Vet­tel, la qua­trième di­men­sion

Le pi­lote al­le­mand de chez Fer­ra­ri par­ti­ra en deuxième ligne, avec l’in­time es­poir de dé­cro­cher une pre­mière vic­toire cette sai­son

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sur La Piste - FA­BIEN PI­GALLE

Pour la qua­trième fois en six Grand Prix de Mo­na­co, Se­bas­tian Vet­tel (28 ans, 42 vic­toires) s’élan­ce­ra en deuxième ligne au­jourd’hui. Der­rière les flèches d’ar­gent d’Ha­mil­ton et Ros­berg, et la Red Bull de Ric­ciar­do en pole, l’Al­le­mand rac­croche les wa­gons d’une écu­rie Fer­ra­ri jusque-là en re­trait. En si­gnant le meilleur temps des Q1, il a confir­mé sa bonne lan­cée lors de la der­nière séance d’es­sais de la ma­ti­née (meilleur temps). Suf­fi­sant pour l’em­por­ter au­jourd’hui ? Les Ma­dame Ir­ma ne font pas re­cette en Prin­ci­pau­té. Mais pour es­pé­rer quelque chose ? Évi­dem­ment ! L’an der­nier, Vet­tel avait si­gné une deuxième place. À la traîne pen­dant les es­sais jeu­di avec des tou­chettes par-ci par-là, l’Al­le­mand a réus­si à as­su­rer l’es­sen­tiel en qua­lif’. Mais pas de quoi le sa­tis­faire. «Je suis vrai­ment dé­çu parce qu’on avait bien bos­sé sur la voi­ture de­puis jeu­di, avec de bons der­niers es­sais hier en fin de ma­ti­née, ra­conte Vet­tel. Et puis, je ne sais pour quelle rai­son, j’ai man­qué de grip et la voi­ture glis­sait beau­coup en fin de qua­lif’. Tout le monde amé­lio­rait ses temps, mais nous, non. C’est dé­ce­vant parce que j’ai lou­pé une bonne op­por­tu­ni­té d’être de­vant. » Frus­tré, le pi­lote. Sym­bole de ce dé­but de cham­pion­nat.

« Vet­tel est la clé de voûte »

«Les Fer­ra­ri re­montent la pente, ça avait bien mar­ché pour eux la sai­son der­nière, se sou­vient Jean Ale­si, qui connaît bien la mai­son. Mais ça ne se voit pas en­core, il faut être pa­tient. Cette an­née, ils n’ont pas vrai­ment eu de chance. » Im­per­méable à la pres­sion, la Scu­de­ria peut comp­ter sur Vet­tel pour lui faire fran­chir un cap. «Souvent, Fer­ra­ri fait ap­pel à des cham­pions pour re­lan­cer l’équipe. Et c’est le rôle de Vet­tel, in­siste Ale­si. On l’a vu avec Mi­chael Schu­ma­cher quand il est ar­ri­vé dans l’écu­rie. Il n’est sa­cré cham­pion du monde que cinq ans après. Il faut être pa­tient. » Le qua­druple cham­pion du monde est donc bien le digne hé­ri­tier de Schu­mi, der­nier vain­queur Fer­ra­ri à Mo­na­co (2001). Peu im­porte si Vet­tel n’a plus ga­gné de­puis le GP de Sin­ga­pour au mois de sep­tembre. Ce jour-là, il n’avait pas seule­ment ajou­té une ligne à son CV dé­jà long comme le bras, mais mar­qué son dé­voue­ment à la Scu­de­ria. Et les rai­sons d’es­pé­rer qui vont avec. « La fa­cul­té qu’il a d’en­traî­ner tout le monde der­rière lui le rend très spé­cial. C’est la marque des grands, constate Jean Ale­si. Il ne le fait pas seule­ment en al­lant vite sur la piste, non. Il ci­mente l’équipe en de­hors. Se­bas­tian est la clé de voûte. » Il faut dire que dès sa pre­mière sai­son en rouge, le na­tif d’Hep­pen­heim a conquis les ti­fo­si et les fans de F1. Grand sei­gneur, il avait crié sa joie dans son casque en ita­lien – « Gra­zie, for­za Fer­ra­ri ! » – pour sa pre­mière vic­toire en Ma­lai­sie. Et pour faire dé­fi­ni­ti­ve­ment cha­vi­rer les coeurs, il avait ren­du hom­mage à l’ange Bian­chi, en fran­çais, en l’em­por­tant en Hon­grie : « “Joule”, cette vic­toire est pour toi. »

(Pho­to Cy­ril Do­der­gny)

La Scu­de­ria peut comp­ter sur Vet­tel pour lui faire fran­chir un cap.

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