«Les Eu­ro­péennes pour­raient avoir des consé­quences mu­ni­ci­pales»

Fran­çois Vol­pi, pré­sident du Cercle ré­pu­bli­cain du Dra­gon, est à l’ini­tia­tive de l’or­ga­ni­sa­tion de la Consul­ta­tion ci­toyenne au­tour de l’Eu­rope com­man­dée par l’État fran­çais

Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël) - - Draguignan - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR B. D. 1. 22 Consul­ta­tions ci­toyennes ont été or­ga­ni­sées dans le Var mais ja­mais jusque-là à Dra­gui­gnan. 2. Par­mi les per­son­na­li­tés pré­sentes : Jean-Michel

QMal­gré un su­jet sen­sible et des élec­tions toutes proches, à peine une soixan­taine de per­sonnes a fait le dé­pla­ce­ment ce soir. Comment ex­pli­quez­vous ce dés­in­té­rêt pour tout ce qui touche à l’Eu­rope ? Il y a ef­fec­ti­ve­ment plus de dé­fiance que de connais­sances sur les ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes et leurs ac­tions concer­nant cha­cun de nous. Alors que juste après la guerre, l’Eu­rope ap­pa­rais­sait comme une né­ces­si­té. Le manque de com­mu­ni­ca­tion est sans doute la cause d’une cer­taine igno­rance de l’ac­tion eu­ro­péenne au quo­ti­dien.

Outre le dé­bat au­tour de l’Eu­rope, la soi­rée est aus­si l’oc­ca­sion pour vous de par­ler de la crise mi­gra­toire par le biais d’un spec­tacle sym­bo­lique. Il s’agit du Mas­sacre des Ita­liens. Une pièce est adap­tée du livre du même titre pu­blié par Gé­rard Noi­riel qui se base sur une réa­li­té his­to­rique lo­cale, la forte im­mi­gra­tion ita­lienne en Pro­vence. Celle-ci fut au dé­part, soit il y a plus de  ans, très mal ac­cep­tée. À Aigues-Mortes en ,  Ita­liens se­ront ain­si tués comme le ra­content le livre et la pièce. Quand on sait qu’au­jourd’hui près de % de la po­pu­la­tion dra­cé­noise a des ra­cines ita­liennes…

Peut-on com­pa­rer cette im­mi­gra­tion trans­al­pine avec celle ac­tuelle ve­nue de pays non-eu­ro­péens ? On est ci­toyen fran­çais quand on adopte les va­leurs ré­pu­bli­caines et non pas par rap­port à ses ori­gines ou sa re­li­gion.

La mon­tée du po­pu­lisme, phé­no­mène tem­po­raire ou pro­mis à per­du­rer et pro­gres­ser ? Le sen­ti­ment xé­no­phobe se dé­ve­loppe un peu par­tout et contre ce­la l’Eu­rope doit por­ter sur l’im­mi­gra­tion une so­lu­tion glo­bale et ne pas lais­ser les pays se dé­brouiller cha­cun de leur cô­té. Il faut en tout cas être vi­gi­lant et en­core plus dans le Var où l’ex­trême droite gagne du ter­rain. Les ré­sul­tats des Eu­ro­péennes pour­raient bien avoir des consé­quences sur les mu­ni­ci­pales.

Par­lez-nous du Cercle ré­pu­bli­cain du Dra­gon dont vous êtes le pré­sident de­puis sa créa­tion il y a  ans sur Dra­gui­gnan. Il a été fon­dé par des étu­diants en droit et des ju­ristes pour pro­mou­voir l’hé­ri­tage his­to­rique et ré­pu­bli­cain de Dra­gui­gnan. La ville a tou­jours été ré­pu­bli­caine. Je pense no­tam­ment au dé­pu­té Joseph Col­lomp qui s’est op­po­sé avec d’autres aux pleins pou­voirs don­nés à Pé­tain. Ain­si qu’à Jean Pi­que­mal, Ré­sis­tant et chef de ma­quis dans les Alpes du sud ar­rê­té par la Ges­ta­po, tor­tu­ré et fu­sillé le  juillet . Nous comp­tons d’ailleurs prendre contact avec la mu­ni­ci­pa­li­té pour que le nom de ce syn­di­ca­liste et Franc-ma­çon fi­gure sur une ar­tère de la ville. Ou qu’il lui soit dé­dié une plaque com­mé­mo­ra­tive. Le nom de notre cercle est di­rec­te­ment lié à l’adresse, rue du Dra­gon, où Jean Pi­que­mal avait ins­tal­lé sa loge. Du­mont (an­cien di­plo­mate et au­teur), Cy­prien Fon­vielle (di­rec­teur du Site Mé­mo­rial du camp des Milles), Hen­ri Ros­si (pré­sident de la Ligue des droits de l’Homme pour la ré­gion Paca), Mme Vol­pi (res­pon­sable de la Ligue des droits de l’Homme pour Dra­gui­gnan) et Colette Hel­lo (pré­si­dente du Mou­ve­ment eu­ro­péen Var).

(Pho­to B. D.)

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