Té­moi­gnages édi­fiants

Var-Matin (La Seyne / Sanary) - - Var -

L’his­toire au­rait pu en res­ter là. Mais c’était sans comp­ter sur ce be­soin de sa­voir des fa­milles des dis­pa­rus qui, de­puis un de­mi-siècle main­te­nant, sont dans l’in­ca­pa­ci­té de faire leur deuil. Alors qu’au lan­ce­ment de son site In­ter­net, Her­vé Fauve n’avait l’adresse que d’un seul proche de ma­rin de La Mi­nerve ,–« le fils d’un membre d’équi­page avec qui j’étais à l’école à Brest »–il est de­puis en­tré en contact avec une bonne tren­taine de pa­rents. Des épouses, des frères, des soeurs, des en­fants… «À l’époque du nau­frage, les col­lec­tifs de vic­times n’exis­taient pas. Il y avait comme une fa­ta­li­té. Chaque fa­mille a donc ten­té de faire son deuil dans son coin. Grâce au site In­ter­net, j’ai re­cons­ti­tué la grande fa­mille des fa­milles des vic­times de La Mi­nerve», ex­plique Her­vé Fauve. Il a aus­si re­cueilli des té­moi­gnages édi­fiants. « Les ma­rins de La Mi­nerve avaient en moyenne entre 20 et 24 ans. Un père, qui avait convain­cu son fils d’en­trer dans la Ma­rine, s’est sui­ci­dé après le drame. D’autres pa­rents, re­fu­sant de croire à la mort de leur en­fant, ont conti­nué d’ali­men­ter des comptes d’épargne. Cer­tains ont même cru que le sous-ma­rin et son équi­page avaient été en­le­vés par

Cin­quante ans après la dis­pa­ri­tion de La Mi­nerve, les fa­milles des vic­times ont du mal à com­prendre l’aban­don ra­pide des re­cherches. « La Mi­nerve est la seule épave col­lec­tive qu’on a ja­mais re­cher­chée jus­qu’au bout de­puis la fin de la Se­conde Guerre mon­diale», af­firme Her­vé Fauve, le fils or­phe­lin du der­nier com­man­dant du sous-ma­rin.

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