Dans le bu­reau d’un dé­fen­seur cor­ri­ger des in­jus­tices

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - SO­NIA BON­NIN 1. Le pré­nom a été chan­gé

Dans la pe­tite salle qui lui sert de per­ma­nence, Guy Mi­cha­lak re­çoit sur ren­dez­vous. Celles et ceux qui dé­filent ici, confient un peu plus que de pe­tits sou­cis. Ce sont de vraies dif­fi­cul­tés, qui peuvent avoir de lourdes ré­per­cus­sions. « À 90 %, les gens re­çus viennent pour des conflits avec une ad­mi­nis­tra­tion, un ser­vice pu­blic, in­dique Guy Mi­cha­lak, l’un des cinq dé­fen­seurs des droits dans le Var. Je vois des gens dé­bous­so­lés, qui perdent leurs repères. Même les tra­vailleurs so­ciaux se heurtent par­fois à des murs ».

Boos­ter les dé­marches

Dans ce bu­reau, il ne faut pas es­pé­rer une aide ma­té­rielle. Mais le dé­fen­seur a la ca­pa­ci­té de boos­ter les dé­marches. Der­nier exemple en date, le cas d’un mon­sieur dont une par­tie de la car­rière pro­fes­sion­nelle s’est faite en Bel­gique. «Il est en at­tente d’un do­cu­ment de la Car­sat, pour que sa re­traite puisse être cal­cu­lée » . Ré­sul­tat : « Il n’a plus de res­sources de­puis six mois ! » Que peut faire un dé­fen­seur des droits ? « Dé­jà, en ur­gence, je vais es­sayer de né­go­cier un dé­lai de paie­ment pour ses fac­tures ». C’est au tour de Sé­bas­tien d’en­trer dans le bu­reau.

(1) « On m’a conseillé de voir un mé­dia­teur », ex­po­set-il. Chauf­feur poids lourds, vic­time d’un ac­ci­dent du tra­vail en 2011, il fait face à de lourds en­nuis de san­té. Si le doc­teur de la Sé­cu es­time qu’il est apte au tra­vail, son mé­de­cin cer­ti­fie qu’il ne peut plus rien por­ter.

eu­ros… à rem­bour­ser

Ac­tuel­le­ment au RSA, la caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales lui ré­clame 10 000 eu­ros, qu’elle es­time lui avoir ver­sés à tort. «La CAF, je vais leur de­man­der qu’ils m’ex­pliquent la si­tua­tion, ré­sume Guy Mi­cha­lak. Ne pas sa­voir, ne pas com­prendre pour­quoi on vous ré­clame un in­du, c’est un pro­blème ré­cur­rent» .En fait, la caisse conteste une an­née en­tière d’in­dem­ni­tés ma­la­dies qui ont été ver­sées à Sé­bas­tien. Guy Mi­cha­lak re­cherche aus­si quelles sont les voies lé­gales pour contes­ter ce rem­bour­se­ment. Il ré­flé­chit à une de­mande de re­mise de dettes, de­vant le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif – « compte te­nu des res­sources de Mon­sieur ». Sé­bas­tien confie qu’il est tom­bé en dé­pres­sion, qu’il a per­du 10 kg. « Mon fils a 17 ans et c’est lui qui me donne de quoi faire le mois, c’est très dur, ce­la me fait un peu honte », ex­plique-til avec pu­deur. La mo­ti­va­tion de Guy Mi­cha­lak, bé­né­vole, comme tous les dé­fen­seurs des droits ? « Dans notre exis­tence, on es­saie peut-être de cor­ri­ger quelques in­jus­tices ». Avec beau­coup de mo­des­tie, de­vant l’am­pleur de la tâche.

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