Mort su­bite : quels gestes ?

Vrai/Faux Que se passe-t-il en cas de mort su­bite? Com­ment ré­agir? Qui ap­pe­ler?... Voi­ci quelques ré­ponses simples qui, de­main, vous per­met­tront peut-être de sau­ver une vie

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Santé - NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

0000 à 50000 Fran­çais dé­cèdent chaque an­née de mort su bite. Soit 13 fois plus que les tués sur les routes. Si tous ces dé­cès ne sont mal­heu­reu­se­ment pas évi­tables, il n’y a pas pour au­tant de fa­ta­li­té. Le Dr Claude Ma­riot­ti­ni, car­dio­logue in­ter­ven­tion ne le­tryth­mo­logue,a fon­dé il y a quelques an­nées l’as­so­cia­tion 20000 vies [lire-contre]. Il mi­lite pour une for­ma­tion la plus large pos­sible du pu­blic au mas­sage car­diaque. Des gestes simples pour faire re­par­tir une vie qui s’ est éteinte. En col­la­bo­ra­tion avec le car­dio­logue lau­ren­tin, nous vous pro­po­sons un pe­tit quiz.

La mort su­bite d’ori­gine car­diaque est liée à des per­tur­ba­tions élec­triques. VRAI. Le coeur est une pompe mus­cu­laire qui fait cir­cu­ler le sang dans le corps. L’ac­tion de pom­page du coeur est ren­due pos­sible par une ac­ti­vi­té élec­trique au­to­nome. Lorsque cette ac­ti­vi­té élec­trique, pour dif­fé­rents mo­tifs (lire plus loin), est per­tur­bée, les bat­te­ments du coeur peuvent de­ve­nir ir­ré­gu­liers et en­traî­ner un rythme anar­chique du ven­tri­cule, la fi­bril­la­tion ven­tri­cu­laire. Le rythme n’est plus ef­fi­cace; il est trop ra­pide pour faire fonc­tion­ner le coeur et ali­men­ter le cer­veau. C’est la mort su­bite.

Mas­sage car­diaque et dé­fi­bril­la­teur per­met­traient de sau­ver des mil­liers de vies par an. VRAI. Ac­tuel­le­ment le taux de sur­vie est de  %. Il pour­rait pas­ser à  % si les té­moins d’un ar­rêt car­diaque avaient sys­té­ma­ti­que­ment le ré­flexe d’ap­pe­ler le  et de pra­ti­quer un mas­sage car­diaque. Il fau­drait éga­le­ment que les lieux pu­blics (et pri­vés) soient mieux équi­pés en dé­fi­bril­la­teurs : quand le choc élec­trique est dé­li­vré sur place, le taux de sur­vie est mul­ti­plié par quinze.

Il faut mas­ser une vic­time de mort su­bite aus­si long­temps que les se­cours ne sont pas ar­ri­vés. VRAI. Ce mas­sage car­diaque réa­li­sé im­mé­dia­te­ment après que la vic­time s’est ef­fon­drée, per­met en par­ti­cu­lier de main­te­nir le cer­veau ir­ri­gué. Le Dr Claude Ma­riot­ti­ni cite le cas d’une quin­qua­gé­naire azu­réenne, vic­time d’une mort su­bite, que son conjoint, sa­peur­pom­pier, a mas­sée pen­dant qua­rante-cinq mi­nutes, avant que les se­cours n’ar­rivent sur les lieux (ils ré­sident dans l’ar­rière-pays). Quinze ans plus tard, cette femme se porte très bien et ne pré­sente au­cune sé­quelle.

Mas­ser en chan­tant les Bee Gees per­met de s’as­su­rer qu’on est dans le bon rythme. VRAI. Avec cent trois beats par mi­nute, la cé­lèbre chan­son des Bee Gees, Stayin’ Alive, at­teint une fré­quence très proche de celle re­com­man­dée pour un mas­sage, soit cent à cent vingt bat­te­ments par mi­nute. La mort su­bite est tou­jours liée à une ma­la­die co­ro­na­rienne. FAUX. Si la ma­la­die athé­ro­ma­teuse (obs­truc­tion par­tielle des ar­tères co­ro­naires) est le pre­mier pour­voyeur de morts su­bites, cel­le­ci peut être consé­cu­tive à plu­sieurs autres causes : épais­sis­se­ment anor­mal du muscle car­diaque, ma­la­die car­diaque gé­né­tique…

Seule une ma­la­die co­ro­na­rienne très évo­luée peut pro­vo­quer une mort su­bite. FAUX. Il n’y a pas tou­jours de cor­ré­la­tion entre la gra­vi­té d’un in­farc­tus, l’am­pleur des lé­sions et la sur­ve­nue d’une mort su­bite. Une pe­tite ar­tère bou­chée peut être

res­pon­sable d’un ac­ci­dent rythmique fa­tal.

Si une per­sonne proche est vic­time d’un in­farc­tus, il faut la conduire le plus vite pos­sible aux Ur­gences. FAUX. Il ne faut ja­mais ame­ner soi-même une vic­time d’in­farc­tus à l’hô­pi­tal, mais ap­pe­ler le  et at­tendre la ve­nue des pom­piers et/ ou du Sa­mu (qui ai­guille­ront le pa­tient dans le centre de car­dio­lo­gie in­ter­ven­tion­nelle le plus proche ayant une salle opé­ra­tion­nelle et dis­po­nible). En ef­fet, en cas d’in­farc­tus (ar­tère bou­chée), le coeur est en état d’hy­per­ex­ci­ta­bi­li­té et peut donc à tout mo­ment s’ar­rê­ter. L’an­gio­plas­tie (di­la­ta­tion co­ro­naire) est alors le trai­te­ment de choix.

Un in­farc­tus peut être confon­du avec une an­gine de poi­trine. VRAI. FAUX. Les dou­leurs sont si­mi­laires, mais en cas d’in­farc­tus elle est conti­nue et ne cède pas, aux mé­di­ca­ments (Tri­ni­trine).

Le terme « an­gine de poi­trine » fait ré­fé­rence au type de dou­leur au ni­veau de la gorge. VRAI. Lors­qu’une ar­tère est ré­tré­cie, le sang passe moins bien et un mes­sage de dou­leur est trans­mis au cer­veau. Ce qui va se tra­duire par une dou­leur à l’ef­fort, lo­ca­li­sée au ni­veau du tho­rax, dans le bras mais aus­si par­fois sous forme d’un « ser­re­ment » dans la gorge, s’ap­pa­ren­tant à une dou­leur d’an­gine « clas­sique ».

Au-de­là de cer­taines li­mites, le sport peut être dé­lé­tère pour le coeur. VRAI. Une pra­tique de plus de  heures de sport in­ten­sif par se­maine est dé­lé­tère au ni­veau car­diaque et rythmique. Elle peut fa­vo­ri­ser la sur­ve­nue d’une fi­bril­la­tion au­ri­cu­laire (trouble du rythme car­diaque) qui peut el­le­même fa­vo­ri­ser la for­ma­tion d’un caillot san­guin.

« Main­te­nir le cer­veau ir­ri­gué » Claude Ma­riot­ti­ni car­dio­logue in­ter­ven­tion­nel

(Pho­to archive NM)

la for­ma­tion au mas­sage car­diaque ex­terne et plus gé­né­ra­le­ment aux gestes de se­cours, est un , vé­ri­table acte ci­toyen .

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