Le re­tour de la clien­tèle in­ter­na­tio­nale

Un re­bond mar­qué Hô­tel­le­rie de luxe : dans les ser­vices aux en­tre­prises Trans­ports:  à  % de de­mandes sup­plé­men­taires

Var-Matin (La Seyne / Sanary) - - Le Dossier Du Dimanche -

« Nous avons en­re­gis­tré 20 à 25 % de de­mandes de trans­ports sup­plé­men­taires, en par­ti­cu­lier avec la grande dis­tri­bu­tion, l’agroa­li­men­taire en gé­né­ral, mais aus­si l’élec­tro­mé­na­ger, l’ameu­ble­ment… », at­teste Fré­dé­ric Du­cour­nau. Le président de la SAS Trans­ports et de la SAS Lo­gis­tique du groupe Du­cour­nau et fils, dont le siège so­cial, ins­tal­lé à Flas­sans-sur-Is­sole, em­ploie 300 per­sonnes, dont des chauf­feurs(1). « Que des CDI, pré­cise Fré­dé­ric Du­cour­nau. Nous ne fai­sons ja­mais ap­pel à l’in­té­rim.» Dans une ré­gion peu in­dus­trielle, « le trans­port fonc­tionne beau­coup avec le so­leil», ré­sume Fré­dé­ric Du­cour­nau. « Dès qu’il y a un beau prin­temps, l’ac­ti­vi­té ex­plose d’une se­maine sur l’autre.» Mais cette an­née, « notre ac­ti­vi­té a Au Cap d’An­tibes Beach Hô­tel, Franck Far­ne­ti a le sou­rire aux lèvres. Son éta­blis­se­ment 5 étoiles Re­lais & Châ­teaux a en­re­gis­tré d’ex­cel­lents taux d’oc­cu­pa­tion: « 93 % en juillet et 95 % en août. Et la clien­tèle rus­so­phone est de re­tour, tout comme celle amé­ri­caine. On note un tas­se­ment sur celle du Moyen-Orient, des sou­cis col­la­té­raux en rai­son de la si­tua­tion entre le Qa­tar et l’Ara­bie Saou­dite. Mais dans le monde du luxe, 2017 au­ra été une bonne sai­son. Dans leur en­semble, les hô­te­liers ont réus­si à ré­cu­pé­rer ce qu’ils avaient per­du après l’at­ten­tat de Nice.» De bons ré­sul­tats que le di­rec­teur, par ailleurs président des Re­lais&Châ­teaux Pa­ca-Corse-Lan­gue­doc, at­tri­bue au tra­vail d’uni­té ef­fec­tué en col­la­bo­ra­tion avec toutes les ins­tances (of­fices de tou­risme, co­mi­té ré­gio­nal du tou­risme…). Ce n’était pas ga­gné, car outre les dé­sis­te­ments, « l’es­prit de fête avait dis­pa­ru. Nous avons mis en avant notre des­ti­na­tion et avons réa­li­sé un grand tra­vail sur la sé­cu­ri­té et la sé­cu­ri­sa­tion».

« Se battre pour conser­ver des parts de mar­ché »

Cette stra­té­gie a donc por­té ses fruits mais at­ten­tion, l’hô­tel­le­rie de luxe doit, elle aus­si, com­po­ser avec le phé­no­mène Ins­tal­lé à Nice de­puis vingt ans, DSO est, avec 130 col­la­bo­ra­teurs, le plus important ca­bi­net d’ex­perts-comp­tables de la ré­gion (06 et Var). Ses clients : des PME à qui il pro­pose une offre d’ex­per­tise-comp­table, droit, so­cial… Pour Pierre-Jean Ol­lier, l’un des trois ac­tion­naires, le re­bond, très clair, «s’ex­plique par une re­prise éco­no­mique et la mu­ta­tion nu­mé­rique des en­tre­prises. Cette an­née, DSO de­vrait dé­pas­ser les 10 % de crois­sance. Nos clients vont mieux et nous as­so­cient à leurs pro­jets. Dans notre ac­ti­vi­té conseil aux en­tre­prises im­mo­bi­lières, les six pre­miers ef­fec­ti­ve­ment en­re­gis­tré une hausse de plus de 20 %. À par­tir du mois de mai, et ce­la se pour­suit avec sep­tembre et le phé­no­mène de l’été in­dien… On conti­nue en­core à consom­mer, et comme on tra­vaille aus­si beau­coup avec la vi­ti­cul­ture .... »

