L’AL­LURE DE…

Nao­mi Camp­bell, Ch­ris­ty Tur­ling­ton et la sta­tue de Dia­na Vree­land, 1990.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case Style - CH­RIS­TO­PHER NIQUET

C’est dans l’ap­par­te­ment aux murs peints jungle red d’ , sur la 16e rue à New York, que le phé­noAn­na Sui mène des top mo­dels a connu sa ge­nèse. Chaque se­maine, la créa­trice – en­core sty­liste pour des ma­ga­zines à l’époque –, y ac­cueillait ses in­times : , le pho­to

Ste­ven Mei­sel graphe su­per­star des pu­bli­ca­tions Con­dé Nast, son an­cien ca­ma­rade de classe et meilleur ami ; la sty­liste fran­çaise

Car­lyne qui, à l’époque, in­fu­sait de sa joie de vivre Cerf de Dud­zeele les col­lec­tions de Gian­ni Ver­sace et de Karl La­ger­feld chez Cha­nel ; le ma­quilleur et le coif­feur .

Ke­vyn Au­coin Gar­ren Une fine équipe qui avait le mo­no­pole des cou­ver­tures des édi­tions amé­ri­caine et ita­lienne de Vogue et mo­de­lait sur pa­pier gla­cé l’image de la vamp des an­nées 1990. Si, sur ce cli­ché, , dans la cé­lèbre robe Pop

Nao­mi Camp­bell Art de Gian­ni Ver­sace, et en­tourent la sculp

Ch­ris­ty Tur­ling­ton ture de l’ar­tiste trans­genre , c’est

Dia­na Vree­land Greer Lank­ton que le groupe d’amis est fas­ci­né par les images des an­nées 1960 de Vogue, ma­ga­zine alors di­ri­gé par la gé­niale ex­cen­trique. Ils dé­cident de prendre en main Nao­mi Camp­bell, Ch­ris­ty Tur­ling­ton et – « la tri­ni­té » comme les bap­ti­se­ra bien

Lin­da Evan­ge­lis­ta tôt la presse – et de les fa­çon­ner à l’image des Ve­ru­sch­ka, Jean Sh­rimp­ton et Ma­ri­sa Be­ren­son, les man­ne­quins stars des six­ties.

Quelques mois au­pa­ra­vant, le trio a connu quinze mi­nutes de gloire wa­rho­lienne grâce à qui les a réu

George Mi­chael nies dans le clip de Free­dom ! ’ 90 réa­li­sé par . La

Da­vid Fin­cher vi­déo, qui tour­nait alors en boucle, fait dé­sor­mais par­tie de la culture pop. Voi­là com­ment la pe­tite bande de pyg­ma­lions a fa­bri­qué ces su­per­mo­dèles – des créa­tures om­ni­pré­sentes dans les mé­dias, qui por­taient dans la vie les mêmes te­nues que sur les po­diums et s’af­fi­chaient au bras des cé­lé­bri­tés dans les ma­ga­zines people. Le pu­blic est fas­ci­né par leurs faits et gestes, sur­tout lorsque Lin­da Evan­ge­lis­ta dé­clare qu’elle « ne se lève pas le ma­tin pour moins de 10 000 dol­lars par jour ». L’in­fluence de ces man­ne­quins stars se fait tou­jours sen­tir. Nao­mi Camp­bell n’a ja­mais vrai­ment quit­té les po­diums et squatte les écrans de té­lé­vi­sion amé­ri­cains dans deux sé­ries ve­dettes de la Fox, et . Ch­ris­ty Tur­ling­ton,

Ame­ri­can Hor­ror Sto­ry Em­pire elle, est tou­jours l’égé­rie de Cal­vin Klein après plus de vingt ans. Quant à la sculp­ture de Dia­na Vree­land, An­na Sui en a fait don au Me­tro­po­li­tan Mu­seum de New York où, vê­tue de son tailleur Cour­règes noir, elle sur­veille tou­jours l’équipe du Cos­tume Ins­ti­tute dont elle fut la consul­tante. —

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