ON DI­RAIT LE SUD

Cin­quante ans après l’as­sas­si­nat de Mar­tin Lu­ther King Jr, la mé­moire du mou­ve­ment des droits ci­viques se joue dans une Amé­rique di­vi­sée. CLÉ­MEN­TINE GOLD­SZAL ra­conte le dé­ve­lop­pe­ment d’un tou­risme mi­li­tant.

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

Il a nei­gé sur Jack­son, Mis­sis­sip­pi. Au ma­tin du 8 dé­cembre 2017, à la veille d’un évé­ne­ment que les Noirs de l’État (et du pays) at­tendent de­puis des an­nées, la ville au cli­mat ha­bi­tuel­le­ment tem­pé­ré s’est ré­veillée cou­verte d’un scin­tillant man­teau blanc. Le len­de­main, le Mis­sis­sip­pi cé­lèbre son bi­cen­te­naire en inau­gu­rant dans sa ca­pi­tale deux mu­sées ju­meaux : le Mu­seum of Mis­sis­sip­pi His­to­ry (abî­mé par l’ou­ra­gan Ka­tri­na en 2005, il a été dé­pla­cé et en­tiè­re­ment ré­no­vé) et le Mis­sis­sip­pi Ci­vil Rights Mu­seum. Ce­la fait des mois que Pa­me­la Ju­nior, la di­rec­trice du se­cond, s’y pré­pare. La qua­ran­taine, te­nue co­lo­rée et voix puis­sante, elle porte aux poi­gnets une ran­gée de bra­ce­lets en mé­tal qui s’en­tre­choquent. Ce bruit, dit- elle, est la mé­moire des « fers et des chaînes » qui en­tra­vaient ses an­cêtres es­claves. De­puis quelques jours, Pa­me­la et son équipe sont à cran : alors que la ville s’ap­prête à ac­cueillir des mil­liers de vi­si­teurs, ve­nus dé­cou­vrir l’es­pace de 7 000 m2 dé­dié à la mé­moire des hé­ros du mou­ve­ment des droits ci­viques, le pré­sident Do­nald Trump a fait sa­voir qu’il se­rait lui aus­si de la par­tie. Dans un contexte politique ten­du, l’an­nonce a été vé­cue par nombre d’Afri­cains-Amé­ri­cains comme une pro­vo­ca­tion. La Na­tio­nal As­so­cia­tion for the Ad­van­ce­ment of Co­lo­red People (NAACP), or­ga­ni­sa­trice, dans les an­nées 1950 et 1960, d’évé­ne­ments cru­ciaux de la lutte pour les droits ci­viques (le boy­cott des bus à Mont­go­me­ry, en Ala­ba­ma, en 1955, l’or­ga­ni­sa­tion de la marche sur Wa­shing­ton, en 1963...) a dé­cla­ré qu’elle ne par­ti­ci­pe­rait pas à l’inau­gu­ra­tion. Dans son sillage, plu­sieurs vé­té­rans du mou­ve­ment ont éga­le­ment an­non­cé qu’ils bou­de­raient la cé­ré­mo­nie. Un dé­bat na­tio­nal a écla­té, sou­li­gnant les ten­sions ac­crues de­puis qu’un pré­sident très im­po­pu­laire chez les Afri­cains-Amé­ri­cains (moins de 10 % des élec­teurs noirs au­raient vo­té Trump à l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2016) a suc­cé­dé à Ba­rack Oba­ma.

Le jour des fes­ti­vi­tés, dans la foule, quelques mi­li­tants ré­pu­bli­cains ar­bo­rant fiè­re­ment cas­quettes et T- shirts flo­qués « Make Ame­ri­ca Great Again » se font re­mar­quer, mais la ma­jo­ri­té des in­vi­tés (dont cer­tains ont ré­ser­vé leur billet des mois à l’avance) est ve­nue pour ex­pri­mer sa fier­té de voir l’État du Mis­sis­sip­pi s’em­pa­rer plei­ne­ment de son pas­sé dou­lou­reux. Dans la foule, He­ze­kiah Wat­kins, 70 ans, ar­bore fiè­re­ment son badge « Ci­vil Rights Ve­te­ran ». I l a g ran­di à Jack­son et sa photo fi­gure au mur du mu­sée, dans la salle dé­diée aux « Free­dom Ri­ders ».

