Sur le port de Saint-Tro­pez le ni­veau de la cam­pagne dé­çoit et in­quiète

Du cô­té de la ci­té du bailli, on n’a pas la cam­pagne élec­to­rale fes­tive. Les af­faires plombent l’am­biance, et ils sont nom­breux à trou­ver qu’on parle plus de cos­tumes que de pro­gramme élec­to­ral

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - La Une - P. PLEU. ppleu@ni­ce­ma­tin.fr

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ésa­bu­sés! Sur la place des Lices à Saint-Tro­pez, coeur bat­tant du vil­lage des stars lorsque vient l’hi­ver, la cam­pagne en vue de l’élec­tion pré­si­den­tielle en laisse du­bi­ta­tif plus d’un. Au Cle­men­ceau , l’un des éta­blis­se­ments pi­liers du vil­lage, qui ne ferme ja­mais ses portes, les dé­bats que l’on en­tend en ter­rasse, à l’heure du ca­fé ma­ti­nal et de la lec­ture des nou­velles dans Var-ma­tin, ne laissent au­cun doute sur la per­tur­ba­tion qu’en­gendrent les af­faires di­verses et va­riées qui touchent les can­di­dats à la ma­gis­tra­ture su­prême. À tel point que cer­tains ne savent pas pour qui ils vont vo­ter. D’autres s’in­surgent face à ce qu’ils qua­li­fient d’achar­ne­ment mé­dia­tique.

Àla ter­rasse du Cle­men­ceau, les mots sont par­fois durs à l’heure du ca­fé-crois­sant. Fi­dèle au poste pour ac­cueillir les clients, le pa­tron, Thier­ry Dou­nier, peste der­rière son comp­toir dès qu’on lui de­mande ce qu’il pense de la cam­pagne : « On a tout es­sayé en France, sauf ce qui marche. C’est dom­mage qu’on laisse plus les ma­nettes aux po­li­tiques qu’aux gens de la so­cié­té ci­vile qui, eux, sont dans la réa­li­té des choses. Main­te­nant, on fait de l’en­fu­mage et on parle da­van­tage des “af­faires” que des pro­grammes. On en est ar­ri­vé à dé­cou­ra­ger des gé­né­ra­tions en­tières d’al­ler vo­ter. J’en­tends les gens. Il y a beau­coup de dé­çus qui se dés­in­té­ressent des hommes po­li­tiques et de la po­li­tique en gé­né­ral, quels que soient les par­tis. » Le can­di­dat idéal ? «Ce­lui qui fe­ra pas­ser la Ré­pu­blique avant son ego. » Un peu plus loin, pro­fi­tant du so­leil ma­ti­nal, Ar­lette et Ro­bert. 45 ans de ma­riage et pas tou­jours d’ac­cord po­li­ti­que­ment, mais l’amour apla­nit tout ça. « Ils n’ont pas bien­tôt fi­ni avec cette his­toire de cos­tumes ?, s’émeut Ar­lette. On est tom­bé bien bas pour par­ler du fu­tur pré­sident de notre pays. Parce que je pense que mal­gré tout, il va être élu, Fran­çois Fillon. Et Pé­né­lope, elle a fait des choses pour son ma­ri, c’est nor­mal. Et leurs en­fants, ils ont rem­bour­sé leurs études, c’est tout. Il a des c…. Il sau­ra dé­fendre la France. » « Moi je pense qu’il fau­drait faire une en­quête préa­lable sur ceux qui veulent se pré­sen­ter, contre-at­taque Ro­bert. En plus, cha­cun veut sa ga­melle. Moi, je suis cho­qué par tous ceux qui ont re­tour­né leur veste : quelle hy­po­cri­sie... Mais au fi­nal, je pense que Ma­cron va l’em­por­ter haut la main, quoi qu’on fasse. Quand à Ma­rine Le Pen, elle a un socle, c’est tout. Tout ça me fait pen­ser aux an­nées 30, quand le peuple était prêt à

tout pour chan­ger. Après, on s’en mord les doigts, mais c’est trop tard. » Quant à Jack, il trouve qu’on ne s’in­té­resse pas aux bonnes per­sonnes : «Tout ça est ab­so­lu­ment odieux. Pour­quoi on ne parle par de Bar­to­lone, qui em­ploie sa femme de­puis 32 ans, et de Ra­chi­da Da­ti, qui s’ha­bille chez Dior ? » Les af­faires dé­plaisent, mais elles mo­bi­lisent les es­prits quand même. Quant aux pro­grammes, per­sonne n’en parle. Les can­di­dats de gauche ne sont même pas évo­qués… Il est vrai qu’en 2012, Fran­çois Hol­lande n’avait re­cueilli que 20,91 % dans la ci­té. Alors, cinq ans plus tard…

Toutes ces af­faires, c’est de la m… ! Et c’est une honte pour la France ”

(Pho­tos P. P.)

Au Cle­men­ceau, place des Lices à Saint-Tro­pez, les Tro­pé­ziens sont dé­çus par le ni­veau de la cam­pagne élec­to­rale. L’in­dé­ci­sion règne.

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