Tor­nade de Tan­ne­ron: le jour d’après

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Var - P. PANCHOUT ppan­chout@ni­ce­ma­tin.fr

Les mon­tagnes de dé­bris de tuiles se font et se dé­font au rythme des al­lées et des ve­nues des ca­mion­nettes char­riant ce qui reste des toi­tures ra­va­gées par la tor­nade. De­puis l’au­rore, le tu­multe a ga­gné la ré­si­dence des Hauts de Tan­na­ro­ni. Après une nuit pas­sée chez la fa­mille ou dans l’un des gîtes mis à dis­po­si­tion par la mai­rie, c’est la stu­peur. Celle de dé­cou­vrir son ap­par­te­ment in­té­gra­le­ment si­nis­tré. Alors, pa­rents et mar­maille se re­montent les manches pour tout net­toyer. D’au­cuns poussent des brouettes de gra­vats. D’autres jettent les dé­combres di­rec­te­ment de­puis leurs bal­cons. En­fin, cer­tains contemplent d’un re­gard mé­du­sé ce triste bal­let. «Je ne peux qu’at­tendre... l’ex­pert n’est pas en­core pas­sé », se la­mente Ch­ris­tophe, qui pré­fère ne pas prendre le risque de je­ter ce qui est per­du, de peur d’être sous-in­dem­ni­sé. Et dans son lo­ge­ment, si­tué juste sous l’une des toi­tures les plus dé­vas­tées, la casse est bien vi­sible.

Les ré­pa­ra­tions vont se faire at­tendre

« On a vu la tor­nade ar­ri­ver face à nous. Des tuiles sont ve­nues écla­ter la baie vi­trée alors que nous étions juste en face » , ra­conte Ma­thieu, son jeune gar­çon. « Il s’est je­té sur le cô­té pour se pro­té­ger et je me suis mis par­des­sus lui en pro­tec­tion », se sou­vient Ch­ris­tophe. En at­ten­dant que l’as­su­rance prenne en charge un re­lo­ge­ment dans un hô­tel, tous deux dorment chez leurs grands-pa­rents. Mais ce qui tour­mente Ch­ris­tophe, comme les autres, c’est ce qu’il va ad­ve­nir de leurs biens d’ici les ré­pa­ra­tions. Et en fin de jour­née, hier, les pre­mières on­dées ve­naient as­som­brir les vi­sages tout au­tant que le ciel. « Il va y en avoir jus­qu’à la fin de la se­maine », pes­taient de nom­breux ha­bi­tants, in­quiets. Et il y a de quoi l’être. « Rien que pour re­faire la toi­ture, ça va prendre deux à trois se­maines par bâ­ti­ment », confie Sen­dy, res­pon­sable de la pe­tite équipe de cou­vreurs ap­pe­lée à la res­cousse par la co­pro­prié­té qui in­ter­vient de­puis hier après­mi­di. Mais pour l’heure, il est seule­ment ques­tion de bâ­cher les trous béants. Les pom­piers sont, eux aus­si, re­ve­nus pour par­ti­ci­per à cet ef­fort avec les der­nières toiles qui leur res­tent. La pose de nou­velles tuiles reste à ve­nir. Quant à la ré­fec­tion des lo­ge­ments... mieux vaut ne pas y pen­ser pour l’heure. L’autre fa­cette de ce re­mue-mé­nage, c’est celle des lo­ca­taires qui, pour leur part, ont dé­ci­dé de ne pas res­ter. « On éva­cue avant que le dé­luge ne fi­nisse le tra­vail », lance l’un d’eux au pas­sage. Car au mi­lieu des piles de dé­combres se bous­culent les cha­riots trans­por­tant l’élec­tro­mé­na­ger en­core in­demne de ceux pres­sés de tour­ner cette sombre page.

(Pho­tos Dy­lan Meif­fret)

Hier, des mon­ceaux de tuiles brisées tin­taient de rouge une bonne par­tie du sol de la ré­si­dence des Hauts de Tan­na­ro­ni.

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