Man­fred We­ber : « Pro­té­ger l’Eu­rope contre la ter­reur »

Le pré­sident du PPE évoque les dé­fis eu­ro­péens avant les jour­nées d’études de son groupe à Nice

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France/Monde - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR THIER­RY PRUDHON tprud­hon@ni­ce­ma­tin.fr

Nice va ac­cueillir du 1er au 3 juin les jour­nées d’étude du groupe Par­ti po­pu­laire eu­ro­péen (PPE, droite et centre-droit) au Par­le­ment eu­ro­péen de Bruxelles. Cet évé­ne­ment est l’oc­ca­sion pour ces eu­ro­dé­pu­tés de dé­battre sur les grands en­jeux eu­ro­péens, en com­pa­gnie d’ex­perts en stra­té­gie po­li­tique, géo­po­li­tique et économie. A Nice, l’ave­nir de l’Union eu­ro­péenne et les re­la­tions entre l’Eu­rope et la Mé­di­ter­ra­née se­ront plus spé­cia­le­ment au coeur des dis­cus­sions. Outre les dé­pu­tés de la dé­lé­ga­tion fran­çaise du groupe PPE – Alain La­mas­soure, Fran­çoise Gros­se­tête ou Re­naud Mu­se­lier no­tam­ment –, Ni­co­las Sar­ko­zy vien­dra prendre part à ces échanges. Man­fredWe­ber,mem­bre­del’Union­chré­tienne-so­ciale (CSU) en Al­le­magne, pré­side le groupe PPE au Par­le­ment eu­ro­péen de­puis juin 2014.

Qui com­pose le groupe PPE, dont le sigle ne « parle » pas aux Fran­çais? Avec  membres (sur  eu­ro­dé­pu­tés), il s’agit du plus grand groupe po­li­tique du Par­le­ment eu­ro­péen. Il ras­semble les forces po­li­tiques pro-eu­ro­péennes de la droite et du centre-droit (dont, en France, Les Ré­pu­bli­cains), is­sues de  États membres de l’Union eu­ro­péenne. Nous oc­cu­pons des fonc­tions clés au sein du Par­le­ment et de la Com­mis­sion eu­ro­péenne.

Les prin­ci­pales orien­ta­tions po­li­tiques du PPE? Nous sommes les pion­niers du pro­jet eu­ro­péen de­puis son ori­gine. Le PPE est ain­si l’hé­ri­tier d’un en­semble de va­leurs très im­por­tantes dé­fen­dues par les pères fon­da­teurs de l’Eu­rope, dont Ro­bert Schu­man. Ces va­leurs de paix, de dé­mo­cra­tie et de li­ber­té sont tou­jours sources d’ins­pi­ra­tion au­jourd’hui. Nous nous bat­tons pour plus de crois­sance et de créa­tions d’em­plois. Nous sou­te­nons éga­le­ment les ré­formes qui font avan­cer nos po­si­tions dans le cadre d’une concur­rence mon­diale très rude. Nous sommes at­ta­chés à un mo­dèle so­cial du­rable, dans un monde en per­pé­tuel chan­ge­ment. Nous adhé­rons au prin­cipe de l’économie so­ciale de mar­ché, qui re­con­naît les entreprises so­ciales comme un fac­teur de co­hé­sion en Eu­rope.

Et concer­nant la sé­cu­ri­té ? Nous vou­lons pro­té­ger l’Eu­rope contre le crime et la ter­reur. Après les at­taques de Pa­ris et de Bruxelles, nous avons pous­sé à da­van­tage de co­opé­ra­tion entre les po­lices, au ren­for­ce­ment d’Eu­ro­pol et avons été à la ma­noeuvre pour faire adop­ter la mise en oeuvre du Re­gistre des pas­sa­gers eu­ro­péens (PNR) dans le trans­port aé­rien.

Votre po­si­tion sur la ges­tion des flux mi­gra­toires? Nous avons concen­tré nos ef­forts sur le contrôle et la li­mi­ta­tion de l’immigration illé­gale. Nous ne mon­trons au­cune to­lé­rance pour les tra­fi­quants d’êtres hu­mains et les pas­seurs. Nous avons ob­te­nu le ren­for­ce­ment des contrôles aux fron­tières ex­té­rieures et nous sommes en fa­veur d’un corps com­mun de gardes-côtes. Nous avons éga­le­ment si­gné un ac­cord avec la Tur­quie qui a mon­tré son ef­fi­ca­ci­té : le nombre de nou­veaux ar­ri­vants en Grèce a clai­re­ment di­mi­nué ; en échange, nous of­frons à la Tur­quie la pos­si­bi­li­té de bé­né­fi­cier d’une exemp­tion de vi­sa, mais uni­que­ment quand elle res­pec­te­ra à la lettre les  cri­tères re­quis. Nous sommes éga­le­ment pour l’in­té­gra­tion, mais celle-ci doit fonc­tion­ner dans les deux sens. Les ré­fu­giés doivent re­ce­voir tous les droits at­ta­chés à leur sta­tut, mais en re­tour, il est nor­mal qu’ils res­pectent les va­leurs sur les­quelles l’Union s’est construite.

Crai­gnez-vous au­jourd’hui une désa­gré­ga­tion de l’Eu­rope? L’édi­fice eu­ro­péen est unique, et la France est l’un de ses pi­liers. En ce mo­ment, nous de­vons ré­pondre à des ques­tions fon­da­men­tales. Par­tout en Eu­rope, les po­pu­listes et les na­tio­na­listes gagnent du ter­rain et leurs ré­ponses sim­plistes à des ques­tions com­plexes sé­duisent de plus en plus. Beau­coup de per­sonnes ne me­surent pas la va­leur de l’Eu­rope. Nous vou­lons qu’elle fonc­tionne mieux et nous de­vons tra­vailler en­semble pour faire face aux dif­fé­rents dé­fis qui se pré­sentent à nous, comme la sé­cu­ri­té et les flux mi­gra­toires. C’est la seule fa­çon d’ap­pré­hen­der les choses. C’est à nous d’as­su­rer la sé­cu­ri­té et la sta­bi­li­té pour tous les Eu­ro­péens.

(Pho­to MaxPPP/DPA)

Man­fred We­ber pré­side le groupe des eu­ro­dé­pu­tés de la droite et du centre-droit de­puis juin .

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