« Ce mu­sée, c’est le nôtre. Au­jourd’hui, la ve­dette, ce n’est pas Trump, c’est nous ! » HE­ZE­KIAH WAT­KINS, VÉ­TÉ­RAN DES DROITS CI­VIQUES

Dans les an­nées 1960, ces mi­li­tants tra­ver­saient le pays en bus, bra­vant les lois ra­ciales qui im­po­saient en­core, dans le Sud, la sé­gré­ga­tion dans les trans­ports en com­mun. « J’ai été en­voyé en pri­son pour la pre­mière fois à 13 ans, ra­conte Wat­kins. J’avais en­ten­du par­ler des Free­dom Ri­ders et, quand j’ai su qu’ils ve­naient à Jack­son, j’ai dé­ci­dé d’al­ler voir ce qui se pas­sait. Je suis res­té deux jours dans le cou­loir de la mort. » Ra­flé par er­reur avec le reste des ma­ni­fes­tants, il est li­bé­ré qua­rante-huit heures plus tard, mais la mèche est al­lu­mée et il re­joint ra­pi­de­ment le mou­ve­ment. Ar­rê­té plus de cent fois par la po­lice au fil des ans, il pro­fite au­jourd’hui de la re­traite pour sillon­ner le pays et ra­con­ter son com­bat dans les écoles et les uni­ver­si­tés. « Ce mu­sée, c’est le nôtre, clame- t-il lors­qu’on évoque Do­nald Trump. Au­jourd’hui, la ve­dette, ça n’est pas lui, c’est nous ! »

San­dra West, une re­trai­tée blanche à l’ac­cent du Sud pro­non­cé, est ve­nue avec sa fille et des amies. « L’élec­tion pré­si­den­tielle a don­né de l’éner­gie aux pro­gres­sistes, s’ex­clame- t- elle. J’ai gran­di dans le Sud pen­dant la sé­gré­ga­tion et, comme beau­coup de gens de ma gé­né­ra­tion, j’étais tra­gi­que­ment igno­rante. Ça a été très im­por­tant, dans ma vie d’adulte, d’en ap­prendre plus. Dans les an­nées 1980, j’ai mi­li­té pour le fi­nan­ce­ment des écoles pu­bliques, ga­rantes de l’éga­li­té des chances pour les en­fants blancs et noirs de Jack­son. » Non loin de là, Ver­non Le­wis, un jeune homme noir ve­nu vi­si­ter les lieux en fa­mille, ob­serve, un peu dé­pi­té, un mi­li­tant ré­pu­bli­cain prendre la pose pour les pho­to­graphes, quand l’épouse de ce­lui- ci en­gage la conver­sa­tion avec lui. Le­wis sou­rit : « C’est im­por­tant pour moi d’être là au­jourd’hui, de mon­trer que nous pou­vons co­ha­bi­ter. Cette dame sou­tient Trump ; moi pas. Mais on peut se par­ler. Pas be­soin de se fâ­cher. »

DANS UN DÉ­COR DE FILM

Cha­leu­reuse, bi­gar­rée, cette foule est un pré­ci­pi­té du Sud amé­ri­cain en ces temps trou­blés. Théâtre par le pas­sé des pires atro­ci­tés et de cer­taines grandes vic­toires hu­ma­nistes, le Mis­sis­sip­pi est au­jourd’hui l’État le plus pauvre du pays. Plus de 20 % de ses ha­bi­tants (38 % de Noirs et 60 % de Blancs) vivent sous le seuil de pau­vre­té. « L’Ala­ba­ma m’a mise dans tous mes états/ Le Ten­nes­see m’a fait perdre mon sang-froid/ Et tout le monde sait ce qui s’est pas­sé dans le Mis­sis­sip­pi, nom de Dieu », chan­tait Ni­na Si­mone en 1964 (Mis­sis­sip­pi God­dam). Si les évé­ne­ments de Char­lot­tes­ville, en Ala­ba­ma, ont éclai­ré le Sud d’une sombre lu­mière en août 2017, l’hé­ri­tage lo­cal de la lutte vic­to­rieuse contre le sys­tème sé­gré­ga­tion­niste at­tire de­puis quelques an­nées de plus en plus de vi­si­teurs en­ga­gés.

