L’in­car­na­tion du mâLe

Vanity Fair (France) - - Fan Fare - Anne- Laure Su­Gier

À quoi re­con­naît- on un ac­teur hol­ly­woo­dien ? À sa ca­pa­ci­té à im­pri­mer la pel­li­cule de son sang.

John­ny Depp est de cette trempe. Sau­vage dans ses jeunes an­nées, per­du dans les che­mins im­pro­bables des pro­duc­tions Dis­ney, bouf­fi par les ex­cès, le mau­vais goût, il sem­blait condam­né à la chro­nique gos­sip

des jour­naux. Sui­vant l’exemple de Bran­do, son idole, c’est en chef de gang ma­fieux qu’il re­vient, met­tant en scène sa propre dé­chéance, alour­di, la chair blanche et flasque, ma­quillé jus­qu’à l’ex­cès. Et s’il manque à ce monstre le re­gard d’un grand réa­li­sa­teur, ce­lui du spec­ta­teur ne peut être qu’ému de le re­trou­ver si puis­sant. —

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