Pen­dant qu’Anne Lau­ver­geon brillait au fir­ma­ment de l’in­dus­trie et du pou­voir, Oli­vier Fric me­nait dis­crè­te­ment ses af­faires en Suisse. Au­jourd’hui, la jus­tice s’in­ter­roge sur son rôle dans le ra­chat d’une so­cié­té mi­nière qui au­ra été le plus mau­vais inv

Vanity Fair (France) - - Vanity Fair | Enquête -

il ne lui reste guère que des fau­teuils dans de pres­ti­gieux conseils d’ad­mi­nis­tra­tion (To­tal, EADS, Rio Tin­to), la pré­si­dence d’une fan­to­ma­tique « com­mis­sion sur l’in­no­va­tion » rat­ta­chée au gou­ver­ne­ment et... une cas­cade d’en­nuis.

De­puis l’élec­tion de Fran­çoise Hol­lande, sa fré­quen­ta­tion an­cienne des ré­seaux so­cia­listes (elle fut l’une des prin­ci­pales col­la­bo­ra­trices de Fran­çois Mit­ter­rand à l’Ély­sée) au­rait pu fa­vo­ri­ser son retour aux af­faires ; il n’en a rien été. La ru­meur a an­non­cé plu­sieurs fois sa no­mi­na­tion au gou­ver­ne­ment ; ce­la ne s’est pas pro­duit non plus. Dans la presse, son nom ap­pa­raît dé­sor­mais plus sou­vent dans la ru­brique ju­di­ciaire que dans les pages éco­no­miques. La faute au scan­dale Ura­min, cet im­bro­glio aux re­bon­dis­se­ments in­at­ten­dus qui, par­ti d’in­ter­ro­ga­tions sur le ra­chat d’une so­cié­té ca­na­dienne et de ses mines en Afrique, a fi­ni par ébran­ler Are­va tout en­tier sur fond de pertes co­los­sales, écla­bous­ser ses an­ciens di­ri­geants et dé­voi­ler ce qui était jus­qu’alors l’un des se­crets les mieux gar­dés du Paris des af­faires : les étranges ac­ti­vi­tés du ma­ri d’Anne Lau­ver­geon.

À la fois né­go­ciant, consul­tant et in­ter­mé­diaire, Oli­vier Fric est un homme ath­lé­tique et sou­riant de 56 ans qui a tra­vaillé dans la banque puis dans le pé­trole, s’est orien­té en­suite vers l’in­gé­nie­rie pour les sec­teurs de l’éner­gie et des ma­tières pre­mières. Il a créé di­verses so­cié­tés – le plus sou­vent do­mi­ci­liées en Suisse –, uti­li­sé son car­net d’adresses pour mon­ter des pro­jets d’in­ves­tis­se­ments en Afrique, en Rus­sie ou en Chine. Long­temps, il a été le contraire d’un ma­ri gê­nant. À pré­sent, sa dis­cré­tion se re­tourne contre lui – et contre son épouse. On le sus­pecte, lui, d’avoir cher­ché à pro­fi­ter des fonc­tions de celle dont il par­ta­geait l’in­ti­mi­té pour faire fruc­ti­fier ses af­faires. On lui re­proche, à elle, de s’être lais­sée en­traî­ner dans une opé­ra­tion ha­sar­deuse par ce­lui qui pou­vait l’in­fluen­cer sur l’oreiller. Le fait qu’il ait dé­te­nu des fonds non dé­cla­rés dans au moins une banque hel­vé­tique

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