Plan­té dans une rue ba­nale d’un quar­tier sans charme à un quart d’heure au nord du mu­sée flam­bant neuf, le pan­neau noir se re­père de loin. Il in­dique « mai­son de Med­gar Evers ». En des­sous, un court texte bio­gra­phique ex­plique où nous nous trou­vons : sur le per­ron de l’un des membres les plus cé­lèbres du mou­ve­ment des droits ci­viques. Ami de James Bald­win et de Mar­tin Lu­ther King Jr, chan­té par Bob Dy­lan dans On­ly a Pawn in Their Game (1964), Med­gar Evers a été as­sas­si­né dans cette al­lée, le 12 juin 1963, de­vant sa femme et ses en­fants. Sa mai­son est au­jourd’hui un mu­sée ; le pan­neau, inau­gu­ré en 2014, porte le nu­mé­ro 15, sur les vingt- quatre mar­queurs si­mi­laires qui consti­tuent la Mis­sis­sip­pi Free­dom Trail (le che­min de la li­ber­té ; une di­zaine de nou­velles im­plan­ta­tions sont pré­vues dans les mois à venir).

Créé en 2011, ce par­cours, dé­crit sur le site web de l’État comme « une at­trac­tion tou­ris­tique et un ou­til édu­ca­tif », met en va­leur la lutte pour les droits ci­viques à tra­vers des lieux sym­bo­liques. L’in­té­rieur de cette mai­son basse aux murs tur­quoise, ty­pique de la classe moyenne des an­nées 1950, est dé­co­ré de pho­tos de la fa­mille Evers et agré­men­té d’élé­ments de dé­cor ré­cu­pé­rés sur le tour­nage des Fan­tômes du pas­sé (Ghosts of Mis­sis­sip­pi en VO). Ce film de Rob Rei­ner re­ve­nait, en 1996, sur le pro­cès de l’as­sas­sin d’Evers. Dans la cui­sine, Ka­tie Adams et son ma­ri Gus, la qua­ran­taine, étu­dient avec gra­vi­té les em­preintes de balles qui ba­lafrent en­core les murs. Le couple a fait le voyage de­puis la Ca­ro­line du Nord pour être par­mi les pre­miers à vi­si­ter le tout nou­veau mu­sée de Jack­son. « Nous sommes des tou­ristes des droits ci­viques », an­nonce fiè­re­ment Ka­tie. Éle­vée dans une fa­mille chré­tienne fer­vente, Ka­tie s’aper­çoit, à l’uni­ver­si­té, qu’elle n’en sait pas as­sez sur l’his­toire ré­cente de son pays et de sa ré­gion. « Je suis née juste après la dé­sé­gré­ga­tion, ra­conte-t- elle, mais même si j’avais ap­pris à l’école qui étaient Ro­sa Parks ou George Wa­shing­ton Car­ver, j’avais énor­mé­ment de la­cunes. Je me suis donc édu­quée et, dès que nous avons quelques jours de congé et un peu d’ar­gent de cô­té, mon ma­ri et moi al­lons vi­si­ter des lieux his­to­riques. » Ces der­nières an­nées, ils sont al­lés à At­lan­ta (en Géor­gie), à Rich­mond (en Vir­gi­nie), à Mem­phis (dans le Ten­nes­see) et aus­si à Sel­ma (en Ala­ba­ma) où Mar­tin Lu­ther King Jr a or­ga­ni­sé l’une de ses marches les plus cé­lèbres. Avec cinq cents à mille dol­lars de bud­get par tra­jet, Ka­tie et Gus sont fiers de « dé­pen­ser [leur] ar­gent in­tel­li­gem­ment » et de « voya­ger en ac­cord avec [leurs] idéaux ». « Quand nous ar­ri­vons quelque part, pour­suit- elle, nous ta­pons dans Google le nom de la ville et “droits ci­viques”, et nous sa­vons où al­ler. »

