Cer­tains late shows

En mé­lan­geant in­for­ma­tion et di­ver­tis­se­ment, ces émis­sions pla­cées sous le signe du co­ol et de l’hu­mour règnent sur le pe­tit écran amé­ri­cain et font rê­ver les chaînes fran­çaises. Qui s’y es­saient avec des for­tunes di­verses. Com­pa­rai­sons.

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

« HANOUNIGHT SHOW » ( Ca­nal +) / « TONIGHT SHOW » ( NBC)

« Je vais es­sayer de me rap­pro­cher plus d’un Jim­my Fal­lon 1 que de Pa­trick Sé­bas­tien », dé­cla­rait Cy­ril Ha­nou­na 2 au prin­temps 2016. Son meilleur gag de l’an­née, sans doute. En marge de l’en­va­his­sant « Touche pas à mon poste » et du non moins pé­nible ma­ra­thon té­lé­vi­suel in­fli­gé aux spec­ta­teurs de C8 (« Les 35 heures de Ba­ba »), le cu­mu­lard mé­ga­lo a lan­cé dé­but no­vembre un nou­veau ren­dez-vous cal­quant le concept du late show le plus po­pu­laire des États-Unis. Di­van en cuir pour l’in­vi­té et bu­reau face au pu­blic pour l’hôte, pa­no­ra­ma sur les toits de Pa­ris en lieu et place de la cé­lèbre vue sur la sky­line new-yor­kaise, or­chestre et mugs : l’émis­sion re­pro­duit à la lettre tous les codes de celle de NBC, même le lo­go est qua­si iden­tique. Mais ce se­rait faire in­jure à Jim­my Fal­lon, roi du di­ver­tis­se­ment pé­tillant et bon en­fant, que de pous­ser plus loin la com­pa­rai­son. Car quand le « Tonight Show » pro­pose une ses­sion de slam avec Ba­rack Oba­ma ou une pa­ro­die de la sé­rie Ho­me­land avec l’ac­trice Anne Ha­tha­way, le « Hanounight Show » dé­roule les titres d’un vrai- faux JT truf­fé de blagues na­vrantes. Si cer­taines font seule­ment « plouf » (« Mé­téo : quand les en­fants jouent à “un, deux, trois, so­leil”, les en­fants en Bre­tagne jouent juste à “un, deux, trois” »), d’autres font vrai­ment tache (« Vie sexuelle : un homme avec des seins, chez nous, on ap­pelle ça un trans­sexuel ; chez les dro­ma­daires, on ap­pelle ça un cha­meau »). Pour son qua­trième nu­mé­ro, l’émis­sion in­vi­tait... Pa­trick Sé­bas­tien. À peine en­ta­mée, la boucle est dé­jà bou­clée.

« L’ÉMIS­SION D’AN­TOINE » ( Ca­nal +) / « LAST WEEK TONIGHT » ( HBO)

Hu­mour ra­va­geur, cos­tumes ajus­tés et un gros faible pour le non­sense. Si An­toine de Caunes 3 se contente, de­puis son dé­part du « Grand Jour­nal », d’exer­cer son sens de la transgression dans un cadre gen­ti­ment potache, le cin­glant John Oli­ver 4 en fait un usage beau­coup moins po­li. Émaillés de « fuck ! » – sa marque de fa­brique –, ses édi­tos at­tirent l’at­ten­tion sur des su­jets d’ac­tua­li­té qui fâchent (comme la neu­tra­li­té du Net) et qu’il est le seul à trai­ter.

« VEN­DRE­DI, TOUT EST PER­MIS » ( TF1) / « THE LATE LATE SHOW » ( CBS)

Il n’en dort plus tel­le­ment il en rêve. Ar­thur 5 ai­me­rait de­ve­nir le pen­dant hexa­go­nal de James Cor­den 6, brit- pape du di­ver­tis­se­ment co­ol et po­pu­laire, am­bian­ceur du « Car­pool Ka­raoke » qui chante en voi­ture avec Jen­ni­fer Lo­pez ou Mi­chelle Oba­ma. En lan­çant en 2010 « Ce soir avec Ar­thur », l’ani­ma­teur fran­çais a ten­té une trans­plan­ta­tion du « Late Late Show », vite re­je­tée par le pu­blic et TF1. Avec « Ven­dre­di, tout est per­mis », il es­saie d’amu­ser la ga­le­rie en jouant la carte du stand-up. Mouais.

EN FRANCE, LA TRANSGRESSION EST PLUS POTACHE.

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