Passe d’armes entre élus de la ma­jo­ri­té

Réunis mer­cre­di soir en con­seil mu­ni­ci­pal, les élus ont va­li­dé la si­gna­ture d’un pro­to­cole entre la com­mune et le bu­reau d’études PCA. Non sans quelques échanges tu­mul­tueux lors de la séance

Var-Matin (Draguignan / Pays de Fayence) - - La Une - M. B. mbes­cond@ni­ce­ma­tin.fr

Am­biance hou­leuse, mer­cre­di soir, dans la salle des Cor­de­liers. Le con­seil mu­ni­ci­pal était réuni pour abor­der une quin­zaine de dé­li­bé­ra­tions. C’est la pre­mière d’entre elles qui mo­no­po­li­se­ra l’es­sen­tiel des dé­bats. Ob­jet : le « pro­to­cole Vic­toire ». Der­rière ce terme digne d’un th­riller amé­ri­cain se pro­file le pro­jet de réa­li­sa­tion d’un en­semble im­mo­bi­lier au sein du quar­tier de la Com­man­de­rie, site qui re­groupe la mai­son des sports et de la jeu­nesse (MSJ), l’of­fice de tou­risme, le club Léo-La­grange, la gare rou­tière et le square Jo­seph-Allet.

Dy­na­mi­ser le coeur de ville

En guise d’in­tro­duc­tion, le maire Ri­chard Stram­bio, épau­lé par son ad­jointe à l’économie, So­phie Dufour, re­ve­nait sur le diag­nos­tic ju­gé pré­oc­cu­pant de l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale de la ville. « Nous sommes dé­fi­ci­taires en ma­tière d’offres com­mer­ciales, ex­pli­quait le maire. Nous avons pris plu­sieurs an­nées de re­tard. Il nous a fal­lu re­gar­der dans toutes les di­rec­tions. » Et d’ajou­ter : « Avec ce pro­jet, nous en sommes sim­ple­ment à la phase d’étude. Nous po­sons la pre­mière pierre d’une vaste concer­ta­tion. Nous al­lons nous mettre tous au­tour de la table. Et dis­cu­ter. » So­phie Dufour pre­nait la pa­role sur le pro­jet ur­bain glo­bal « qui per­met d’ap­por­ter des so­lu­tions lo­cales dans les do­maines de l’ha­bi­tat, des amé­na­ge­ments ur­bains et du com­merce, entre autres. » Non sans in­sis­ter sur la né­ces­si­té de lut­ter contre l’éva­sion com­mer­ciale : « En termes d’étude de mar­ché, on constate une éva­sion com­mer­ciale de près de 240 mil­lions d’eu­ros bruts dans les sec­teurs sus­cep­tibles de s’im­plan­ter en centre-ville : ali­men­taire, équi­pe­ment de la per­sonne, pro­duits cultu­rels et dé­co­ra­tion. » Et de dé­tailler la pro­po­si­tion du pro­mo­teur De­ro­me­di (lire en­ca­dré) qui « à tra­vers sa fi­liale d’études PCA a ma­ni­fes­té son in­té­rêt d’ac­qué­rir des ter­rains en vue de rem­pla­cer cer­tains bâ­ti­ments par un nou­vel en­semble im­mo­bi­lier. » Non sans pré­ci­ser : « Au­jourd’hui, le pro­jet est large. Ce qui est sûr, c’est que nous vou­lons main­te­nir les bâ­ti­ments de la jeu­nesse et des sports. On veut que nos spor­tifs res­tent sur place. »

« Vous n’êtes pas cré­dible ! »

Si la dé­li­bé­ra­tion a été vo­tée à la qua­si-una­ni­mi­té, Gil­bert Bou­ze­reau et San­drine Ma­ry, vo­taient contre. Le conseiller mu­ni­ci­pal de la ma­jo­ri­té se li­vrait à un long ré­qui­si­toire à charge contre le pre­mier ma­gis­trat. L’élu lui re­pro­chait de co­pier­col­ler le pro­jet « Car­not-Gare » dé­fen­du pen­dant la cam­pagne mu­ni­ci­pale de 2014 par la liste d’Oli­vier Au­di­bert-Troin. « Que vous le vou­liez ou non, c’est le pro­jet “Car­notGare ” qui re­monte à la sur­face. Sauf que ce pro­jet était ce­lui de votre ad­ver­saire de l’époque, et vous n’êtes ni cré­dible pour le sou­te­nir, ni lé­gi­time pour le mettre en oeuvre. » Et d’ajou­ter : « Vous ne pou­vez pas nous de­man­der de vous sou­te­nir, alors que vous faites volte-face. » Al­lant jus­qu’à re­mettre en cause la lé­gi­ti­mi­té du maire : « Si vous vou­lez lan­cer “Car­not-Gare bis ” » à tout prix (...), ayez le pa­nache de re­mettre votre man­dat en jeu et de de­man­der dé­mo­cra­ti­que­ment aux Dra­cé­nois, qui vous ont élus sur un pro­jet autre que ce­lui que vous al­lez mettre en oeuvre, de tran­cher. C’est une ques­tion de di­gni­té. C’est une ques­tion de lé­gi­ti­mi­té. » Am­biance. Ce à quoi le maire lui ré­pon­dait : « Je suis tou­jours ébloui par votre talent ora­toire (...) Je vous rap­pelle aus­si que vous étiez ad­joint aux tra­vaux. Et vous avez dé­mis­sion­né. Ca s’ap­pelle une fuite. (...) C’est fa­cile de faire des ef­fets de manche, peu­têtre même de manche à ba­lais... Mais ce qui me dé­range, c’est le manque d’in­ves­tis­se­ment per­son­nel. (...) Moi je n’hé­site pas, je vais au char­bon pour ma ville. Pour ses ha­bi­tants. Ja­mais je ne me dé­fi­le­rais. » Et Ri­chard Stram­bio de conclure sur le su­jet : « Ce n’est pas un dé­bat que vous pro­po­sez. C’est tout sim­ple­ment la mise en place d’une équipe élec­to­rale. Vous êtes en­train de faire de la po­li­tique. Mais une po­li­tique de “has been”. Une po­li­tique de vieillards. Nous, nous sommes jeunes, mo­dernes, en tout cas dans notre es­prit. »

« Un choix po­li­tique ma­jeur »

Gil­bert Bou­ze­reau ne man­quait pas non plus de par­ler de « choix de po­li­tique ma­jeur ». Le conseiller mu­ni­ci­pal pré­ci­sait : « Même si le texte de la dé­li­bé­ra­tion a été ha­bi­le­ment ca­li­bré par vos ser­vices, il ne s’agit pas de “lan­cer” une étude, mais bien d’ava­li­ser un ac­cord dé­jà né­go­cié, qui en­gage la com­mune à des ces­sions im­mo­bi­lières ! » Tou­jours est-il que l’heure est dé­sor­mais à la concer­ta­tion. « Nous comp­tons sur tout le monde pour s’ex­pri­mer », pré­ci­sait So­phie Dufour. Le ca­len­drier pré­vi­sion­nel pré­voit une va­li­da­tion du pro­gramme en dé­but d’an­née, sui­vie de plu­sieurs étapes, avec une pers­pec­tive d’ou­ver­ture pour 2022.

(Pho­tos Phi­lippe Ar­nas­san)

Si le pro­gramme pré­cis du pro­jet n’est pas en­core dé­fi­ni, son im­plan­ta­tion est pré­vue dans le quar­tier de la Com­man­de­rie.

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