Ly­cée Toc­que­ville à Grasse : un si dif­fi­cile re­tour hier...

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Côte D’azur Carnet - DIANE EGGERMONT deg­ger­mont@ni­ce­ma­tin.fr

Hier ma­tin, au ly­cée Toc­que­ville de Grasse (Alpes-Ma­ri­times), la horde de ca­mé­ras de­vant les grilles de l’éta­blis­se­ment ne fai­sait plus vi­brer per­sonne. Ceux qu’on en­ten­dait, jeu­di, en­vier un ca­ma­rade de classe qui était pas­sé à la té­lé, « T’ima­gines ? C’est trop sty­lé », ont re­vu leurs dis­cours et ne veulent plus ap­pa­raître nulle part. «Viens, on va là où on ne se­ra pas

fil­mé », en­tend-on.

« On se sent es­pion­né »

« Il y a plus de jour­na­listes que d’étu­diants de­vant le ly­cée », se plaint une jeune fille. « C’est per­tur­bant, on se sent es­pion­né, c’est su­per lourd, ex­plique un autre. On es­saie d’ou­blier, mais tout le monde est là pour nous rap­pe­ler ce qui s’est pas­sé .»« Le droit à l’image, vous connais­sez ? », ex­plose une ly­céenne. Les traits sont ti­rés. Les jeunes sont fa­ti­gués. Épui­sés de se pas­ser les mêmes images en boucle de­puis jeu­di. Ex­té­nués de ra­con­ter tou­jours la même chose. Et le week-end n’y a rien fait. Tous le dé­crivent comme « par­ti­cu­lier ».« Je suis res­tée cou­chée pen­dant deux jours à dis­cu­ter avec tous les élèves de ma classe sur un groupe Fa­ce­book, ex­plique Ju­liette, élève en 1ère On se de­man­dait com­ment on al­lait. ».

Cer­tains, au contraire, ont fait la fête. « Je suis al­lée à un an­ni­ver­saire pour me chan­ger les idées», ex­plique Ch­ris­tophe, étu­diant en BTS2. Lu­cas, lui, a ré­vi­sé. Il est 8 heures, il est main­te­nant temps d’al­ler en classe. Et donc de re­tour­ner dans

l’éta­blis­se­ment. Avant d’y ar­ri­ver, « Pré­pa­rez vos sacs et vos car­nets s’il vous plaît », de­mande un membre de l’équipe. À la grille, per­sonne ne passe sans avoir pré­sen­té son car­net de cor­res­pon­dance. Et gare à ceux qui ne l’ont pas sur eux. « C’est bien, pour une fois, ils re­gardent vrai­ment. D’ha­bi­tude, on peut pas­ser avec ce­lui d’un autre ou bien même sans», se moque un élève. Vient en­suite l’ins­pec­tion de tous les sacs par les membres de la sé­cu­ri­té pré­ven­tion de l’aca­dé­mie de Nice. « On le fai­sait dé­jà de­puis sep­tembre, mais de ma­nière aléa­toire», pré­cisent deux as­sis­tantes d’édu­ca­tion à la vie sco­laire. Des me­sures pro­vi­soires qui ras­surent les jeunes trau­ma­ti­sés et que cer­tains vou­draient voir pé­ren­ni­ser. « On ne s’est ja­mais vrai­ment

sen­ti en sé­cu­ri­té », avouent deux élèves de BTS.

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12 heures. La pre­mière ma­ti­née de cours est pas­sée. Les élèves sortent dé­jeu­ner.

« La prof a pro­po­sé qu’on prenne le temps avant de re­prendre les cours, mais on a tous vou­lu re­com­men­cer nor­ma­le­ment pour es­sayer de mettre ça de cô­té », in­dique un élève de ter­mi­nale TSL. D’autres ont cou­ché leurs mots sur pa­pier, « juste pour éva­cuer et ça fait du bien», re­con­naît Ki­lian, « avec un seul L s’il vous plaît », pré­cise-t-il tris­te­ment.

(Photo Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

Hier ma­tin, les élèves de l’éta­blis­se­ment re­tour­naient en cours pour la pre­mière fois de­puis jeu­di.

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