L’ar­mure de Mont­mo­ren­çy au Louvre

L’ar­mure de Fran­çois de Mont­mo­ren­cy, pro­prié­té de Dra­gui­gnan, a été res­tau­rée avant de prendre place dans une ga­le­rie du Louvre. Une fier­té pour Gré­goire Hal­lé, conser­va­teur dra­cé­nois

Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël) - - La Une - ROMAIN ALCARAZ

Se ba­la­der dans les al­lées du Louvre et dé­cou­vrir, dans une salle, une pièce unique is­sue de la col­lec­tion du mu­sée des Beaux-arts de Dra­gui­gnan. C’est chose pos­sible de­puis le 24 juillet, date à la­quelle l’ar­mure de Fran­çois de Mont­mo­ren­cy, en­voyée à Pa­ris pour res­tau­ra­tion, a fait son en­trée dans les ga­le­ries du plus grand mu­sée de France. Et si vous y êtes, au Louvre, dans la salle en ques­tion, je­tez un oeil aux alen­tours : vous pour­rez peut-être voir, ta­pie dans l’ombre, la longue sil­houette de Gré­goire Hal­lé. «Je me suis amu­sé à re­gar­der les gens dans cette salle. Les voir ad­mi­rer l’ar­mure. L’ob­jet de­vient connu. Qui au­rait cru ça ?» Pas lui. Du moins, pas à ce point. Parce qu’en en­voyant l’ar­mure en res­tau­ra­tion, il se­rait faux de dire que le jeune conser­va­teur du mu­sée des Beaux-arts n’avait pas quelque chose der­rière la tête. «Avec les tra­vaux au mu­sée de Dra­gui­gnan(1), j’avais es­poir qu’un mu­sée na­tio­nal ex­pose l’ar­mure. Je n’étais pas sûr à 100 %, mais je pen­sais quand même ob­te­nir un pe­tit truc…» C’est fi­na­le­ment un gros truc. «Le Louvre, je n’ai ja­mais osé l’en­vi­sa­ger. Mon dé­sir a été com­plè­te­ment dé­pas­sé par l’ex­trême in­tel­li­gence des gens avec qui avec on a tra­vaillé à Pa­ris.» Re­tour en ar­rière. C’est en jan­vier 2017 que l’ar­mure “monte” à Pa­ris. Opé­ra­tion : ré­no­va­tion. «On a sol­li­ci­té le centre de re­cherche et de res­tau­ra­tion des mu­sées de France et leur la­bo­ra­toire avec ac­cé­lé­ra­teur à par­ti­cules, le seul dans le monde dé­dié aux oeuvres d’art.» Des ou­tils de der­nier cri pour per­cer les der­niers mys­tères de l’ob­jet. «L’ar­mure pos­sède des par­ties en mé­tal, en cuir, en ve­lours… En fait, on ne connais­sait pas l’in­té­gra­li­té de la com­po­si­tion de l’ob­jet», pour­suit Gré­goire Hal­lé, qui a ac­com­pa­gné l’oeuvre tout au long du pro­ces­sus.

«Au dé­part, l’ob­jec­tif était aus­si de faire ad­mettre la complexité d’un tel ob­jet. Ce­ci au­rait per­mis de fé­dé­rer l’opi­nion scien­ti­fique pour in­car­ner le pro­jet du nou­veau mu­sée.» Bref, au-de­là de la ré­no­va­tion, la mis­sion était aus­si de pla­cer Dra­gui­gnan sur la carte au­près des pro­fes­sion­nels de l’art. «Et comme notre mu­sée est fer­mé pour de lourds tra­vaux, on se di­sait qu’il était pos­sible de l’ex­po­ser ailleurs…» Ailleurs, ce se­ra au Louvre, donc, alors que Gré­goire Hal­lé vi­sait «le mu­sée de l’Ar­mée». «Ce sont eux qui nous ont dit qu’une salle était dis­po­nible au Louvre. Et là, on a eu des étoiles dans les yeux.» Une fier­té que le conser­va­teur veut faire par­ta­ger aux Dra­cé­nois : «Ça soigne un peu notre ego. Et ça confirme ce que je pense sur les mu­sées de Pro­vince. Il y a des ex­po­si­tions fas­ci­nantes et sous-ex­ploi­tées par­tout. Nous, il nous fal­lait une Jo­conde. Ça vaut le coup de cher­cher.» Et Gré­goire Hal­lé a trou­vé.

1. En­tiè­re­ment ré­no­vé, le site de­vrait rou­vrir en 2020.

‘‘ Il nous fal­lait une Jo­conde...”

(Pho­tos DR)

De­puis le  juillet, l’ar­mure trône au Louvre, dans une vi­trine de la salle Char­lesQuint au dé­par­te­ment des ob­jets d’art.

Sur une grande par­tie de la sur­face de l’ar­mure d’ap­pa­rat, on voit le mo­no­grame de Fran­çois de Mont­mo­ren­cy.

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