L'ÉCOLE FRAN­ÇAISE LA PLUS SE­LECT DU MONDE

Com­ment intégrer

Vanity Fair (France) - - La Une -

Ce de­vait n’être qu’une simple for­ma­li­té. Quand ce di­ri­geant d’un groupe de luxe s’est exi­lé à Londres en 2014, his­toire d’en fi­nir avec « le ré­gime sur­fis­ca­li­sé de C Fran­çois Hol­lande », il ne dou­tait pas que son fis­ton de 12 ans se­rait ac­cueilli à bras ou­verts par le pres­ti­gieux ly­cée fran­çais Charles- de-Gaulle. Il a com­men­cé par ap­pe­ler le ser­vice des ins­crip­tions. « Sor­ry but the ly­cée is plein à cra­quer », s’est-il en­ten­du ré­pondre. Pas dé­cou­ra­gé, il s’est alors com­por­té comme n’im­porte quel homme de sa condi­tion : il a prié ses col­la­bo­ra­teurs de lui trou­ver une place au plus vite. Ceux- ci ont aus­si­tôt fait ap­pel à un in­fluent ca­bi­net de re­la­tions pu­bliques. « En prin­cipe, me ra­conte son pré­sident, avec les écoles pri­vées an­glaises, nous ar­ri­vons tou­jours à grap­piller une place pour les en­fants de nos clients, même quand elles af­fichent

Le code pos­tal in­dique SW7 mais les élèves étu­dient bien dans le XXI e ar­ron­dis­se­ment de Paris.

com­plet. » Il pour­suit, désa­bu­sé : « Mais là, il n’y avait rien à faire. J’ai ap­pe­lé des pa­rents d’élèves, des en­sei­gnants, des do­na­teurs, et c’était tou­jours la même ré­ponse : “Non, non et non. No way !” Il au­rait été plus fa­cile de faire pro­cla­mer un nou­veau pape à Rome. »

Voi­ci donc le ly­cée fran­çais le plus se­lect au monde. Si­tué au coeur du très chic quar­tier de South Ken­sing­ton, à deux pas de l’am­bas­sade de France et du Vic­to­ria & Al­bert Mu­seum, l’éta­blis­se­ment est aus­si cou­ru qu’une co­mé­die mu­si­cale de West End un soir de pre­mière. Et pas seule­ment parce qu’il af­fiche des ré­sul­tats dignes de Louis-le-Grand, avec qua­si­ment 100 % de réus­site au bac, dont un bon tiers de men­tions « très bien ». Ni parce que les ac­trices An­je­li­ca Hus­ton, Jac­que­line Bis­set ou Marie-Ch­ris­tine Bar­rault fi­gurent au rang de ses illustres an­ciens. Son prin­ci­pal at­trait, c’est qu’en at­ten­dant l’ou­ver­ture du fu­tur ly­cée in­ter­na­tio­nal Wins­ton Chur­chill en sep­tembre, il reste le seul éta­blis­se­ment ho­mo­lo­gué par l’Édu­ca­tion na­tio­nale dans une ca­pi­tale co­lo­ni­sée par des co­hortes de ban­quiers, d’en­tre­pre­neurs et de cadres très su­pé­rieurs ve­nus de l’Hexa­gone. Se­lon les es­ti­ma­tions, il y au­rait quelque 300 000 exi­lés fran­çais à Londres, plus d’ha­bi­tants que n’en comptent des villes comme Rennes, Nantes ou Bor­deaux. Dans l’his­toire, la ca­pi­tale an­glaise n’a pas connu un tel af­flux de Fren­chies de­puis la ré­vo­ca­tion de l’Édit de Nantes en 1685. Ré­sul­tat : do­té d’à peine 4 000 places, le groupe sco­laire Charles- de-Gaulle (qui va de la ma­ter­nelle au ly­cée) doit re­fu­ser plus de 600 can­di­da­tures à chaque ren­trée. « Nous avons beau­coup d’ef­fec­tifs, peut- être un peu trop, me confie le pro­vi­seur Oli­vier Rauch, un an­cien pro­fes­seur d’his­toire- géo­gra­phie de 58 ans à la mise tou­jours élé­gante. Dans un bâ­ti­ment des­ti­né à ac­cueillir 400 étu­diants, nous sommes contraints d’en réunir près de 700. »

