« M. Pa­tri­moine » de la Ré­gion Pa­ca

Pas­sion­né par l’His­toire, Ri­chard Stram­bio était tout dé­si­gné pour prendre la tête de la nou­velle Com­mis­sion ré­gio­nale en charge de la pro­tec­tion de nos ri­chesses pa­tri­mo­niales. In­ter­view

Var-Matin (Draguignan / Pays de Fayence) - - La Une - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR M.B. mbes­cond@ni­ce­ma­tin.fr

Ri­chard Stram­bio, maire de Dra­gui­gnan, a ré­cem­ment été nom­mé pré­sident de la Com­mis­sion ré­gio­nale du pa­tri­moine et de l’ar­chi­tec­ture (CRPA) en ré­gion Pa­ca. Le point sur ces nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés.

Quel est le rôle de cette com­mis­sion ? Elle est no­tam­ment en charge de la pro­tec­tion et de la va­lo­ri­sa­tion de l’ar­chi­tec­ture et du pa­tri­moine im­mo­bi­lier. C’est une com­mis­sion col­lé­giale com­po­sée à la fois d’ac­teurs po­li­tiques et de pro­fes­sion­nels du sec­teur : ar­chi­tectes des Bâ­ti­ments de France, conser­va­teurs des mo­nu­ments his­to­riques, etc.

Com­ment et par qui avez-vous été nom­mé ? Je sié­geais de­puis  au sein de l’an­cienne com­mis­sion ré­gio­nale du pa­tri­moine et des sites (CRPS) que la CRPA vient au­jourd’hui rem­pla­cer. En tant qu’ad­joint à la Culture de Max Pi­sel­li, l’an­cien maire m’avait dé­lé­gué à cette com­mis­sion. Ce­ci pour mon lien avec la so­cié­té d’études scien­ti­fiques et ar­chéo­lo­giques de Dra­gui­gnan. À l’époque, la CRPS était pré­si­dée par le pré­fet de Ré­gion. Dé­sor­mais, elle l’est par un élu. Et c’est “tom­bé” sur moi. La Di­rec­tion des affaires cultu­relles (Drac) en lien avec le pré­fet me l’a pro­po­sé en juin. J’ai tout de suite été par­tant. Parce que c’est une thé­ma­tique qui me pas­sionne. J’ai pro­po­sé la can­di­da­ture de Ni­cole Fa­nel­li, maire de Sa­lernes, au poste de sup­pléante. Parce qu’elle est com­pé­tente. Et qu’elle sait de quoi elle parle.

Com­ment fonc­tionne cette com­mis­sion ? Élus et spé­cia­listes sont char­gés d’ana­ly­ser des pro­po­si­tions de pro­tec­tion au titre des mo­nu­ments his­to­riques, im­meubles et ob­jets mo­bi­liers. À par­tir du mo­ment où une de­mande de clas­se­ment nous par­vient – qu’elle émane d’un par­ti­cu­lier ou d’une col­lec­ti­vi­té –, une en­quête est réa­li­sée. En amont du vote, des diag­nos­tics sont réa­li­sés par des ex­perts sur le ter­rain que nous ana­ly­sons en­suite. Par­fois, les in­té­rêts sont di­ver­gents : élus, ar­chi­tectes, pro­prié­taires pri­vés… cha­cun a son avis et sa vi­sion des choses. Nous dé­ci­dons donc en fonc­tion des po­si­tions de cha­cun, dans la concer­ta­tion. Quand un point de li­tige est sou­le­vé, on l’ex­pose, et on l’ex­pli­cite. C’est à moi d’or­ga­ni­ser les dé­bats pour qu’ils soient le plus clairs pos­sibles avant le vote de la com­mis­sion. L’oeil du po­li­tique dé­bouche par­fois sur des contra­dic­tions, entre in­té­rêts éco­no­miques et pa­tri­mo­niaux par exemple. Le rôle de la com­mis­sion, c’est d’ar­ti­cu­ler tout ce­la, de mettre les deux do­maines en pers­pec­tives. De créer une sy­ner­gie. Nous nous réunis­sons quatre fois par an. La pro­chaine com­mis­sion se dé­rou­le­ra le  no­vembre au siège de la Di­rec­tion ré­gio­nale des affaires cultu­relles à Aix-enP­ro­vence. À l’ordre du jour, il est par exemple pré­vu de dé­battre au­tour du cercle na­val de Tou­lon. Je n’ai pas en­core les dé­tails, mais nous al­lons dé­ci­der ce que l’on fait de ce bâ­ti­ment. Dans quel état d’es­prit êtes-vous ? C’est en­thou­sias­mant ! Les élus sont sou­vent fri­leux en ma­tière de pa­tri­moine, parce que les in­ves­tis­se­ments sont consi­dé­rables, que ce­la im­pacte les PLU, etc. Mais on n’ou­blie trop sou­vent de dire que le pa­tri­moine, c’est ce que l’on voit d’une col­lec­ti­vi­té. Il faut le mettre en va­leur. C’est notre his­toire. Notre code gé­né­tique. C’est de là dont nous sommes is­sus. Il faut aus­si ré­in­suf­fler de la pé­da­go­gie. Qu’on sache pour­quoi la tour de l’Hor­loge existe à Dra­gui­gnan, par exemple. Il faut mettre en avant ces ri­chesses ré­gio­nales. D’au­tant que pour moi un eu­ro in­ves­ti dans le pa­tri­moine en rap­porte au moins trois en re­tom­bées tou­ris­tiques.

Quelles sont vos pers­pec­tives de dé­ve­lop­pe­ment en ma­tière de va­lo­ri­sa­tion du pa­tri­moine ? La réa­li­té aug­men­tée me semble im­por­tante. Uti­li­ser des casques vir­tuels pour se plon­ger dans des re­cons­ti­tu­tions his­to­riques. Voir la tour de l’Hor­loge telle qu’elle était lors de son inau­gu­ra­tion en . Tra­vailler sur les nou­velles tech­no­lo­gies, avec des bases so­lides. Se re­trou­ver dans un en­vi­ron­ne­ment d’époque. Dé­ve­lop­per le cô­té pé­da­go­gique et lu­dique. On va dé­sor­mais tra­vailler, échan­ger. Quand je dis “tra­vailler”, ce n’est pas le bon mot. Parce que je suis avant tout pas­sion­né. Et par­ti­cu­liè­re­ment en­thou­siaste de dé­mar­rer cette nou­velle aven­ture !

(Photo Dylan Meif­fret)

Le maire de Dra­gui­gnan, Ri­chard Stram­bio, est le tout nou­veau pré­sident de la com­mis­sion ré­gio­nale du pa­tri­moine et de l’ar­chi­tec­ture. Ni­cole Fa­nel­li a été dé­si­gnée sup­pléante.

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