Farce po­li­tique bun­ga-bun­ga

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Détente - PHI­LIPPE DU­PUY

L’his­toire

Sa ri­chesse, la puis­sance de son em­pire mé­dia­tique, son as­cen­sion po­li­tique et sa ca­pa­ci­té à pas­ser entre les mailles des fi­lets ju­di­ciaires en ont fait une icône du monde mo­derne. Le sym­bole du li­bé­ra­lisme triom­phant. À l’heure d’une énième ré­sur­rec­tion po­li­tique, Sil­vio Ber­lus­co­ni (To­ni Ser­vil­lo) in­carne une époque qui se cherche, déses­pé­rée d’être vide…

Notre avis

Sor­ti en deux par­ties de trois heures en Ita­lie, le nou­veau film de Pao­lo Sor­ren­ti­no (Il Di­vo, La Grande Bel­lez­za, Youth) a été ré­duit à 2 h 38 pour la ver­sion fran­çaise. C’est en­core trop ou pas as­sez. Pas as­sez, car les deux par­ties du film ont du mal à se rac­cro­cher l’une à l’autre et, à la fin, on ne voit pas bien l’uti­li­té de la pre­mière. Trop car on peine, mal­gré tout, à se pas­sion­ner jus­qu’au bout pour cette sa­tire po­li­tique du règne de Sil­vio Ber­lus­co­ni, ré­duit à une suite de sé­quences bun­ga-bun­ga néoFel­li­niennes. Après avoir in­car­né Giu­lio An­dreot­ti dans Il Di­vo, To­ni Ser­vil­lo en­dosse le cos­tume de l’ex­pre­mier mi­nistre mil­liar­daire avec la même maes­tria. Moins es­thé­ti­sant et plus drôle qu’Il Di­vo, Sil­vio est aus­si net­te­ment plus abor­dable pour un pu­blic non ita­lien. La cri­tique po­li­tique y est plus fron­tale et fé­roce que dans Le Caï­man de Nan­ni Mo­ret­ti, éga­le­ment consa­cré à Ber­lus­co­ni. Le film se ter­mine ain­si après le trem­ble­ment de terre de L’Aqui­la, mo­ment clé où la farce Ber­lus­con­nienne est de­ve­nue obs­cène, même au re­gard ses plus fi­dèles sup­por­ters.

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