Nuits Blanches du Tho­ro­net à di­men­sion hu­maine

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Centra Var - Du1 au3 juille­tauT­ho­ro­net.Ta­rifs:de6à25eu­ros. Rens. : www.les-nuits-blanches.fr

« Nous sommes avant tout un fes­ti­val mi­li­tant ! », ex­plique Jean Gui­ber­gia, pro­gram­ma­teur de l’évé­ne­ment. «Nous es­sayons de faire vivre autre chose que de la mu­sique, au tra­vers de la mu­sique ». De­puis ses dé­buts en , le fes­ti­val col­la­bore avec plu­sieurs struc­tures hu­ma­ni­taires, à com­men­cer par En­fants du Monde. «À la créa­tion du fes­ti­val, notre pre­mier ob­jec­tif était de pou­voir ai­der fi­nan­ciè­re­ment cette as­so­cia­tion dans la réa­li­sa­tion d’ac­tions hu­ma­ni­taires au Bur­ki­na Fa­so ». C’est tou­jours le cas au­jourd’hui. Un fes­ti­val où le fac­teur hu­main est au moins aus­si im­por­tant que la mu­sique, en somme.

Va­leurs hu­maines…

Preuve en est cette an­née avec l’in­ves­tis­se­ment d’une qua­ran­taine d’adultes au­tistes du Foyer de Val­bonne. « Cer­tains tra­vaillent dé­jà sur la dé­co­ra­tion du site, en créant des sculp­tures, des ta­bleaux ou en dé­co­rant une ca­ra­vane pla­cée à l’en­trée qui fe­ra of­fice de caisse. D’autres dé­am­bu­le­ront au sein d’une ba­tu­ca­da. L’ob­jec­tif est que les gens portent un autre re­gard sur ces per­sonnes. Que le pu­blic tende la main aux autres, de ma­nière gé­né­rale ». Et quoi de mieux que la mu­sique comme vec­teur pour ça. Quoi de mieux que la mu­sique pour cas­ser les bar­rières de la dif­fé­rence. « J’es­saie de faire ve­nir les ar­tistes que j’aime », ex­plique en toute lo­gique le pro­gram­ma­teur. Car si Jean Gui­ber­gia, po­tier cé­ra­miste de mé­tier, sait faire bon usage de ses mains, il a aus­si l’oreille fine et af­fû­tée. À n’en pas dou­ter. Reste qu’éta­blir une pro­gram­ma­tion de choix peut vite re­le­ver du par­cours du com­bat­tant. « D’an­née en an­née, je me bats contre les tour­neurs. Les ta­rifs des ar­tistes ont ex­plo­sé, ça de­vient très com­pli­qué. À tel point que l’an­née der­nière, j’ai vou­lu me pas­ser de têtes d’af­fiche, comme un pied de nez. Mais l’édi­tion a ter­mi­né dé­fi­ci­taire, sans doute parce que la pro­gram­ma­tion n’était pas as­sez grand pu­blic. » De­puis, le fes­ti­val a re­dres­sé la barre et as­sai­ni ses comptes, no­tam­ment grâce à un concert de sou­tien avec Raoul Pe­tite en no­vembre der­nier. Cette an­née, le fes­ti­val qui ac­cueille   per­sonnes par soir, en moyenne, a sor­ti le grand jeu. Entre va­leurs sûres et dé­cou­vertes, les Nuits Blanches met­tront les pe­tits plats dans les grands, trois soirs du­rant. En com­men­çant par la ve­nue de Mon­sieur Emir Kus­tu­ri­ca et de son No Smo­king Or­ches­tra. Un mé­lange dé­to­nant pour ne pas dire ex­plo­sif, où le punk rock cô­toie le folklore des Bal­kans, où le jazz ma­nouche et la mu­sique gi­tane s’aco­quinent avec la mu­sette. Cô­té dé­cou­verte, Jean Gui­ber­gia mise beau­coup sur une ar­tiste au po­ten­tiel cer­tain : Ra­kia. Sa gui­tare sous le coude, la jeune Nor­mande pro­duit une mu­sique aux confins du folk, de la soul et du blues, le tout por­té par une voix au timbre éton­nant et in­tense. À ne pas man­quer. On ci­te­ra éga­le­ment la pré­sence de Mi­ckey D, de la jeune ro­ckeuse lil­loise Le­na De­luxe, ou en­core du reg­gae de Sha­man Culture. En tout et pour tout, une di­zaine de for­ma­tions in­ves­ti­ra places et rues du Tho­ro­net, sans ou­blier les jar­dins de l’ab­baye cis­ter­cienne d’où se­ra lan­cée cette e édi­tion.

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(Pho­to doc Var-ma­tin)

Emir Kus­tu­ri­ca & The No Smo­king Or­ches­tra

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