Agroé­co­lo­gie: la double vie du fu­mier à La Mole

Var-Matin (La Seyne / Sanary) - - Le dossier du dimanche -

Ch­ris­tine Ra­vel et An­dré Hu­ber se sont ins­tal­lés à La Mole « pour oeu­vrer avec le vi­vant ». C’est le but de l’agroé­co­lo­gie, van­tée par l’agri­cul­teur éco­lo­giste, Pierre Rabhi, au­teur du livre La Conver­gence des consciences. L’agroé­co­lo­gie consiste en des gestes simples qui « uti­lisent les mé­ca­nismes de la na­ture pour pro­duire de la nour­ri­ture », ex­plique An­dré Hu­ber qui est aus­si membre de l’as­so­cia­tion Par­ta­ger la Terre. Le fu­mier a double rôle. C’est du car­bone pro­duit par les ani­maux et les vé­gé­taux. Le lais­ser en sur­face, c’est li­bé­rer du car­bone dans l’at­mo­sphère. L’en­fouir, c’est lais­ser ce car­bone dans le sol pour le fer­ti­li­ser et l’em­pê­cher de par­tir dans l’at­mo­sphère. Ce­la évite les en­grais chi­miques et les émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Paillage pour pro­té­ger les plantes de la sé­che­resse, dé­coc­tions de plantes contre les ma­la­dies et pa­ra­sites, au­tant de mé­thodes que Ch­ris­tine Ra­vel et An­dré Hu­ber en­seignent lors de for­ma­tions.

◗ Site par­ta­ger-la-terre.fr/la-ferme-du-me­nage Tél. 06.25.49.59.71. Les toits vé­gé­ta­li­sés, c’est bon pour l’Is­lande où ils existent de­puis tou­jours. Le froid et l’hu­mi­di­té les fait pros­pé­rer sans beau­coup d’en­tre­tien. Ils s’étalent au som­met des im­meubles à Mo­na­co, où l’ar­gent fait cou­ler l’eau à flots. Beau­coup d’eau – tant qu’il y en a ! – pour que la vé­gé­ta­tion sur­vive plus près du so­leil. C’est l’ex­cep­tion qui confirme la règle! Le Sud n’est pas fait pour ça ! «Le bi­lan des ex­pé­riences de toits ou murs vé­gé­ta­li­sés dans les zones sèches, comme le sud de la France, montre qu’ils sont aban­don­nés très ra­pi­de­ment au bout de trois ou quatre ans, sauf dans les zones ré­si­den­tielles de luxe », sou­ligne Hu­bert Ma­zu­rek, di­rec­teur de re­cherche à l’IRD, Ins­ti­tut de re­cherche pour le dé­ve­lop­pe­ment. L’ar­gu­ment des pro­mo­teurs pour rendre ac­cep­table un im­meuble n’est plus va­lable. Même pen­dant trois ou quatre ans, inu­tile de payer des charges pour son en­tre­tien. Sur les toits, mieux vaut «plan­ter» des pan­neaux so­laires, et gar­der de la place au sol, non pas pour les voi­tures mais pour des es­paces verts et des éo­liennes, pré­co­nise Hu­bert Ma­zu­rek.

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