Ni­co­las Bay : « Dans le , on a réus­si le ras­sem­ble­ment »

Le nu­mé­ro deux du FN était à Nice, hier soir, pour un dé­bat avec les mi­li­tants, aux cô­tés de Phi­lippe Var­don, le boss du Front ni­çois, et de Lio­nel Ti­vo­li, le pa­tron de la fé­dé­ra­tion du 06

Var-Matin (La Seyne / Sanary) - - France - STÉ­PHA­NIE GASIGLIA sga­si­glia@ni­ce­ma­tin.fr

Ni­co­las Bay, ex-mé­gré­tiste re­ve­nu à ses pre­mières amours était à Nice, hier soir, pour res­ser­rer les rangs, avant le con­grès du FN en mars pro­chain. Un nou­veau vice-pré­sident pour le Front, pas du tout phi­lip­pot-phile. Le vi­sage de ce FN qui cherche à ras­sem­bler.

Quel se­ra votre rôle en tant que vice-pré­sident ?

C’est, à la fois, pour être to­ta­le­ment im­pli­qué dans la re­fon­da­tion en­ga­gée de notre mou­ve­ment, mais pour être aus­si en pre­mière ligne sur les af­faires eu­ro­péennes. Il s’agit de mon­trer que notre pro­jet n’est pas an­ti-eu­ro­péen, il est al­ter eu­ro­péen, ce qui est très dif­fé­rent.

Pas évident...

Je pense que, sou­vent, notre po­si­tion a été ca­ri­ca­tu­rée. Nous sommes à la fois très cri­tiques sur l’Eu­rope qui a or­ga­ni­sé une im­puis­sance col­lec­tive des na­tions. Mais, en même temps, nous sommes at­ta­chés à l’idée eu­ro­péenne. C’est une ci­vi­li­sa­tion qui nous lie face aux grands dé­fis, mi­gra­toires, éco­no­miques... On ex­pli­ci­te­ra notre pro­jet dans les mois qui viennent.

Vos po­si­tions ca­ri­ca­tu­rées ? Des cadres, comme Phi­lip­pot s’en sont char­gés eux-mêmes...

In­dé­nia­ble­ment, il don­nait le sen­ti­ment que le FN était op­po­sé à l’idée de l’UE elle-même. Ce qui n’est pas le cas. Son dé­part nous per­met de cla­ri­fier ce point.

C’est aus­si un su­jet qui a di­vi­sé pen­dant la pré­si­den­tielle...

La pré­si­den­tielle a été l’oc­ca­sion d’une pro­gres­sion spec­ta­cu­laire du FN avec  mil­lions de voix. Mais il y a des su­jets sur les­quels on a moins con­vain­cu, c’est vrai, et c’est no­tam­ment sur la ques­tion de l’eu­ro. Alors on va en te­nir compte. Vous n’êtes pas de ceux qui pleu­raient le dé­part de Phi­lip­pot... C’est re­gret­table, car cha­cun a sa place au FN avec ses sen­si­bi­li­tés, mais ce­la né­ces­site d’ac­cep­ter le dé­bat, la confron­ta­tion. Il les re­fu­sait. Ou, alors, il les ap­pré­hen­dait... Le FN s’en re­met­tra et s’en est, d’ailleurs, dé­jà re­mis.

Vous n’avez pas tou­jours été tendre avec Ma­rine Le Pen. Elle doit res­ter à la tête du FN ?

Vous faites al­lu­sion à une pé­riode de di­vi­sion... Votre pé­riode Mé­gret... Il cherche à re­ve­nir en po­li­tique ? J’ai en­ten­du qu’il fai­sait beau­coup de com­men­taires, mais je n’ai pas le sen­ti­ment qu’il cherche à re­ve­nir. Et, oui, Ma­rine Le Pen a per­mis au FN de chan­ger de di­men­sion. Nous avons au­jourd’hui   élus lo­caux, alors qu’il y a seule­ment quelques an­nées, il n’y en avait qu’une poi­gnée. C’est la plus à même de ras­sem­bler notre mou­ve­ment en cette pé­riode de re­fon­da­tion.

Ma­rion Ma­ré­chal a réus­si au ni­veau ré­gio­nal un ras­sem­ble­ment as­sez large. Vous es­pé­rez son re­tour ?

Dans sa lettre aux Vau­clu­siens, elle n’a, elle-même, pas fer­mé la porte à son re­tour en po­li­tique...

Pas for­cé­ment au FN...

Elle est en­ga­gée dans notre com­bat, elle dé­fend nos idées ; si un jour elle re­vient, ce se­ra, je pense, à nos cô­tés.

Les Alpes-Ma­ri­times, em­blé­ma­tique d’un ras­sem­ble­ment as­sez large...

Oui, ici, on a réus­si le ras­sem­ble­ment, avec des pro­fils très dif­fé­rents qui se re­trouvent sur l’es­sen­tiel. Comme Phi­lippe Var­don ou notre al­lié Oli­vier Bet­ta­ti. Le cli­vage droite-gauche est dé­pas­sé. Et les coups de men­ton de Wau­quiez n’y chan­ge­ront rien.

La di­vi­sion de la droite peut-elle af­fai­blir le FN ? No­tam­ment à Nice, avec la dis­corde Es­tro­si-Ciot­ti...

Je ne crois pas. Ce­la cor­res­pond à la réa­li­té de LR qui n’a plus de co­lonne ver­té­brale po­li­tique. C’est une que­relle d’am­bi­tions. Des plans de car­rière qui s’en­tre­choquent. Ciot­ti sou­tient Wau­quiez qui nous re­fait l’opé­ra­tion Sar­ko­zy : il es­saie de don­ner quelques ac­cents pa­triotes à son dis­cours. Et Es­tro­si est d’une ver­sa­ti­li­té in­croyable. Il a dit tout et son contraire. Il est ani­mé par une am­bi­tion égo­cen­trique.

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