Le fantasque Ca­na­dien Chil­ly Gon­zales, créa­teur de son propre conser­va­toire, édicte les prin­cipes qui pré­sident à sa mo­deste des­ti­née : pia­niste et pop star.

Vanity Fair (France) - - Fanfare -

« Je veux m’adres­ser au public le plus large pos­sible en fai­sant de la mu­sique pure. Il existe sans doute une ac­cep­tion plus phi­lo­so­phique de la pop, mais pour moi, elle se dé­fi­nit avant tout par la lon­gueur et la struc­ture. Pour faire ac­cé­der des gens qui n’en ont pas l’ha­bi­tude à une mu­sique ins­tru­men­tale, je dois me mettre en scène avec tout le cô­té su­per­fi­ciel que ce­la sup­pose. Je dois ra­con­ter des his­toires, créer un contexte, m’ex­po­ser. Quand on est pia­niste et qu’on ne chante pas, l’ac­cès aux mé­dias est com­pli­qué. J’ai beau­coup ex­pé­ri­men­té pour m’ou­vrir les portes de la té­lé­vi­sion, quitte à m’éloi­gner de ma di­gni­té mu­si­cale. » « Chaque titre de l’al­bum est dé­dié à une per­son­na­li­té qui a re­mis en cause les règles, qui s’est jouée des in­ter­dits ou des ta­bous. Des gens aus­si di­vers que

Tho­mas Ban, ou , la pre­mière to­re­ra à che­val. Je suis fas­gal­ter John McEn­roe Con­chi­ta Cin­trón ci­né par les gens qui ont ques­tion­né l’ordre éta­bli. Je vou­lais leur rendre hom­mage. Et le Gon­zer­va­to­ry, mon conser­va­toire éphé­mère, est un moyen de rendre une par­tie de ce qu’on m’a don­né. J’ai été trop gour­mand avec l’éner­gie que je re­ce­vais. J’en ai eu as­sez. Dé­sor­mais, je peux en four­nir. J’ai ac­com­pli mes rêves, main­te­nant je sou­haite chan­ger la vie des autres. Ça peut pa­raître pré­ten­tieux, mais j’en suis là. » « Le pia­no est plus ré­si­lient que la gui­tare. Ça se voit dans le rap comme dans l’élec­tro – no­tam­ment dans des mi­ni-scènes en Al­le­magne qui com­binent le mi­ni­ma­lisme élec­tro avec le pia­no. en est l’exemple

Nils Frahm évident. Quand je vois des gui­tares au­jourd’hui, ça me pa­raît par­fois ana­chro­nique. Dans n’im­porte quel studio de jeune, on trouve un cla­vier, mais les gui­tares, c’est de­ve­nu rare. Quand, sur scène, je vois un mu­si­cien pas­ser deux mi­nutes à ac­cor­der sa gui­tare, vé­ri­fier ses pé­dales, se pen­cher pour qu’on voie son cul et le haut de ses sous-vê­te­ments, je me dis qu’il faut qu’il dis­pa­raisse, quelle honte ! C’est presque in­sul­tant. »

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