Bill Cosby

Vanity Fair (France) - - Enquête -

d’abord au­près des au­to­ri­tés ju­di­ciaires puis des avo­cats d’An­drea Cons­tand. Le 10 fé­vrier 2005, après qu’un des avo­cats de Bill Cosby a af­fir­mé que son client n’avait au­cun sou­ve­nir du nom de Ta­ma­ra Green et que ce qu’elle ra­con­tait n’avait « en au­cun cas eu lieu », celle qui est de­puis de­ve­nue avo­cate ex­plique à Matt Lauer, pré­sen­ta­teur du « To­day Show » sur la chaîne NBC : « D’abord, vous vous sen­tez idiote. Puis vous vous dites que per­sonne ne vous croi­ra. Parce qu’il s’agit du grand Bill Cosby ! Mais le pire de tout, c’est de se sen­tir stu­pide. Il y a de la honte là- de­dans. »

« Je suis l’un des té­moins X, l’une de ces treize cou­ra­geuses qui sont ve­nues sou­te­nir An­drea Cons­tand », dé­clare Beth Fer­rier, té­moin X5. L’ex-man­ne­quin dit avoir eu une liai­son avec Bill Cosby qui, un jour dans les an­nées 1980, lui a ser­vi un cap­puc­ci­no en cou­lisses d’un spec­tacle. L’ins­tant d’après, elle s’est ré­veillée dans sa voi­ture sur le par­king, sou­tien-gorge dé­gra­fé et vê­te­ments frois­sés. Lors­qu’elle en­tend par­ler de l’af­faire Cons­tand, elle contacte le ta­bloïd Na­tio­nal En­qui­rer, qui lui offre 7 000 dol­lars pour son té­moi­gnage et la sou­met au dé­tec­teur de men­songes. Avec suc­cès, dit- elle.

Bill Cosby ré­pond en pas­sant, de son cô­té, un ac­cord avec le Na­tio­nal En­qui­rer : il est dis­po­sé à don­ner une in­ter­view ex­clu­sive à condi­tion que le jour­nal ne pu­blie pas l’his­toire de Beth Fer­rier. Le 21 fé­vrier 2005, il ren­contre le ré­dac­teur en chef du ma­ga­zine dans une suite d’hô­tel à Hous­ton. La mère d’An­drea Cons­tand a beau avoir in­sis­té sur le fait qu’elle et sa fille ne vou­laient que des ex­cuses, ni ar­gent ni aide d’au­cune sorte, l’un des re­pré­sen­tants de Bill Cosby parle de « clas­sique ten­ta­tive de chan­tage ». L’ar­ticle pu­blié en­suite men­tionne un « rap­port écrit in­di­quant que la mère de la jeune femme a ap­pe­lé Cosby avant que sa fille n’aille à la po­lice et que le co­mé­dien a eu l’im­pres­sion qu’elle cher­chait à se faire payer son si­lence ». « Je ne cé­de­rai pas aux gens qui tentent de pro­fi­ter de ma no­to­rié­té », dé­clare Bill Cosby au Na­tio­nal En­qui­rer. Quant à Ta­ma­ra Green, dit-il, « c’est une boule de dé­mo­li­tion », dont le pas­sé est dis­cu­table. « Je ne dis pas avoir fait quoi que ce soit de mal mais je pré­sente mes ex­cuses à ma femme, qui est avec moi de­puis toutes ces an­nées, pour la peine que je lui ai cau­sée. »

L’ar­ticle « Bill Cosby sort de son si­lence : “Ma ver­sion !” » est pu­blié le 4 mars 2005. Quatre jours plus tard, An­drea Cons­tand at­taque au ci­vil pour coups et bles­sures, souf­france émo­tion­nelle, mais aus­si dif­fa­ma­tion et non-res­pect de la vie pri­vée sur la base de l’ar­ticle du Na­tio­nal En­qui­rer. Ses avo­cats af­firment que les pro­pos de Bill Cosby ont été te­nus « sans se sou­cier un ins­tant de leur vé­ra­ci­té ou du contraire ». hawn Brown en­tre­te­nait une liai­son avec Bill Cosby lors­qu’elle avait 22 ans. « Très plai­sante pour lui, pas tant que ça pour moi, dit- elle. Mais je l’ai­mais tel­le­ment. » Peut- être n’était- elle pas as­sez « bar­rée » pour lui, ce qui, se­lon elle, pour­rait ex­pli­quer qu’il l’ait dro­guée. Elle ra­conte avoir ac­cep­té une in­vi­ta­tion à la mai­son qu’il louait à Be­ver­ly Hills en 1973, pen­dant le tour­nage de l’émis­sion « Up­town Sa­tur­day Night » avec Sid­ney Poi­tier. Dans le sa­lon, il sert à la jeune fille – qui boit ra­re­ment – un cocktail tout en strates de cou­leurs. « Bois, bois, prends- en un peu plus », lui au­rait conseillé Bill Cosby. Elle boit et s’as­soit dans un fau­teuil- oeuf sus­pen­du au pla­fond par une chaîne, dans le­quel elle se rap­pelle avoir éprou­vé une sen­sa­tion de flot­te­ment, de tour­nis et... et plus rien jus­qu’au mo­ment où elle s’est ré­veillée le ma­tin, nue et seule dans un grand lit. Tout son corps lui fai­sait mal. « J’ai com­pris que j’avais eu des rap­ports sexuels. Et pas que des rap­ports va­gi­naux. J’ai com­pris qu’il y avait eu so­do­mie, ce qui ne m’était ja­mais ar­ri­vé au­pa­ra­vant. » Elle com­prend qu’elle a été dro­guée. Si le sexe avait été consen­ti et pas­sion­né, avec « les fluides », pense- t- elle, elle n’au­rait pas si mal, elle ne se sen­ti­rait pas si ra­va­gée. Peu de temps après, elle dé­couvre qu’elle

« Je pense qu’elle a été très contente de pas­ser un mo­ment dans

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