Les Adams n’ont pas eu l’oc­ca­sion de vi­si­ter Mound Bayou, à 205 ki­lo­mètres au nord de Jack­son. Avec son en­chaî­ne­ment de pe­tites bâ­tisses à l’aban­don et ses rues mal en­tre­te­nues, ce pa­te­lin est tris­te­ment ty­pique de la pau­vre­té qui ronge la ré­gion du del­ta cé­lé­brée par les blues­mans – B.B. King, How­lin’ Wolf, Char­ley Pat­ton ou Mis­sis­sip­pi John Hurt. Au­tre­fois tra­ver­sée par la fa­meuse High­way 61, la ville de près de mille cinq cents âmes est en dé­clin de­puis que deux voies sup­plé­men­taires ont été ajou­tées à l’au­to­route, la dé­pla­çant de quelques cen­taines de mètres. « Les voya­geurs ral­lient Mem­phis à La Nou­velle-Or­léans à toute vi­tesse et ne s’ar­rêtent plus ici », re­grette Amos Moses Pates, an­cien édu­ca­teur dans une pri­son, au­jourd’hui re­trai­té. « La mé­moire des droits ci­viques, c’est im­por­tant idéo­lo­gi­que­ment et c’est aus­si un bon moyen pour at­ti­rer les gens. Ça leur donne une rai­son de pas­ser quelques heures ici. » Sur­nom­mée « le bi­jou du del­ta » par le pré­sident Theo­dore Roo­se­velt Jr., Mound Bayou, fon­dée en 1887 par treize es­claves af­fran­chis, fut la pre­mière ville en­tiè­re­ment noire du Sud sé­gré­ga­tion­niste. En 2012, le maire et quelques no­tables ont cé­lé­bré l’im­plan­ta­tion d’un mar­queur de la « Free­dom Trail » voué au fon­da­teur, dans les an­nées 1950, du Re­gio­nal Coun­cil of Ne­gro Lea­der­ship. Aban­don­né dans un pe­tit ter­rain vague en bor­dure d’au­to­route, le pan­neau re­garde tris­te­ment les voi­tures pas­ser.

« La pis­cine du Lor­raine Mo­tel était l’un des seuls en­droits de Mem­phis où Blancs et Noirs pou­vaient se cô­toyer sans être har­ce­lés. » KIRK WHA­LUM, SAXO­PHO­NISTE

À deux heures de route de là, dans le Ten­nes­see voi­sin, la ville de Mem­phis l’a bien com­pris : il faut plus que les mar­queurs de la « Free­dom Trail » pour at­ti­rer les tou­ristes et en­tre­te­nir une his­toire dont les té­moins di­rects vieillis­sants re­doutent qu’elle ne sorte des mé­moires quand ils ne se­ront plus là pour la ra­con­ter. C’est à Mem­phis, où est né El­vis Pres­ley, où a vé­cu John­ny Cash et où ont fleu­ri les fa­meux Sun Stu­dios et le cé­lèbre la­bel Stax (Otis Red­ding, Isaac Hayes, Sam Cooke...), que Mar­tin Lu­ther King Jr a été as­sas­si­né, le 4 avril 1968, sur le bal­con de sa chambre du Lor­raine Mo­tel. Kirk Wha­lum, im­mense saxo­pho­niste qui a tra­vaillé avec Quin­cy Jones, et joué avec Whit­ney Hous­ton et Dee Dee Brid­ge­wa­ter, est né à Mem­phis en 1958 et se sou­vient bien du lieu : « Quand j’étais ga­min, mon père m’em­me­nait na­ger dans la pis­cine du Lor­raine Mo­tel. C ’était l ’un des seuls en­droits de la ville où Blancs et Noirs pou­vaient se cô­toyer sans être har­ce­lés. Otis Red­ding y a écrit des chansons, et les di­ri­geants du mou­ve­ment des droits ci­viques s’y re­trou­vaient. C’était le trait d’union entre la politique et la mu­sique. Ici, à Mem­phis, les mu­si­ciens tra­vaillaient en­semble, quelle que soit leur cou­leur de peau, et ce­la a ser­vi de mo­dèle pour ce qui est en­suite ar­ri­vé à grande échelle. »