Pas éton­nant que ce pro­vi­seur soit consi­dé­ré comme l’homme- que- les- ex­pa­triés-veulent- avoir- comme- ami. Son ly­cée est si­tué dans l’un des quar­tiers les plus agréables de Londres, re­bap­ti­sé le « car­ré fran­çais » ou le « pe­tit Paris ». Aux alen­tours, les bis­trots portent des noms aux ac­cents d’an­tan comme Rai­son d’Être ; il y a une li­brai­rie fran­çaise, une épi­ce­rie fine ap­pe­lée La Grande Bou­chée, un ca­fé- crè­me­rie à l’an­cienne, un ar­ti­san pâ­tis­sier (Maître Choux) ori­gi­naire du pays basque et for­mé par Joël Ro­bu­chon. Le ma­tin, dès huit heures, des dames ti­rées à quatre épingles dé­posent leur pro­gé­ni­ture, tan­dis que le chauf­feur at­tend au coin de la rue. À l’heure de la pause dé­jeu­ner, les ado­les­cents s’en vont flâ­ner sur Bute Street – sur­nom­mée iro­ni­que­ment « Frog Al­ley » par les An­glais – où ils fument de ma­nière lan­gou­reuse comme seuls les Fran­çais savent le faire, dans l’es­poir, sans doute, d’être re­pé­rés par une agence de man­ne­quins. Le code pos­tal in­dique SW7 mais ses ré­si­dents vivent bien dans le XXIe ar­ron­dis­se­ment de Paris.

PAS De PLACE CONTRE Une RO­LEX

n mai 2015, le ly­cée cé­lé­brait son cen­te­naire. On y trou­vait tout le gra­tin de la com­mu­nau­té fran­co- lon­do­nienne, com­po­sé en grande par­tie de pa­rents d’élèves, ain­si que Ela prin­cesse Anne, fille unique de la reine Élisabeth II et fran­co­phone ré­pu­tée. Ce soir-là, l’am­bas­sa­drice de France, Sylvie Ber­mann, a évo­qué sa fier­té de cé­lé­brer « l’une des plus em­blé­ma­tiques écoles fran­çaises à l’étran­ger ». « La créa­tion de ce ly­cée a été un acte fort dans la dif­fu­sion de notre culture à tra­vers le monde », a- t- elle ajou­té, sous les re­gards em­plis de fier­té des in­vi­tés.

Si nous autres An­glais avons par­cou­ru le monde en éri­geant des sta­tues de la reine Vic­to­ria et en construi­sant des che­mins de fer, ou des chan­tiers na­vals, nos amis Fren­chies ont sur­tout mul­ti­plié les écoles. Au der­nier dé­compte, il existe

« J’étais un peu gê­née d’ins­crire Sa­sha avant sa nais­sance. Mais il y a une telle pres­sion au­tour de cette école », ra­conte une mère ex­pa­triée.

492 ly­cées fran­çais dans 135 pays, qui ac­cueillent plus de 330 000 élèves. Tous sont gé­rés par l’Agence pour l’en­sei­gne­ment fran­çais à l’étran­ger (AEFE), qui dé­pend de la rue de Gre­nelle. « C’est un peu notre soft power à nous, me confie Oli­vier Rauch sans dé­plai­sir. Bien sûr, ces cin­quante der­nières an­nées, la langue fran­çaise a per­du de son im­por­tance. Mais le meilleur moyen de lui gar­der du pres­tige, c’est de pro­po­ser une édu­ca­tion fran­co­phone par­tout dans le monde. » À Londres, l’État est ain­si pro­prié­taire des bâ­ti­ments du ly­cée Charles- deGaulle. Via l’AEFE, il fi­nance aus­si 35 % du bud­get an­nuel (40,8 mil­lions d’eu­ros) ; le reste pro­vient des frais de sco­la­ri­té qui s’éche­lonnent de 7 000 eu­ros en ma­ter­nelle à 14 400 eu­ros en ter­mi­nale.

