De­puis Jeune et jo­lie de Fran­çois Ozon, Ma­rine Vacth est une va­leur sûre du ci­né­ma et l’in­car­na­tion par­faite d’une sé­duc­tion contem­po­raine. Vir­gi­nie MOu­zat dé­crypte l’énigme de cette néo-Belle de jour, hé­roïne du der­nier film de Jean-Paul rap­pe­neau.

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Rap­pe­neau sor­ti cet au­tomne. Mais qui peut dire ce qu’a fait Ma­rine, où elle a été vue, pa­pa­raz­zée ou sur­prise sur un ta­pis rouge de­puis le Jeune et jo­lie de Fran­çois Ozon, il y a bien­tôt trois ans ? Avec ce long-mé­trage, elle est de­ve­nue l’ob­jet éro­tique pré­fé­ré des Fran­çais, une sorte de néo-Belle de jour, par­faite des­cen­dante de sa ma­trice, Ca­the­rine De­neuve, dans le film de Luis Buñuel de 1967. Sa pres­ta­tion lui a va­lu d’être nom­mée pour le prix Ro­my-Sch­nei­der ain­si que pour les récompenses du meilleur es­poir fé­mi­nin aux prix Lu­mières et aux Cé­sar. Ma­rine est en fait de­ve­nue dans l’Hexa­gone le plus pur fan­tasme des hommes, au­tre­ment dit le meilleur es­poir mas­cu­lin. Entre- temps, elle a mû­ri, em­bel­li, si c’était en­core pos­sible. Égé­rie du joaillier Chau­met, on l’a à peine re­con­nue sur la très belle cam­pagne où elle ap­pa­rais­sait dé­dou­blée, d’après le mythe de Nar­cisse. Des comptes Ins­ta­gram existent à son nom, mais au­cun ne dé­passe les cen­taines de fol­lo­wers. Au mois d’oc­tobre, elle est ar­ri­vée au der­nier mo­ment au dé­fi­lé Louis Vuit­ton, se fau­fi­lant in ex­tre­mis et presque dans l’ano­ny­mat à sa place, alors que toutes ses consoeurs étaient là pour être pho­to­gra­phiées. Il y a quelque chose chez Ma­rine qui re­fuse la lu­mière et pour­tant la capte na­tu­rel­le­ment. C’est sans doute ce­la, être ac­trice : un don qui vous dé­passe. En­com­brée par sa propre beau­té, Ma­rine ? Peut- être. Ce­ci dit, sa fa­çon de prendre le pou­voir par l’ab­sence com­mence à de­ve­nir en­tê­tante. �

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