Au coeur des écu­ries

C’est le centre né­vral­gique de la course. Là où in­ter­viennent in­gé­nieurs et mé­ca­ni­ciens. Là où se changent les pneus, où se re­fait le plein d’es­sence. Bien­ve­nue au ga­rage Re­nault F1

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - En Immersion - NI­CO­LAS HASSON-FAURÉ nhas­son@ni­ce­ma­tin.fr

C’est le monde du bruit. Les mo­teurs ron­ronnent fort. Les pneus re­bon­dissent sur le sol avec un bruit étouf­fé. La bande-son des ga­rages du Grand Prix est plu­tôt agres­sive. C’est lo­gique : ces pièces tout en lar­geur sont ou­vertes sur la pit lane. En plein coeur de la course. Elles en sont le centre né­vral­gique, pour les écu­ries. Là où se changent les pneus, se re­font les pleins d’es­sence. Dans cet uni­vers où chaque se­conde compte, tout tourne au­tour de l’in­for­ma­tion, des don­nées. Celles qui per­mettent aux in­gé­nieurs de choi­sir une nou­velle pres­sion de pneus, par exemple, et aux mé­ca­ni­ciens de l’ajus­ter. Un exemple par­mi beau­coup d’autres, dans la mul­ti­tude de dé­tails qui font ga­gner des places sur la ligne d’ar­ri­vée. Ou en perdre.

Les yeux ri­vés sur les écrans

Ici, c’est le ter­ri­toire des écrans. Il y en a par­tout. Même de­vant les yeux de Jo­lyon Pal­mer et Ke­vin Ma­gnus­sen, les deux pi­lotes Re­nault. 14 heures n’ont pas son­né, hier, et ils se sont ins­tal­lés dans leurs bo­lides jaunes. De chaque cô­té du ga­rage, une nuée de mé­ca­ni­ciens est ve­nue se pos­ter de part et d’autres des For­mule 1. Ils se tiennent droit, le vi­sage concen­tré. Les gra­dins rem­plis de spec­ta­teurs se dé­tachent der­rière ces hommes qui font face aux F1. La voix du spea­ker ré­sonne, en sour­dine. Et à l’in­té­rieur du ga­rage, les mé­ca­ni­ciens en noir s’ac­tivent. En quelques se­condes, en quelques gestes ex­perts, ils fixent les pneus aux For­mule 1. De gros bruits d’ac­cé­lé­ra­tion viennent se ra­jou­ter à la scène : les pre­miers bo­lides quittent la pit lane. Bien­tôt l’heure du dé­part de la pre­mière Re­nault. Un homme sort sur l’as­phalte. Il guide le pi­lote avec un en­chaî­ne­ment de gestes secs des bras, comme sur un por­tea­vions. Les mé­ca­ni­ciens qui s’oc­cupent de la voi­ture s’écartent de lui, et il file. La séance d’es­sais qua­li­fi­ca­tifs d’hier après-mi­di vient de dé­mar­rer.

Chan­ger les pneus, en­core et en­core

Mal­gré le ni­veau so­nore plu­tôt ex­trême, tout le monde com­mu­nique, tout le temps. Avec une tape sur l’épaule pour de­man­der à quel­qu’un de se pous­ser. Une phrase lan­cée dans la ra­dio. Ou les yeux : dans le ga­rage, tout le monde a ri­vé son re­gard sur les écrans qui montrent les pi­lotes faire fi­ler leur bo­lide dans Mo­na­co. Jus­qu’au pre­mier ar­rêt d’une longue sé­rie, quand la For­mule 1 de Jo­lyon Pal­mer s’ar­rête de­vant le ga­rage. Avec des gestes as­su­rés et pré­cis, les mé­ca­ni­ciens font ren­trer, à nou­veau, la mo­no­place dans la pièce. Ils se jettent au­tour, changent les pneus avec leurs pis­to­lets ac­cro­chés au pla­fond par des câbles tire-bou­chon­nés. Par­fois, ils re­font le plein. C’est une at­mo­sphère de ruche, où rien n’est lais­sé au ha­sard, où tout le monde sait ce qu’il a à faire. Avec ses pneus neufs et son bruit re­con­nais­sable entre mille, la For­mule 1 re­part. Et les scènes se ré­pètent, en­core et en­core : les yeux fixés sur les écrans, l’ar­rêt de la voi­ture de­vant le ga­rage, la pose de nou­veaux pneu­ma­tiques… C’est comme ça jus­qu’à la fin des es­sais. En­suite, le bo­lide jaune est en­tiè­re­ment désos­sé. Ses en­trailles s’af­fichent en pleine lu­mière. Des élé­ments sen­sibles, spé­ci­fiques à chaque écu­rie, dif­fi­ciles à prendre en pho­to ou à men­tion­ner. Les ga­rages ne sont pas seule­ment le monde du bruit. C’est aus­si le royaume des se­crets. Dont beau­coup dé­ter­mi­ne­ront le clas­se­ment d’au­jourd’hui.

(Pho­tos N.H.-F.)

Dans cet at­mo­sphère de ruche, où rien n’est lais­sé au ha­sard, tout le monde sait ce qu’il a à faire.

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