans le vide, une vitre ex­plo­sée en tra­vel­ling avant, une chute dans une trappe, tout, n’im­porte quoi, le moindre mou­ve­ment de ca­mé­ra. Louis Le­ter­rier est pas­sé la veille à Paris en coup de vent en­la­cer ses pa­rents et le voi­ci en route pour Londres où l’at­tend le tour­nage d’In­sai­sis­sables 2, suite clin­quante du suc­cès sur­prise de l’an­née 2013 (350 mil­lions de dol­lars au box- o‡ce mon­dial). Une his­toire de pres­ti­di­gi­ta­teurs bra­queurs au grand coeur. C’est Da­vid Cop­perŽeld qui ren­contre Ocean’s Ele­ven. Louis Le­ter­rier gre­lotte de Žèvre. Le vi­rus hi­ver­nal cogne sur ses tym­pans tan­dis que nous ar­ri­vons de­vant un im­meuble vic­to­rien désa ec­té du nord de la ca­pi­tale bri­tan­nique. De gi­gan­tesques ca­mions blancs en­va­hissent la rue, signe d’un tour­nage alen­tour. Il ex­trait son mètre quatre-vingt- treize de la BMW noire et s’en­gou re dans le bâ­ti­ment. C’est ici, dans les 4 000 m2 du Far­mi­loe Buil­ding, qu’ont été Žlmés The Dark Knight (2008), In­cep­tion (2010) et Sher­lock Holmes (2009). Le Fran­çais de 42 ans n’est pas le réa­li­sa­teur at­ti­tré de cette suite à 150 mil­lions de dol­lars de bud­get (le double du pré­cé­dent), il en est le co­pro­duc­teur. Mais il est pré­sent pour di­ri­ger la « ma­gic unit » – la se­conde équipe de tour­nage – pour des scènes d’ac­tion com­plexes. Parce que ce­la l’amuse, parce qu’il adore ça. Car de­puis L’In­croyable Hulk (2008) et Le Choc des Ti­tans (2010), le Pa­ri­sien est le seul Fran­çais à se voir conŽer par les stu­dios amé­ri­cains la di­rec­tion de tels block­bus­ters.

LUN MYS­TÉ­RIEUX LAN­GAGE DES SIGNES

a porte du han­gar s’ouvre et nous voi­ci à Ma­cao, son marché grouillant, ses gar­gotes odo­rantes. À la can­tine, les Ž gu­rants asia­tiques se ré­galent d’un pe­tit- dé­jeu­ner ty­pi­que­ment bri­tan­nique : saucisses, pommes de terre, oeufs brouillés. Les li­pides sont de sor­tie, de quoi te­nir du­rant les longues heures de tour­nage dans les cou­rants d’air. Ras­sa­sié, Le­ter­rier des­cend pré­pa­rer une cas­cade com­pli­quée. Entre les étals de fruits exo­tiques et les bouis-bouis est ins­tal­lée une vitre que deux dé­co­ra­teurs ma­ni­pulent avec pré­cau­tion. Un cas­ca­deur est cen­sé pour­suivre Mark Ru alo et per­cu­ter la plaque trans­pa­rente. Le réa­li­sa­teur pose un pied sur le pla­teau et son équipe l’inonde de ques­tions. Où ins­tal­ler le tra­vel­ling ? Quel ob­jec­tif de ca­mé­ra uti­li­ser ? Que pense- t-il de ce mon­tage ?

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