Girl power

Vanity Fair (France) - - Vanity Fair Récit -

Les femmes ont pris le pou­voir à Hol­ly­wood. La preuve par 4. ceux qui ont vu Mes meilleures amies]. En re­vanche, je trouve leur ob­ser­va­tion des dé­tails com­por­te­men­taux ou so­ciaux plus fine, quand les hommes ont ten­dance à faire des blagues plus cen­trées sur eux-mêmes. » Apa­tow ne dit pas autre chose : « J’ai re­mar­qué que les femmes tra­vaillaient beau­coup sur la ques­tion de l’ap­pa­rence, de ce que les autres pensent. Ce peut être un mo­teur co­mique très puis­sant. » Mes meilleures amies est ain­si, en der­nier res­sort, un grand film sur l’en­fer du qu’en- di­ra- t- on, une ré­flexion sur la phé­no­mé­nale pres­sion so­ciale qui s’im­pose sour­noi­se­ment aux femmes (et qu’elles s’im­posent à elles- mêmes), un dé­mon­tage en règle des conve­nances, bien plus acerbe que son af­fiche rose et son cô­té feel good pour­raient le lais­ser pen­ser. « À 30 ans, on vous de­mande sans cesse si vous êtes ma­riée, cé­li­ba­taire, si vous avez des en­fants, si­non pour­quoi, si vous êtes heu­reuse, etc. C’est hy­per­an­gois­sant et on vou­lait ra­con­ter ça », ren­ché­rit Kris­ten Wiig. En té­moigne cette in­croyable scène, to­ta­le­ment im­pro­vi­sée, où son per­son­nage est pris à par­tie par une jeune cliente qui la traite de vieille, pro­vo­quant une joute ver­bale in­ter­mi­nable (12 minutes dans la ver­sion non cou­pée !) qui se conclut lorsque Wiig, à bout, pro­nonce le mot interdit, « cunt » (que l’on peut tra­duire par « chatte en cha­leur »), et ne se fasse vi­rer sur le champ. C’est l’in­sulte su­prême au pays du puritanisme triom­phant.

Mes meilleures amies sort en août 2011 et em­porte tout sur son pas­sage, de­ve­nant la co­mé­die de l’an­née et le plus gros suc­cès de toutes les co­mé­dies pro­duites par Apa­tow. Ce der­nier concède d’ailleurs qu’il n’avait pas me­su­ré la por­tée de son geste à l’époque : « Fran­che­ment, je men­ti­rais si je vous di­sais que je n’ai pas été sur­pris par le suc­cès du film et son im­pact. En me lan­çant dans cet aven­ture, je ne vou­lais pas faire la co­mé­die de femmes, juste une co­mé­die de Kris­ten Wiig. Et puis le film est de­ve­nu cet em­blème, il a été ré­pli­qué, en a ins­pi­ré d’autres... C’est chouette. » conclut- il avec son ha­bi­tuelle bon­ho­mie. Même sim­pli­ci­té et même mo­des­tie du cô­té de Kris­ten Wiig : « Si les femmes se sentent li­bé­rées et plus sûres d’elles grâce mon film, j’en suis fière. Mais, même si ça com­mence à s’es­tom­per, je suis las­sée de voir des gens “dé­cou­vrir” que les femmes peuvent être drôles et trash, qu’elles peuvent faire pa­reil que les hommes, bla- bla- bla. Il y a tel­le­ment de femmes ta­len­tueuses dans ce pays, e t de­puis tel­le­ment long­temps... Six femmes sur une af­fiche, ça ne de­vrait rien avoir de ré­vo­lu­tion­naire, si ? » �

Juin

Pour cette co­mé­die, Paul Feig a consti­tué

un cas­ting im­pro­bable (Jude law et Jason

sta­tham) au­tour de Me­lis­sa Mccar­thy.

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