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Vanity Fair (France) - - Éditorial -

n a failli la voir à la té­lé, il y a quelques an­nées, dans un do­cu­men­tai re de Ca­nal +. Mais non, dé fi ni ti­ve­ment, celle qui ex­pose la vie pri­vée du Tout­Pa­ris, la « Ma­ta Ha­ri des pa­pa­raz­zis », la « com­mis­saire du people » – entre autres pe­tits noms qui lui collent à la ré­pu­ta­tion – n’aime pas se mon­trer. Mi­chèle « Mi­mi » Mar­chand avait as­si­gné la chaîne en ré­fé­ré, au nom du droit à l’image, pour que l’on sup­prime tout ce qui la concer­nait. Par­ler, peut­être ? C’est chose faite, conquête de haute lutte de So­phie des Dé­serts qui est al­lée pas­ser quelques jours dans son bu­reau. « Au moins, peut­être, vous com­pren­drez, a­t­elle lâ­ché. Tant de conne­ries ont été écrites sur moi. » Quitte, par­fois à le regretter : « Merde. Pour­quoi j’ai ac­cep­té de vous voir ? Ça me rend ma­lade quand on parle de moi. » Bien­tôt, vous aus­si vous sau­rez tout de cette grande ti­reuse de fi­celles, à l’ori­gine de nombre de scoops au­to­ri­sés (Bri­gitte Macron en maillot de bain sur la plage à Biar­ritz) ou non (Fran­çois Hol­lande en scoo­ter li­vrant des crois­sants rue du Cirque). Les Macron, jus­te­ment. Fi­gu­rez­vous que Mi­mi est au mieux avec le can­di­dat à l’Ély­sée et que l’on su­surre qu’elle pour­rait de­ve­nir son arme secrète dans une cam­pagne élec­to­rale hou­leuse. Comme le di­sait Laurent Fa­bius à pro­pos de Sé­go­lène Royal en 2006 : « Il ne faut pas confondre “voi­ci mon pro­gramme” et “mon pro­gramme est dans Voi­ci”. »

Une autre qui aime la Ma­rine (ou pas), c’est Ma­rion Ma­ré­chal, nièce de la pré­si­dente du Front na­tio­nal mais sur­tout pe­tite­fille de Jean­Ma­rie Le Pen. C’est elle, nous ex­plique Ma­rion Van Ren­ter­ghem, qui porte le plus fi­dè­le­ment les cou­leurs du grand­père, la pré­fé­rée, la re­lève et dé­jà, la ri­vale.

Ça se passe comme ça dans les fa­milles, où par­fois les chiens en­gendrent des chats. Voyez Hun­ter S. Thomp­son, pape du gon­zo jour­na­lisme, grand ama­teur d’armes à feu, de whis­ky et de co­caïne dès le ré­veil (à 15 heures), im­mor­ta­li­sé par John­ny Depp dans le film de Ter­ry Gilliam, Las Ve­gas Pa­ra­no. Son fils, Juan, est un per­son­nage on ne peut plus ran­gé, un peu geek sur les bords. Et, croyez­le ou non, c’est son hal­lu­ci­né de gé­ni­teur qui lui a ap­pris à de­ve­nir un homme et un père. Il a ra­con­té à Clé­men­tine Gold­szal com­ment il est pos­sible de gran­dir à l’ombre d’un tel monstre de la lit­té­ra­ture.

Kate Moss, elle aus­si, s’est as­sa­gie : la pe­tite An­glaise qui avait sur­clas­sé de la tête et des épaules les man­ne­quins sculp­tu­raux de la fin du XXe siècle a ré­cem­ment quit­té l’agence Storm, qui l’avait lan­cée, pour fon­der sa propre struc­ture, KMA. Vraie start­up ou struc­ture fan­tôme ? Sylvie Bom­mel a en­quê­té contre l’avis des agents qui pro­tègent la brit top.

Phi­lip Roth avait­il pré­dit la ré­sis­tible as­cen­sion de Do­nald Trump ? Beau­coup de lec­teurs du ro­man­cier ont no­té que dans Le Com­plot contre l’Amé­rique, en 2004, il dé­cri­vait une « réa­li­té al­ter­na­tive », comme on dit au pays des fake news : avant la Se­conde Guerre mon­diale, Roo­se­velt échoue à se faire ré­élire et un pré­sident très fa­vo­rable aux na­zis ac­cède à la Mai­son Blanche. Ju­dith Thur­man a de­man­dé à l’au­teur de Port­noy et son com­plexe si ces res­sem­blances étaient tout à fait for­tuites.

Ceux­là et tant d’autres – An­ge­li­na Jo­lie, Mi­loš For­man, Kim Ba­sin­ger, Ca­the­rine De­neuve, Line Re­naud, Frie­drich Nietzsche, un cam­brio­leur de haut vol, des peintres d’Eu­rope cen­trale, des jar­di­niers et des chanteurs cas­qués – sont dans ce nu­mé­ro, in­con­tes­ta­ble­ment le meilleur que vous au­rez ja­mais lu. En at­ten­dant le sui­vant, ça va de soi. �

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