« Nos condi­tions d’ins­crip­tions sont très strictes et d’une par­faite trans­pa­rence » , se flatte Oli­vier Rauch. Sont ad­mis en prio­ri­té les en­fants du corps di­plo­ma­tique fran­çais et ceux du per­son­nel du ly­cée. Viennent en­suite les frères et soeurs des re­je­tons dé­jà ins­crits dans l’éta­blis­se­ment. « Ceux qui ar­rivent d’un ly­cée fran­çais à l’étran­ger ont aus­si de bonnes chances » , in­dique le pro­vi­seur. En re­vanche, il re­con­naît n’avoir par­fois au­cune place pour ceux qui dé­barquent de France. Sa boîte aux lettres a beau crou­ler sous les in­vi­ta­tions des Fran­çais pleins- aux- as de Ken­sing­ton ou de Chelsea, il ne dé­livre au­cun lais­sez- pas­ser. Même si on l’ar­rose de ma­gnums de Roe­de­rer ? « Même pas, sou­rit- il. Chaque an­née, je re­çois peut- être une tren­taine de de­mandes de gens haut pla­cés. Je ré­ponds tou­jours que je ne fais que suivre le rè­gle­ment. On n’est pas ad­mis ici avec un gros chèque. » Lors­qu’il di­ri­geait au­tre­fois le ly­cée fran­çais de Ra­bat, au Ma­roc, une femme avait ten­té de lui of­frir une Ro­lex pour « fa­ci­li­ter » l’ins­crip­tion de sa pro­gé­ni­ture à l’école. « J’ai im­mé­dia­te­ment si­gna­lé ce cas à l’am­bas­sade de France » , se sou­vient- il, avant d’ajou­ter : « Et j’agirais de la même ma­nière à Londres si ce type de com­por­te­ment de­vait se re­pro­duire. » Je lui de­mande ce­pen­dant com­ment Ma­don­na s’est dé­brouillée pour faire ins­crire sa fille Lourdes en 1999. « Ça, c’était avant mon ar­ri­vée, je ne suis là que de­puis 2012 » , me ré­pond- il, di­plo­mate. Même si­lence em­bar­ras­sé quand j’évoque l’ins­crip­tion de Louis Sar­ko­zy en 2007 qui avait sus­ci­té un cer­tain émoi au­près des mé­dias bri­tan­niques.

En réa­li­té, le bon moyen d’ob­te­nir une place, c’est de s’y prendre à l’avance, en ins­cri­vant son en­fant dans l’une des trois écoles pri­maires rat­ta­chées au ly­cée. Celles- ci sont si­tuées dans les beaux quar­tiers de la ca­pi­tale. Éric Al­bert, jour­na­liste pour Le Monde et pour Le Temps de Ge­nève a vé­cu douze ans dans East Lon­don, fau­bourg po­pu­laire ja­dis foyer des Hu­gue­nots. Il a ré­cem­ment dé­mé­na­gé pour ins­crire son fils de 9 ans, Tien, dans une école de Cla­pham, zone ré­si­den­tielle et ver­doyante au sud- ouest de la ca­pi­tale bri­tan­nique. « J’avais vrai­ment peur que Tien n’ap­prenne pas le fran­çais, avoue Éric Al­bert. La com­mu­nau­té fran­co­phone de Londres vient des quatre coins de la ca­pi­tale pour se réunir au ly­cée Charles- de-Gaulle. » D’autres pa­rents prennent par­fois les de­vants de ma­nière étonnante. « J’ai ins­crit ma fille Sa­sha à l’école pri­maire fran­çaise de Londres quand j’étais en­ceinte de cinq mois », me confie Maïa Mor­gensz­tern, ré­dac­trice en chef de la French Ra­dio Lon­don, une an­tenne fran­co­phone qui touche en­vi­ron 100 000 au­di­teurs chaque se­maine. Avec son ma­ri Laurent Hen­rio, ban­quier à la So­cié­té gé­né­rale, elle vit en plein South Ken­sing­ton, à quelques

