Sous des al­lures de grand bour­geois es­thète, Fré­dé­ric Malle est un en­tre­pre­neur ins­pi­ré et un homme d’af­faires brillant. Marion Vi­gnal re­vient sur le des­tin de ce fils de fa­mille qui, en quinze ans, a bou­le­ver­sé l’uni­vers de la par­fu­me­rie de luxe avec ses

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En af­faires aus­si : en jan­vier 2015, le groupe Estée Lauder se por­tait ac­qué­reur des Édi­tions de par­fums Fré­dé­ric Malle pour près de 12 mil­lions de dol­lars, lui lais­sant les com­mandes de la marque qu’il a créée en 2000 (dont il est tou­jours le pré­sident et le di­rec­teur créa­tif). Et le consa­crant dans son rôle d’am­bas­sa­deur de la par­fu­me­rie haut de gamme sur la scène in­ter­na­tio­nale. Preuve que dé­ployer ses ailes loin du cercle du luxe pa­ri­sien qui l’a vu gran­dir en s’éta­blis­sant à Man­hat­tan était bien le moyen de ren­for­cer sa pré­sence sur le marché amé­ri­cain, si stra­té­gique, et d’as­seoir son au­to­ri­té dans un uni­vers fé­ro­ce­ment com­pé­ti­tif.

Quinze ans après le lan­ce­ment de sa so­cié­té, il est consi­dé­ré comme l’une des per­son­na­li­tés les plus créa­tives du mi­lieu. Ce­lui qui a su rendre au par­fum son au­ra ex­clu­sive. Le tout, sans la force de frappe d’une mul­ti­na­tio­nale ni le vi­sage flat­teur d’une égé­rie. « Il a bâ­ti, seul, de nou­velles normes : le fla­con à 300 dol­lars, l’im­plan­ta­tion sé­lec­tive dans les grands ma­ga­sins... C’est grâce à lui que les marques de niche sont dé­sor­mais consi­dé­rées comme le la­bo­ra­toire de la par­fu­me­rie et l’ave­nir du bu

sou­ligne au bar de l’hô­tel Gram­mer­cy Park l’Amé­ri­cain Alexan­der Vree­land, fon­da­teur d’un la­bel de par­fums ins­pi­rés par sa grand-mère, l’excentrique jour­na­liste de mode Dia­na Vree­land. Fré­dé­ric Malle a sur­tout re­don­né la pa­role aux par­fu­meurs, pa­ra­doxa­le­ment de­ve­nus, à la fin des an­nées 1990, les sans-voix du mé­tier. Il a fait de l’art ol­fac­tif son fer de lance. « Ce que vous faites n’est pas nou­veau, mais vous avez re­mis l’église au centre du vil­lage », lui avait dé­cla­ré Jacques Polge, alors par­fu­meur de la mai­son Cha­nel, au dé­but de son aven­ture.

Quand on le voit as­sis dans son fau­teuil Art déco si­gné Jules Le­leu, au mi­lieu de sa bou­tique feu­trée de Ma­di­son Ave­nue, avec sa veste en tweed et sa che­mise à pe­tits car­reaux, on pense à ses

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