Des for­ma­tions en par­te­na­riat avec Pôle em­ploi

Re­vers de la mé­daille : « Nous ren­con­trons des pro­blèmes de re­cru­te­ment et de turn over des chauf­feurs. Pour faire face à la de­mande, nous avons dû rap­pe­ler des chauf­feurs qui étaient en va­cances. Même moi, j’ai dû re­prendre le vo­lant ! », confie le chef d’en­tre­prise. Pour­tant, le groupe Du­cour­nau s’est lan­cé dans une po­li­tique de re­cru­te­ment, en s’ap­puyant sur Pê­cheurs

de der­nière minute. «Les clients at­tendent le der­nier mo­ment pour prendre leur dé­ci­sion, que ce soit pour ache­ter un billet d’avion, se­lon la mé­téo, et éven­tuel­le­ment se­lon la si­tua­tion géo­po­li­tique. On a beau avoir le so­leil, la mer, l’aé­ro­port, le cours Sa­leya avec les fleurs de cour­gette et la soc­ca, il faut se battre. Le tou­risme est un en­jeu éco­no­mique, car on ne pour­ra ja­mais le dé­lo­ca­li­ser et il faut se battre pour ga­gner et conser­ver mois de 2017 ont été his­to­riques. » La tran­si­tion nu­mé­rique des en­tre­prises joue aus­si un rôle important dans cette em­bel­lie, même si la ma­jo­ri­té d’entre elles ne l’ont pas en­core en­ta­mée. « Au sein du ca­bi­net, nous n’avions pas de consultant in­for­ma­tique il y a cinq ans et au­jourd’hui, ils sont quatre à in­ter­ve­nir au­près de nos clients. » S’il se montre op­ti­miste, le di­ri­geant sait que le frein à sa crois­sance est de trou­ver «du per­son­nel de qua­li­té et en­ga­gé. Notre mé­tier se nu­mé­rise à la vi­tesse de l’éclair et pour exis­ter, nous sommes obli­gés d’avoir des gens ul­tra-com­pé­tents et spé­cia­li­sés. une conven­tion tri­par­tite avec Pôle em­ploi et un or­ga­nisme de for­ma­tion agréé. « En dé­cembre der­nier, nous avons for­mé huit chauf­feurs, dont deux femmes…» Sept sont tou­jours dans l’en­tre­prise. « Nous avons vou­lu re­nou­ve­ler l’ex­pé­rience au prin­temps, mais elle n’a pas abou­ti», conclut Fré­dé­ric Du­cour­nau. C’est sans doute pour ce­la que le syn­di­cat des trans­por­teurs en­vi­sage de se do­ter, à l’au­tomne 2018, d’un centre de for­ma­tion afin de ré­pondre à la de­mande de la pro­fes­sion.

1. Le groupe Du­cour­nau compte une troi­sième fi­liale, la bu­reau­tique. Il em­ploie 550 sa­la­riés ré­par­tis sur ses trois so­cié­tés, pour 420 vé­hi­cules rou­lants. Le site de Flas­sans em­ploie 300 per­sonnes, avec les chauf­feurs rou­lants. C’est ce que nos clients at­tendent et ob­tiennent de nous. »

As­pect psy­cho­lo­gique

des parts de mar­ché.» L’hô­te­lier d’au­jourd’hui doit, se­lon lui, sans cesse pro­po­ser de nou­veaux ser­vices et être au fait de la géo­po­li­tique, car ce­la a un im­pact di­rect sur son ac­ti­vi­té. « Je prône la plu­ri­pré­sence sur de nom­breux mar­chés.» Ef­fec­ti­ve­ment après la clien­tèle de loi­sirs (85 % de la fré­quen­ta­tion) du­rant l’été, le Cap d’An­tibes Beach Hô­tel mise en hors sai­son sur celle d’af­faires. À la ques­tion la crois­sance vat-elle conti­nuer, Pierre-Jean Ol­lier est lu­cide : «95 % de la crois­sance est ti­rée par l’étran­ger, nous sommes as­su­jet­tis à la si­tua­tion in­ter­na­tio­nale. Les pou­voirs pu­blics ont un pou­voir ri­di­cule pour faire avan­cer les en­tre­prises. Ce ne sont ni le CICE ni la baisse des charges qui font chan­ger les choses. En re­vanche, là où le gouvernement a de l’im­por­tance, c’est sur la confiance et l’as­pect psy­cho­lo­gique. Les dé­ci­sions prises der­niè­re­ment, comme la sup­pres­sion du RSI, vont dans le bon sens. Plus dans l’as­pect confiance et état d’es­prit que dans la réa­li­té. Pre­nons par exemple le pla­fon­ne­ment des in­dem­ni­tés prud’ho­males: 0,06 % des em­ployés vont aux prud’hommes tous les ans. Ce n’est le pro­blème le plus important de l’en­tre­prise. Mais quand un pa­tron va aux prud’hommes la peur au ventre, parce qu’il craint de de­voir dé­po­ser le bi­lan à cause d’un vice de forme, ce pla­fon­ne­ment lui fait du bien psy­cho­lo­gi­que­ment. »

(Pho­to K. W.) (Pho­to DR) (Pho­to Laurent Mar­ti­nat)

Pierre-Jean Ol­lier, l’un des trois as­so­ciés du ca­bi­net DSO. Franck Far­ne­ti dirige le Cap d’An­tibes Beach Hô­tel qui compte  chambres et suites, un res­tau­rant de plage, une plage pri­vée – Les

– et un res­tau­rant gas­tro­no­mique ( étoile au Guide Mi­che­lin). Fré­dé­ric Du­cour­nau et son père, Jean-Pierre Du­cour­nau, président di­rec­teur gé­né­ral du groupe.

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