minutes du ly­cée : « De ma fe­nêtre, j’aper­çois les en­fants qui vont à l’école. » Sa­sha, deux ans et de­mi, les re­join­dra au mois de sep­tembre. « J’étais un peu gê­née de la mettre dans le sys­tème avant même qu’elle ne soit née. Mais la pres­sion est im­mense. Je pen­sais qu’il y au­rait de la place pour tout le monde. “Ab­so­lu­ment pas !” m’ont dit d’autres pa­rents. »

Quand la de­mande est trop forte, l’éta­blis­se­ment doit par­fois pro­cé­der à un ti­rage au sort d’un genre par­ti­cu­lier. Vir­gi­nie Royer, la pré­si­dente de l’as­so­cia­tion de pa­rents d’élèves, m’en a ex­pli­qué le prin­cipe : avant les ins­crip­tions, elle tire au ha­sard un bul­le­tin sur le­quel est ins­crit un jour de l’an­née. Si l’en­fant est né aux alen­tours de cette date, ses pa­rents ont une chance de voir leur can­di­da­ture re­te­nue. Si­non, ils peuvent tou­jours es­sayer de fal­si­fier l’acte de nais­sance. La date du 19 fé­vrier est sor­tie des urnes lors du der­nier ti­rage. « Je re­çois en­core des ap­pels de pa­rents qui pensent que je peux tru­quer la date pour leur faire plai­sir, me confie Vir­gi­nie Royer en sou­riant. Mais je n’ai pas ce pou­voir et ils s’en rendent vite compte ! »

UN trOIs- pIÈCes pOUr 13 000 eU­rOs

la longue, on fi­nit par se de­man­der ce que ce ly­cée a de si spé­cial. Ses pe­louses ne sont pas aus­si soi­gnées que celles des col­lèges Eton et Win­ches­ter, deux Àdes fleu­rons de l’en­sei­gne­ment bri­tan­nique. Les équi­pe­ments spor­tifs res­tent ru­di­men­taires, comme ce gym­nase tout droit sor­ti des an­nées 1950. La dé­co­ra­tion est mi­ni­ma­liste : murs ternes et pein­tures écaillées. Les hommes d’af­faires qui s’entre- tuent pour y ins­crire leur des­cen­dance pour­raient s’of­frir les meilleures écoles bri­tan­niques, avec uni­forme obli­ga­toire, des di­zaines d’op­tions LV1, bac­ca­lau­réat in­ter­na­tio­nal et piste d’at­ter­ris­sage pour hé­li­co­ptère. Mais ils veulent le Charles- de-Gaulle pour une rai­son simple : c’est un club pri­vé qui parle leur lan­gage. « Nous com­pre­nons le pro­gramme sco­laire et ça nous ras­sure », pré­cise l’un des pa­rents. Par ailleurs, ils sont convain­cus que le sys­tème aca­dé­mique fran­çais est plus ri­gou­reux que ce­lui des Bri­tan­niques et des Amé­ri­cains : plus d’heures de cours, plus de de­voirs, moins d’in­ter­ro­ga­tions sous forme de QCM. La ma­jo­ri­té de l’en­sei­gne­ment est dis­pen­sée en fran­çais, mais les élèves qui dé­si­rent suivre un par­cours an­glo­phone peuvent intégrer la sec­tion dite « bri­tish » à par­tir de 14 ans. La dis­ci­pline est sé­vère. Les élèves s’en­tassent po­li­ment dans des classes pleines à cra­quer et écoutent sans mouf­ter. Ceux qui ont le mau­vais goût d’ar­ri­ver après 8 h 30 ne peuvent en­trer en classe et ratent le pre­mier cours.