Après la mort de Mar­tin Lu­ther King Jr, le mo­tel de­vient un lieu de pè­le­ri­nage mais nul ne veut plus y sé­jour­ner. En­tiè­re­ment ré­no­vé, le bâ­ti­ment abrite de­puis 1991 le Na­tio­nal Ci­vil Rights Mu­seum. Chaque 15 jan­vier, le jour de son an­ni­ver­saire, fé­rié de­puis 1983 à la suite d’une cam­pagne na­tio­nale (por­tée no­tam­ment par Ste­vie Won­der et sa chan­son Hap­py Bir­th­day), 6 000 à 8 000 per­sonnes s’y re­trouvent pour lui rendre hom­mage. En tra­ver­sant la ville en voi­ture, cer­taines d’entre elles se sont sans doute à un mo­ment en­ga­gées sur « Dr. M. L. King Jr. Ave­nue ». À tra­vers les États-Unis, plus de neuf cents villes pos­sèdent leur ave­nue Mar­tin Lu­ther King Jr. 70 % sont si­tuées dans le Sud. Si Mem­phis n’a inau­gu­ré la sienne qu’en 2012, la mé­moire du ré­vé­rend et de son ac­tion est par­tout, no­tam­ment dans les églises, où nombre de grands lea­ders du mou­ve­ment des droits ci­viques don­nèrent des ser­mons mé­mo­rables. Dans les rues dé­sertes de cette ville qui se bat contre une pau­vre­té ch­ro­nique, l’his­toire du blues et de la soul cô­toie un double hé­ri­tage his­to­rique : con­fé­dé­ra­tion et dé­sé­gré­ga­tion.

Dans la nuit du 20 dé­cembre 2017, la sta­tue équestre de Na­than Bed­ford For­rest, un lieu­te­nant confé­dé­ré mar­chand d’es­claves et membre fon­da­teur du Ku Klux Klan, qui trô­nait de­puis 1904 dans un parc, a été re­ti­rée de son socle. Une se­conde sta­tue, à l’ef­fi­gie du pré­sident des États confé­dé­rés Jef­fer­son Da­vis, a connu le même sort. Celle- ci avait été inau­gu­rée en 1964, alors que le mou­ve­ment pour les droits ci­viques bat­tait son plein. La ma­jo­ri­té de ces mo­nu­ments ont été éri­gés dans la se­conde moi­tié du XXe siècle, en ré­ac­tion aux ma­ni­fes­ta­tions qui agi­taient le pays. La ma­ni­fes­ta­tion de su­pré­ma­cistes blancs qui a en­traî­né la mort d’un mi­li­tant an­ti­ra­ciste à Char­lot­tes­ville, pen­dant l’été 2017, a tra­gi­que­ment rap­pe­lé la charge idéo­lo­gique dont ces sta­tues sont au­jourd’hui in­ves­ties. En ob­te­nant des au­to­ri­tés leur gom­mage, c’est le spectre de l’op­pres­sion que les hé­ri­tiers des droits ci­viques dé­bou­lonnent. �

(1) Do­nald Trump au mu­sée des droits ci­viques ( 2) à Jack­son, Mis­sis­sip­pi, en dé­cembre 2017. ( 3) Le Lor­raine Mo­tel où Mar­tin Lu­ther King Jr a été as­sas­si­né en 1968. (4) Af­fiche du do­cu­men­taire Watts­tax, de Mel Stuart, 1973, sur le concert com­mé­mo­rant...

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