QUAND LES ÉCRI­VAINS PAIENT LEUR TOUR­NÉE

Faire des­cendre l’au­teur de son pié­des­tal : voi­ci le pa­ri des fes­ti­vals lit­té­raires qui se mul­ti­plient par­tout en France de­puis une ving­taine d’an­nées. ÉLISABETH PHI­LIPPE a ar­pen­té leurs al­lées pour voir si l’ave­nir de l’édi­tion se joue sur leur scène.

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

La so­li­tude, l’écri­vain ne l’éprouve pas seule­ment face à la feuille blanche. Il peut aus­si la res­sen­tir for­te­ment au mi­lieu d’une foule. Dans un sa­lon du livre par exemple. Quand, les fesses ri­vées à une chaise dans un han­gar sur­chauf­fé, il vient de pas­ser quatre heures de­vant sa pile de ro­mans sans en avoir dé­di­ca­cé un seul alors qu’à cô­té de lui Da­vid Foen­ki­nos signe à tour de bras. Ou quand un vi­si­teur lui de­mande de se pous­ser pour pou­voir faire un sel­fie avec les frères Bog­da­nov. Cette triste condi­tion de l’homme de lettres mo­derne, cer­tains au­teurs l’ont cou­chée sur le pa­pier. Dans un geste ca­thar­tique. En 2009, Jean- Pierre Gat­té­gno pu­bliait J’ai tué Ané­mie Lo­thomb (Cal­mann-Lé­vy), l’his­toire d’un écri­vain ex­cé­dé de voir des files d’at­tente dé­me­su­rées de­vant la table d’une ro­man­cière à suc­cès et qui dé­cide de se ven­ger. Toute res­sem­blance entre Ané­mie Lo­thomb et une cé­lèbre écri­vaine à cha­peaux n’a évi­dem­ment rien de for­tuit. Plus ré­cem­ment, Fran­çois Bé­gau­deau a dé­peint les mi­sères – sans les splen­deurs – du plu­mi­tif en pro­mo dans La Po­li­tesse ( Ver­ti­cales). Que les sa­lons et autres fes­ti­vals soient une source d’inspiration pour les ro­man­ciers n’a rien d’éton­nant. Ces évé­ne­ments oc­cupent

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