Ces désa­gré­ments n’ont ce­pen­dant pas l’air de dé­ran­ger Maxence et Gau­thier, 17 ans tous les deux, hor­mis peut- être l’in­di­gence des lo­caux spor­tifs. « On est un peu ja­loux des ter­rains de sport an­glais », me disent-ils. Les deux ca­ma­rades viennent de créer le jour­nal de l’école, Le Ly­céen. Je leur de­mande s’ils ne trouvent pas le ly­cée un peu trop bon­dé et moyen­ne­ment fun. Ils me ré­pondent d’un haus­se­ment d’épaules, comme si là n’étaient pas les ques­tions. Puis ils me font vi­si­ter l’école, de la cour bap­ti­sée « l’En­tente cor­diale » au bâ­ti­ment Mo­lière, en pas­sant par les salles d’exa­mens. Avec im­pa­tience, ils évoquent dé­jà les bu­si­ness schools et les uni­ver­si­tés amé­ri­caines qu’ils sou­haitent re­joindre après le ly­cée. Ils le savent : les élèves de Charles- de-Gaulle n’ont au­cun mal à intégrer l’école de leur choix après le bac.

Pour re­mettre un sem­blant d’éga­li­té chez les ex­pa­triés fran­çais à Londres, l’AEFE a dé­ci­dé d’ou­vrir un se­cond éta­blis­se­ment dès la ren­trée : le ly­cée in­ter­na­tio­nal Wins­ton-Chur­chill, 1 100 places dis­po­nibles, 2 hec­tares de ter­rains de sport, des la­bo­ra­toires scien­ti­fiques der­nier cri, des stu­dios de mu­sique et une salle de théâtre. L’été der­nier, un cock­tail de pré­sen­ta­tion a réuni les prin­ci­pales for­tunes fran­çaises du Royaume-Uni à Thur­loe Square, au coeur de Ken­sing­ton, là où le moindre trois-pièces coûte 13 000 eu­ros par mois à la lo­ca­tion et la pre­mière mai­son à vendre se né­go­cie à par­tir de 10 mil­lions. La nour­ri­ture était ex­quise, les com­po­si­tions flo­rales su­perbes et les ser­veurs, de toute évi­dence, top mo­dels à leurs heures per­dues. Les hommes étaient tout en mo­cas­sins Berluti et cos­tumes d’été Brio­ni ; les femmes, per­chées sur des Lou­bou­tin, por­taient avec élé­gance et dé­sin­vol­ture des sacs à main Ba­len­cia­ga. Un su­jet en par­ti­cu­lier oc­cu­pait la conver­sa­tion : l’em­pla­ce­ment du ly­cée Wins­ton Chur­chill. À Wem­bley, loin, très loin de Ken­sing­ton. « Mais qui peut bien vou­loir en­voyer son en­fant là-bas ? » s’ex­cla­ma une femme, par­lant au nom de la com­mu­nau­té. « Per­sonne », ré­pon­dit une autre. Avant de lâ­cher : « Wem­bley, c’est où ce trou ? » �

OLD SCHOOL

Fa­çade du ly­cée

fran­çais Charles

de- Gaulle à Londres

qui a cé­lé­bré

son cen­te­naire

en mai 2015.

LE CAR­RÉ FRAN­ÇAIS

Pâ­tis­se­ries et livres

fran­çais sont ven­dus

dans le quar­tier du

« pe­tit Paris » à Londres.

Il y au­rait près de

300 000 Fren­chies

ex­pa­triés dans la

ca­pi­tale an­glaise.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.