À l’image de Tir­zah, une nou­velle gé­né­ra­tion de chan­teuses RnB se dé­tourne des pro­duc­tions « sexy » pour re­for­mu­ler les rap­ports de force amou­reux.

Vanity Fair (France) - - Fan Fare -

lles citent TLC et D’An­ge­lo, mais les gardent à dis­tance, don­nant une nou­velle fraî­cheur aux voix RnB en les pas­sant au bac à gla­çon sur des titres qui fondent len­te­ment. Dans leurs textes, même éna­mou­rées, elles ne sup­plient plus l’être ai­mé à coups de « ba­by » las­cifs comme leurs aî­nées, mais leur ré­pètent qu’elles peuvent aus­si vivre sans lui. Ain­si de , dis­crète chan­teuse

Tir­zah an­glaise qui nous happe cet été avec son pre­mier al­bum De­vo­tion. Après des dé­buts dans les clubs un­der­ground lon­do­niens, elle a com­plè­te­ment di­la­té ses com­po­si­tions pour s’adres­ser à nous comme au tra­vers d’un oreiller. « Je me parle à moi-même, mais plu­tôt que de le faire dans ma tête, je le chante tout haut », ré­sume cette jeune mère d’une voix à peine au­dible.

Si elle est toute dé­vouée à l’amour, elle le fait avec une dis­tance qui s’ex­prime au­tant par ses textes que par sa voix la­co­nique. La Bri­tan­nique s’ins­crit à re­brousse-poil des beats syn­co­pés et des dé­bits de rap tor­ren­tueux qui ont fait le sceau de la scène grime, ce genre de rap né dans l’Est lon­do­nien qui l’a un temps ber­cée. Dé­cou­verte sur le la­bel de dance Gre­co-Ro­man où elle a sor­ti ses pre­miers titres, Tir­zah, tire son ori­gi­na­li­té d’ex­pé­ri­men­ta­tions fo­men­tées au cours des ans à Londres, dans un stu­dio de la poé­tesse, ro­man­cière et rap­peuse ,

Kate Tem­pest mais aus­si di­verses caves et chambres qu’elle avait in­ves­ties avec son amie et col­la­bo­ra­trice de longue date, .

Mi­ca Le­vi Cette der­nière, com­po­si­trice de 31 ans ex­tir­pée de sa for­ma­tion clas­sique, s’amuse à re­vi­ta­li­ser tous les genres en di­let­tante quand elle ne signe pas des bandes ori­gi­nales su­per­be­ment gla­çantes pour le ci­né­ma, d’Un­der The Skin (de Jo­na­than Gla­zer, 2013) avec Scar­lett Jo­hans­son en alien mu­tique, à Ja­ckie (de Pa­blo Lar­rain, 2017), bio­pic op­pres­sant de la veuve Ken­ne­dy avec Na­ta­lie Port­man.

Avec Tir­zah, Mi­ca Le­vi avait dé­jà sor­ti en duo le single I’m Not Dan­cing, en 2013, mais son po­ten­tiel dan­sant a été lais­sé à l’aban­don sur les com­po­si­tions gar­dées pour De­vo­tion. Cette fois, Mi­ca Le­vi a creu­sé une ga­le­rie ex­pé­ri­men­tale (des voix cou­sues, des orgues désuets, des samples échap­pés des clubs) dans la­quelle Tir­zah 1 s’est en­gouf­frée avec son ly­risme ul­tra­con­tem­po­rain : « Être en stu­dio avec Mi­ca Le­vi est tou­jours un mo­ment très lé­ger pour moi. Tout de­vient fa­cile », confie la jeune chan­teuse, loin du re­frain ha­bi­tuel sur la pré­ten­due pé­ni­bi­li­té ex­trême des ses­sions en stu­dio. Preuve écla­tante de cette joie d’en­re­gis­trer, le titre Glad­ly fait par­tie de ces chan­sons qui vous em­plissent d’es­poir.

Il faut lui ar­ra­cher les mots au té­lé­phone, mais sur des rythmes per­çants, ses pa­roles im­priment sans rou­gir des chan­sons d’amour di­rectes. « Je ne suis pas une chan­teuse tech­nique, alors je parle presque au­tant que je chante », feint- elle

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.