« Quand on fête la mère, on fête la vie »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Spécial Fête Des Mères -

Fê­ter les mères, qu’est ce que ça re­pré­sente d’un point de vue psy­cha­na­ly­tique ? La mère c’est la source de la vie de­puis la nuit des temps. On vient tous de la mère. D’ailleurs, les en­fants mettent plus de temps à com­prendre l’in­ter­ven­tion du père dans leur nais­sance. Quand on parle de la mère, on parle du lien fon­da­men­tal qui nous éveille à la vie. Et à la vie af­fec­tive. La mère est tou­jours liée à la ques­tion de l’at­ta­che­ment. Quel sym­bo­lique y a-t-il dans le ca­deau de la fête des mères ? C’est très simple. La mère nous fait ca­deau de la vie. Nous le lui ren­dons en lui of­frant, à notre tour un ca­deau, en re­mer­cie­ment. Et si je vous parle de l’éty­mo­lo­gie du mot ca­deau, c’est en­core plus in­té­res­sant. Puis­qu’il vient du la­tin ca­dere, tom­bé. C’est quelque chose qui tombe de nous pour al­ler vers l’autre.

Même si ce n’est pas le cas, beau­coup pensent que la fête des mères a été créée par Pé­tain. C’est pour ça qu’elle n’est pas tou­jours cé­lé­brée? C’est la di­men­sion po­li­tique de la fête. Cer­tains mi­li­tants ne doivent pas la cé­lé­brer. Mais ça ne doit pas gâ­cher le sym­bole de la fête qui est ce­lui de cé­lé­brer sa mère. C’est au-de­là de toutes dis­cus­sions idéo­lo­giques et po­li­tiques.

La Fête des mères c’est aus­si celle des ca­deaux moches confec­tion­nés par les en­fants… Oui mais je pré­fère lar­ge­ment le col­lier de nouilles fa­bri­qué à l’école ma­ter­nelle que le ca­deau mé­na­ger ache­té à la hâte par le ma­ri. C’est tou­jours mieux un ob­jet confec­tion­né avec l’âge et les moyens du mo­ment ou l’ar­gent de poche dont il dis­pose. La vraie va­leur sym­bo­lique pour l’en­fant c’est celle qu’il se re­pré­sente lui-même. On se moque tou­jours du col­lier de nouilles, mais dans toutes les fa­milles on en parle  ans plus tard. Et quelques fois, on l’a même conser­vé.

On croule sous les fêtes de nos jours, celle de la mère est au-des­sus de toutes? Oui c’est vrai. Il y a les voi­sins, les grands-mères, les se­cré­taires… At­ten­tion à l’in­fla­tion des fêtes qui ont des vi­sées consu­mé­ristes comme Hal­lo­ween qui est la ver­sion mo­derne de la Tous­saint qui existe de­puis bien plus long­temps. Il n’en reste pas moins que les fêtes des mères et des pères sup­plantent toutes les autres.

La ver­sion mo­derne de la fa­mille, no­tam­ment re­com­po­sée, com­plique la donne? Ef­fec­ti­ve­ment. No­tam­ment quand il y a ri­va­li­té entre pre­mière et se­conde épouse : les « deux mères ». C’est pour ce­la que les juges des af­faires fa­mi­liales font en gé­né­ral très at­ten­tion. Et dans le dis­po­si­tif gé­né­ral, ils in­diquent tou­jours que l’en­fant pas­se­ra le jour de la fête des mères chez sa mère et ce­lui de la fête des pères chez son père.

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