À l’école de la 2e chance, tout de­vient pos­sible

Ce week-end, l’école de la deuxième chance or­ga­ni­sait sa pre­mière jour­née portes ou­vertes, ave­nue Lou Ga­bian. An­cienne « élève », au­jourd’hui ti­tu­laire d’un CDI, Anaïs Ca­ruel té­moigne…

Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël) - - La Une - CARINE BEKKACHE cbek­kache@ni­ce­ma­tin.fr

Dix-neuf ans à peine, mais dé­jà une vo­lon­té de fer… et un CDI en poche ! « Je ne m’y at­ten­dais vrai­ment pas, avoue, avec le sou­rire, Anaïs Ca­ruel. Lorsque j’ai lou­pé mon CAP hô­tel­le­rie-res­tau­ra­tion, je ne sa­vais plus quoi faire.

J’étais to­ta­le­ment per­due. » Mais pas du genre à se lais­ser abattre pour au­tant… Sans perdre une se­conde, la jeune femme pousse les portes de la mis­sion lo­cale et prend connais­sance des dif­fé­rentes struc­tures des­ti­nées aux jeunes. L’une d’elles re­tient di­rec­te­ment son at­ten­tion : l’école de la deuxième chance, fraî­che­ment ins­tal­lée à Fréjus.

Plus qu’une école, un coa­ching in­di­vi­dua­li­sé ”

« Je me suis dit : pour­quoi ne pas es­sayer ? J’ai donc pris ren­dez­vous et le fee­ling est très bien pas­sé avec les per­sonnes qui m’ont ac­cueillie. » Dès lors, plus d’hé­si­ta­tion. Anaïs va­lide aus­si­tôt son ins­crip­tion. « Ça ne me coû­tait rien d’es­sayer, confie-t-elle. Puis je sa­vais que, même si je ne trou­vais pas tout de suite mon bon­heur d’un point de vue pro­fes­sion­nel, j’al­lais pou­voir ré­ap­prendre les bases et trou­ver des stages plus fa­ci­le­ment. Tout en per­ce­vant un pe­tit sa­laire, pré­cieux pour conser­ver mon in­dé­pen­dance. » Une dé­ci­sion qu’Anaïs ne re­grette pour rien au monde. « Nous ne sommes pas sim­ple­ment as­sis sur une chaise à écou­ter le prof. D’ailleurs les for­ma­teurs eux-mêmes ne se consi­dèrent pas comme des pro­fes­seurs. Ce sont des ac­com­pa­gnants, qui sont là pour nous ai­der. Il y a entre nous un sen­ti­ment de res­pect, un cô­té ami­cal, et l’on n’a pas peur de se confier à eux au moindre pe­tit pro­blème, pri­vé ou pro­fes­sion­nel. Ils nous écoutent, n’ont pas d’a prio­ri et ne portent au­cun ju­ge­ment. » L’école de la deuxième chance n’au­rait donc rien… d’une école ? « Elle n’en a que le nom, sou­rit

Anaïs. Car en réa­li­té il s’agit plu­tôt d’un coa­ching in­di­vi­dua­li­sé. Ac­ces­soi­re­ment, c’est aus­si ma se­conde mai­son ! Et grâce à elle, j’ai beau­coup chan­gé, ne se­rait-ce que dans mon com­por­te­ment. En ar­ri­vant, j’étais très sus­cep­tible. Au­jourd’hui j’ai ap­pris à faire abs­trac­tion et à tra­vailler ma pos­ture face aux em­ployeurs. » Des ef­forts ac­com­plis tout na­tu­rel­le­ment, et ré­com­pen­sés de­puis. En juillet der­nier, après avoir en­chaî­né les stages et les contrats à du­rée dé­ter­mi­née, Anaïs re­çoit en ef­fet une belle sur­prise. « J’avais pos­tu­lé un peu par­tout sur In­ter­net. Un ma­tin, le pa­tron d’une en­tre­prise d’aide à do­mi­cile me té­lé­phone et me sol­li­cite pour un en­tre­tien. Deux jours plus tard, je si­gnais mon pre­mier CDI. »

Un hap­py end pour la jeune Ra­phaë­loise, qui a tout l’ave­nir de­vant elle et peut dé­sor­mais l’en­vi­sa­ger se­rei­ne­ment… « Cette sta­bi­li­té pro­fes­sion­nelle, que mon co­pain a aus­si, va nous ou­vrir beau­coup de portes. Tout se­ra plus fa­cile : de­man­der un prêt à la banque, réa­li­ser nos pro­jets de vie, etc. » Bref, une vé­ri­table « chance » qu’Anaïs a bel et bien su pro­vo­quer…

(Pho­tos Ade­line Le­bel)

À l’EC, Anaïs a vé­ri­ta­ble­ment sai­si sa se­conde chance et a fi­ni par si­gner un CDI, en juillet der­nier.

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