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Vanity Fair (France) - - Editorial -

ar­la, Car­la Bru­ni, Car­la Bru­ni- Sar­ko­zy. On at­tend les trois, ce ma­tin de juillet, dans les stu­dios du XIVe ar­ron­dis­se­ment. Les pho­to­graphes Driu & Tia­go ont tes­té chaque ap­pa­reil. Dix fois. Mi­di ar­rive, juste avant elle. Le buf­fet vé­gan est dres­sé – une évi­dence quand on suit la mode. Mais quand on fait ce qu’on veut de­puis tou­jours, on dé­balle un bur­ger de son sac Bur­ger King. Ain­si fit Car­la. Punk is not dead. On reste sur la même ligne en par­lant ci­ga­rette – OMG ! Elle s’ap­prête à ar­rê­ter en sui­vant des séances ad hoc. « Et toi, Mi­chel, tu ne fumes pas ? – Non, j’ai ar­rê­té il y a quinze ans. – Ah oui ? Avec quelle mé­thode ? – La peur ! Au re­tour de Cu­ba, où j’avais fu­mé dix ha­vanes par jour, j’avais le feu dans la gorge. Ra­di­cal.

– De toute fa­çon, on ne peut plus fu­mer nulle part... Là, je vais des­cendre fu­mer une clope ap­puyée sur un mur, comme les putes », dit- elle en riant élé­gam­ment. Quoi qu’elle fasse ou qu’elle dise, c’est élé­gant. C’est comme ça. Sa vie, ses vies sont ex­tra­or­di­naires. Son nou­vel al­bum en an­glais est dé­jà prêt ; son agent Vé­ro­nique Ram­paz­zo me le fait écou­ter sur son Ipad. No­tam­ment Miss You, re­prise du titre des Rol­ling Stones sa­luée par Mick Jag­ger. Oui, oui, c’est nor­mal. Pour elle, l’ex­cep­tion­nel est la règle. Pour­quoi ? Comment ? Ma­rion Van Ren­ter­ghem, qui a pris goût à l’his­toire des icônes de­puis qu’elle a quit­té Le Monde pour Va­ni­ty Fair, s’est col­lée au su­jet. Car­la Bru­ni, ça change d’An­ge­la Mer­kel !

Le­ver le voile sur une telle per­son­na­li­té est dif­fi­cile. Elle donne ce qu’elle veut. Mais, mais, mais... qui la connaît le mieux ? Peut- être sa mère, Ma­ri­sa Bo­ri­ni, reine du cap Nègre. Brillante, drôle et caus­tique comme sa fille, elle ra­conte tou­jours des anec­dotes dé­li­cieuses, comme cette fois où Ni­co­las Sar­ko­zy, alors pré­sident, est ve­nu chez elle pour la pre­mière fois avec Car­la. Le ma­jor­dome était tel­le­ment per­tur­bé (il en a pour­tant vu d’autres) qu’il a ren­ver­sé le plat de pâtes sur les ge­noux du chef d’État.

À pro­pos de pré­sident, Em­ma­nuel Ma­cron n’a pas bat­tu que Ma­rine Le Pen ou Fran­çois Fillon (et quelques autres) : il y a aus­si eu une com­pé­ti­tion avant la course. Dans la chambre d’ap­pel. C’est là qu’Em­ma­nuel Ma­cron a « sor­ti » Mat­thieu Pi­gasse. Ils ne fonc­tionnent pas du tout pa­reil, mais ont des res­sem­blances. Énarques (ba­nal) et dé­but de car­rière dans la banque tous les deux, mais quand l’un est un BCBG du Tou­quet, l’autre est un punk re­ven­di­qué.

Le par­cours de Mat­thieu Pi­gasse, que So­phie des Dé­serts a re­cons­ti­tué mieux que ne l’au­rait fait Scot­land Yard, est hors du com­mun, ro­ma­nesque, im­pré­vi­sible.

Em­ma­nuel Ma­cron n’aime pas l’homme d’af­faires. Il lui a fer­mé les portes de l’Ély­sée dès 2012, quand il était se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de Fran­çois Hol­lande. Comment et pour­quoi Mat­thieu Pi­gasse en est-il ar­ri­vé là ? Il a des billes un peu par­tout (Le Monde, Les In­rocks, No­va...) mais la course à la der­nière pré­si­den­tielle lui a été en­le­vée. Par un sem­blable, ou presque. A- t-il dit son der­nier mot ? Non. Il l’as­sure : il y au­ra un se­cond round. On adore ça. Vous al­lez dé­cou­vrir ici un per­son­nage qui aime la lu­mière tout en se construi­sant dans l’ombre.

La ren­trée s’an­nonce bru­tale pour John­ny Depp, vic­time de son train de vie et/ou de mau­vais conseils. Il a ga­gné au­tour de 670 mil­lions de dol­lars au cours de sa car­rière. Il a tout cla­qué et même un peu plus. Rien de trop beau, rien de trop bon, punk jus­qu’au bout des ongles. Alors, a-t-il été ton­du par des es­crocs de Hol­ly­wood ou ne doit-il sa ruine qu’à lui-même ? La ré­ponse est là.

Et après avoir lu ce nu­mé­ro, dites-moi, se­lon vous, com­bien il y a de Car­la. À mon avis, trois, c’est le mi­ni­mum. En­joy. �

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