Jacques ca­val­lier Bel­le­trud

Vanity Fair (France) - - Luxe -

cot­ta Les Fon­taines par­fu­mées est pro­té­gée des ar­deurs de l’été par des vo­lets gris olive. En­tiè­re­ment re­mise sur pied, cette bâ­tisse ar­bo­rant fiè­re­ment un « 1640 » gra­vé au fron­ton de sa porte est à la fois un lieu d’ac­cueil et de créa­tion : Jacques Ca­val­lier Bel­le­trud y a son bu­reau, ain­si que Fran­çois De­ma­chy, par­fu­meur- créa­teur chez Ch­ris­tian Dior. On y trouve une salle à man­ger aux ca­na­pés pro­fonds et des pièces ré­fri­gé­rées où sont sto­ckés les ex­traits et les formules, une vé­ran­da Art nou­veau et un la­bo high-tech, le tout sur plus de 1 000 m2. Et tout au­tour, un jar­din.

« Ce se­ra un jar­din ex­tra­or­di­naire », pro­met Jean Mus, l’ar­chi­tecte pay­sa­giste qui a oeu­vré à la créa­tion de cet es­pace où l’es­prit Vuit­ton fu­sionne avec l’his­toire de Grasse. Che­ve­lure im­ma­cu­lée, voix de sten­tor, ce na­tif du coin, dont le père pi­lo­ta les jar­dins en étages de l’ex­tra­va­gante vil­la Crois­set, est la star des jar­dins mé­di­ter­ra­néens, oeu­vrant aus­si bien pour le Grand-Hô­tel du Cap-Ferrat que pour une clien­tèle hup­pée (et de bon goût) entre Mo­na­co et la Ca­li­for­nie. Plus au nord, à Pa­ris, c’est à lui que le Ritz a confié son jar­din in­té­rieur. « Ici, à Grasse, il s’agis­sait de ra­con­ter une his­toire, ra­conte le pay­sa­giste. Ce n’est pas sim­ple­ment un jar­din, c’est un jar­din de par­fu­meur, un jar­din de senteurs qui fait aus­si bien ap­pel à la vue qu’à l’odo­rat. Il est aris­to­cra­tique et bien né : à la fois vi­sible et im­pal­pable, et se ré­in­vente au fil des sai­sons. » As­sis à cô­té de lui, le maître par­fu­meur sou­rit. Entre Ca­val­lier Bel­le­trud et Mus, la com­pli­ci­té coule vi­si­ble­ment de source. Comme si le jar­din ap­par­te­nait à ces deux en­fants du pays, ori­gi­naires de la même ville et ha­bi­tant au­jourd’hui le même village de Ca­bris. Un jar­din à quatre mains, en somme, ima­gi­né par deux hommes qui ra­content, en fleurs, ar­bustes, arbres et herbes aro­ma­tiques ce Sud qui est le leur, sans af­fects et avec la re­te­nue dis­crète de ces Mé­di­ter­ra­néens pour qui un re­gard vaut sou­vent mieux que tous les mots.

Sur cette par­celle d’un pe­tit hec­tare, à la

(maître par­fu­meur de Louis Vuit­ton)

3

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.