Pho­to­call

Iris Ap­fel bat des mains dans le Pho­to­ma­ton de Karl La­ger­feld.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case - Syl­vie yeu Joy Pin­to

En mars, la star de la Fa­shion Week pa­ri­sienne était une it-girl new-yor­kaise de 94 ans. – cheI­ris Ap­fel veux neige, lu­nettes over­size, lèvres rouges et tonnes de co­li­fi­chets – an­non­çait son ex­po­si­tion au Bon Mar­ché sur les dos de kiosques de la ca­pi­tale. On l’a vue au pre­mier rang des dé­fi­lés, dans Le Sup­plé­ment de Ca­nal +, dans un spot pu­bli­ci­taire pour Ci­troën... Cet agen­da sur­char­gé ne l’a pas em­pê­chée d’ar­ri­ver à la li­brai­rie 7L quinze mi­nutes à l’avance. Lais­sant les pho­to­graphes à la porte, elle est en­trée à pe­tits pas, sil­houette me­nue dans un sub­til ca­maïeu de gris : veste en agneau de Mon­go­lie, pan­ta­lon large en fla­nelle of­fert par (pré­si­dente et

Jen­na lyons di­rec­trice ar­tis­tique de J. Crew), bras char­gés de bra­ce­lets et, sur la poi­trine, un énorme plas­tron de col­liers en perles de cris­tal de roche. « Je l’ai tel­le­ment por­té que cer­taines perles sont cas­sées mais, comme di­sait Ro­din, je crois : “En­core plus beau que la beau­té, ce sont ses ruines.” » Elle ajoute en riant : « C’est une pen­sée très ré­con­for­tante de­vant la glace. » Iris Ap­fel est un phé­no­mène. Ar­chi­tecte d’in­té­rieur (elle a dé­co­ré neuf fois la Mai­son Blanche pour neuf pré­si­dents), sty­liste, col­lec­tion­neuse de mode com­pul­sive, femme d’af­faires, elle est de­ve­nue une icône de­puis l’ex­po­si­tion que lui a consa­crée le Cos­tume Ins­ti­tute du MoMA à New York en 2005. Quand on lui de­mande si elle aime tou­jours au­tant la mode, elle s’ex­clame : « En­core plus qu’avant ! Je suis tel­le­ment heu­reuse d’être en vie. » En feuille­tant l’ou­vrage consa­cré à la joaillière Su­zanne Bel­per­ron, elle pose un re­gard ad­mi­ra­tif sur une man­chette. Puis, comme si une mouche l’avait pi­quée : « Ça fait dix ans que je ne suis pas ve­nue à Pa­ris... vous n’au­riez pas une ou deux adresses de mode et de bi­joux vin­tage à m’in­di­quer ? » À 94 ans, on ne se re­fait pas. — Com­mu­né­ment

as­so­ciés aux soins de luxe : les in­gré­dients exo­tiques, les ma­tières à sen­sa­tion et les par­fums ten­ta­teurs. L’in­verse de La So­lu­tion 10 de Cha­nel : dix in­gré­dients, une tex­ture lai­teuse et sur­tout pas d’odeur. Un par­ti pris fort pour la mai­son de la rue Cam­bon, la pre­mière par­mi les marques ex­clu­sives à se lan­cer sur le cré­neau por­teur des peaux sen­sibles. Pour conve­nir à celles qui ne sup­portent rien, il faut épu­rer les for­mules. Adieu par­fum et conser­va­teurs, al­cool et si­li­cones, huiles mi­né­rales et co­lo­rants... Comme SVR avec Sen­si­fine ou Avène avec To­lé­rance Ex­trême, Cha­nel adopte les règles strictes de la phar­ma­cie. Que reste-t-il ? De l’acide hya­lu­ro­nique pour hy­dra­ter, du beurre de ka­ri­té pour nour­rir, du thé blanc pour cal­mer. Et sur­tout, le sa­voir-faire des la­bo­ra­toires pour ima­gi­ner des re­cettes sen­so­rielles avec juste l’es­sen­tiel. —

pour Va­ni­ty Fair. de pa­tri­cia cor­bett, Ward et ni­co lan­dri­gan ( thames & hud­son).

la so­lu­tion 10 De ChA­nel.

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