Chan­tier en gare:  heures pour mo­der­ni­ser le ré­seau

Tou­lon Les tra­vaux dé­mar­rés jeu­di 25 oc­tobre touchent à leur terme. De­main ma­tin, la cir­cu­la­tion de­vrait re­prendre nor­ma­le­ment, après cinq jours d’in­ter­rup­tion to­tale entre Tou­lon et Cannes

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Var - V. R.

La pluie n’a que faire des dé­lais im­po­sés aux chan­tiers. Heu­reu­se­ment, de­puis jeu­di der­nier, ce­lui qui se dé­roule en­core jus­qu’à de­main, est – presque – pas­sé entre les gouttes. Les ou­vriers de SNCF Ré­seau se­ront ain­si ve­nus à bout de leur mis­sion dans les temps, per­met­tant à la cir­cu­la­tion des trains de re­prendre nor­ma­le­ment à l’heure et à la date fixée : mer­cre­di 31 oc­tobre, à 6 heures. Pile poil pour le week-end pro­lon­gé de la Tous­saint.

C’est quoi ce chan­tier?

« La maintenance et la mo­der­ni­sa­tion de l’infrastructure exis­tante sont les deux prio­ri­tés stra­té­giques de SNCF Ré­seau », as­sure la so­cié­té. Alors que la moyenne d’âge du ré­seau na­tio­nal dé­passe les trente-deux ans, l’en­tre­prise veut «stop­per son vieillis­se­ment et in­ver­ser la ten­dance ». À Tou­lon, cette vo­lon­té passe par le chan­tier dé­bu­té le 25 oc­tobre, 19 heures, de l’est de la gare jus­qu’au pont qui en­jambe le che­min de fer, au-des­sous des Lices. Sur cette por­tion, dix ap­pa­reils de voie (ai­guillage, par­tie in­ter­mé­diaire et croi­se­ment) au­ront ain­si été to­ta­le­ment rem­pla­cés d’ici à de­main ma­tin; les voies (rails, tra­verses et bal­last) in­té­gra­le­ment re­nou­ve­lées. Pour ce­la, ex­plique An­dré Bec­chis, pi­lote d’opé­ra­tion, « plus d’une cen­taine d’hommes tra­vaillent en “trois huit” ». Soit trente-cinq ou­vriers, res­pon­sables de chan­tier, ou in­gé­nieurs à chaque «tiers» qui ont no­tam­ment dû ins­tal­ler des « cou­pons » de rails de 36 mètres de longs, voire des pan­neaux tout prêts (tra­verses in­cluses), les sou­der, ré­gler des ai­guillages… Des tâches bien sûr as­sis­tées par du ma­té­riel lourd, à l’image de la «bour­reuse», cette énorme ma­chine qui ni­velle les voies. D’où des nui­sances so­nores, dont les ri­ve­rains avaient été aver­tis, as­sez im­por­tantes lors de l’uti­li­sa­tion de ces en­gins.

Com­bien ça coûte ?

De ses études à ses fi­ni­tions à ve­nir, en pas­sant par les phases pré­pa­ra­toires, qui se sont dé­rou­lées en sep­tembre et oc­tobre, le coût de ce chan­tier s’élève à 6 mil­lions d’eu­ros. Soit 4,3 % des 140 mil­lions d’eu­ros in­ves­tis par SNCF Ré­seau pour le re­nou­vel­le­ment, en ré­gion Paca pour 2018.

Pour quelles amé­lio­ra­tions ?

Ces re­nou­vel­le­ments, outre la sé­cu­ri­sa­tion des in­fra­struc­tures par leur mo­der­ni­sa­tion, per­mettent aus­si des amé­lio­ra­tions. Pour les pas­sa­gers et pour les ri­ve­rains. « Les vi­tesses aux abords de la gare vont pou­voir être ré­ta­blies, note le pi­lote d’opé­ra­tion : der­niè­re­ment, du fait de l’état des voies, elles étaient ra­len­ties. » Par ailleurs, les ri­ve­rains eux aus­si bé­né­fi­cie­ront de cette re­struc­tu­ra­tion. En ef­fet, le bruit du pas­sage des trains sur les rails de­vrait être moins im­por­tant.

Pourquoi main­te­nant ?

En fait, ce chan­tier avait dé­bu­té en 2016, avec des rem­pla­ce­ments de voies à quai, mais n’avait pas été me­né à terme. S’il se pour­suit ac­tuel­le­ment, c’est parce qu’il est conco­mi­tant à un autre, dans les Alpes-Ma­ri­times. À Man­de­lieu-la-Na­poule, SNCF Ré­seau rem­place le via­duc de la Siagne. Une sur­veillance a en ef­fet dé­tec­té que cet ou­vrage de 82 mètres de long et da­tant de 1862, de­vait être re­nou­ve­lé. Des tra­vaux d’im­por­tance – pour 40 mil­lions d’eu­ros –, dont la so­cié­té a vou­lu mi­ni­mi­ser l’im­pact sur les usa­gers, en les réa­li­sant pen­dant les va­cances sco­laires : « Le tra­fic est gé­né­ra­le­ment ré­duit dans ces pé­riodes ,as­sure An­dré Bec­chis: il y a moins de sco­laires et aus­si moins de gens qui tra­vaillent. »

Comment ont cir­cu­lé les trains ?

La cou­pure de cir­cu­la­tion entre les gares de Tou­lon et de Cannes est to­tale. Ain­si, les quelques trains ar­ri­vant

sur les deux voies res­tées ac­ces­sibles car sans chan­tier, n’ont pu al­ler plus loin, re­par­tant en sens in­verse. Au dé­part de Tou­lon, des cars de sub­sti­tu­tion ont aus­si été mis en place.

Et en­suite ?

Les usa­gers pour­ront re­trou­ver leurs trains dès de­main et pen­dant tout le week-end pro­lon­gé de la Tous­saint. Lun­di pro­chain, des tra­vaux de fi­ni­tion re­pren­dront de nuit, aux heures où les trains ne cir­culent plus, jus­qu’au 24 no­vembre, donc sans con­sé­quence pour les voya­geurs. À no­ter tou­te­fois qu’une nou­velle in­ter­rup­tion du tra­fic au­ra lieu du sa­me­di 10 no­vembre, 7 h 30, au di­manche 11 no­vembre, 15 h 10. Plus tard, en avril 2019, SNCF Ré­seau s’at­ta­que­ra aux voies non re­nou­ve­lées cette fois-ci.

(Pho­tos Frank Mul­ler)

Au­jourd’hui en­core, le chan­tier se pour­suit en gare de Tou­lon, avant que le tra­fic ne re­prenne de­main. Des tra­vaux de fi­ni­tions re­pren­dront dès la se­maine pro­chaine.

Sys­tèmes d’ai­guillage, rails, tra­verses, bal­last... De­puis jeu­di der­nier, la plu­part des voies qui ar­rivent à Tou­lon par l’est sont to­ta­le­ment re­nou­ve­lées, par des ou­vriers qui tra­vaillent jour et nuit.

Si des trains ar­rivent en gare de Tou­lon de­puis l’ouest, ils ne vont pas plus loin et re­partent en sens in­verse.

An­dré Bec­chis est pi­lote d’opé­ra­tion pour SNCF Ré­seaux.

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