La CGT, bête noire des po­li­tiques

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France - Par MI­CHÈLE COTTA

A la veille d’une nou­velle se­maine de conflit so­cial, la po­si­tion de Fran­çois Hol­lande est ve­nue du Ja­pon, il y a trois jours, confor­ter celle de Ma­nuel Valls. Im­pos­sible dé­sor­mais pour la CGT de ta­bler sur une di­vi­sion de l’exé­cu­tif. Le Pre­mier mi­nistre avait dit de­vant l’As­sem­blée na­tio­nale : «Ma res­pon­sa­bi­li­té, c’est d’al­ler jus­qu’au bout.»

Le Pré­sident a confir­mé : «Je tien­drai bon parce que c’est une bonne ré­forme et nous de­vons al­ler jus­qu’à son adop­tion.» Pas une feuille de pa­pier à ci­ga­rette, donc, entre les deux hommes. Le bras de fer conti­nue, même si le gou­ver­ne­ment a fait pro­cé­der à quelques éva­cua­tions de raf­fi­ne­rie ou de dé­pôts d’es­sence. Suite au pro­chain nu­mé­ro: les ren­dez­vous ne manquent pas d’ici au  juin. Et l’op­po­si­tion, pen­dant ce temps-là? Et les can­di­dats dé­jà dé­cla­rés aux pri­maires? Ils ont choi­si, pour le mo­ment, de ne pas (trop) en­ve­ni­mer le conflit. En de­hors, il est vrai de Ni­co­las Sar­ko­zy: ce­lui-ci, en voyage à la Réunion – île qui avait vo­té pour Fran­çois Hol­lande en  par une ma­jo­ri­té de % – n’a ces­sé d’en­voyer sur le pré­sident de la Ré­pu­blique une vo­let de bou­lets, dont cette adresse, en di­rec­tion des ul­tra­ma­rins comme des Fran­çais de mé­tro­pole : « Que le peuple se lève, et qu’il dise : ça suf­fit ! » Mais Ni­co­las Sar­ko­zy n’a pas en­core fait acte de can­di­da­ture à la pri­maire ré­pu­bli­caine. Il s’ex­pri­mait, il l’a dit, en chef de l’op­po­si­tion. Ce qui est une fa­çon de s’éle­ver dès au­jourd’hui au ni­veau de Fran­çois Hol­lande, en lais­sant les fu­turs com­pé­ti­teurs de l’au­tomne pro­chain se dé­brouiller entre eux. Ceux-ci, en ef­fet, se taisent ou se contentent de ré­cla­mer le re­tour au calme. Car ils n’es­pèrent en réa­li­té, qu’une chose: que le gou­ver­ne­ment ar­rive à faire pas­ser son pro­jet de loi, et qu’il en soit fi­ni du conflit avec la CGT. Alain Juppé, Fran­çois Fillon et Bru­no Le Maire, pour ne ci­ter qu’eux, n’ont au­cun in­té­rêt à une ca­pi­tu­la­tion en rase cam­pagne de Fran­çois Hol­lande et de Ma­nuel Valls. Si la CGT ga­gnait de­main, ou dans quelques jours, elle de­vien­drait une for­te­resse qu’eux-mêmes plus tard, s’ils ar­ri­vaient au pou­voir, de­vraient abattre pour mettre en oeuvre le pro­gramme qu’ils avancent : aban­don des  heures, retraites à  ans, al­lo­ca­tions chô­mage dé­gres­sives, Bru­no Le Maire a d’ores et dé­jà an­non­cé que, s’il était élu, il ne se lan­ce­rait pas dans la moindre né­go­cia­tion so­ciale avec les syn­di­cats. Fran­çois Fillon af­firme sa vo­lon­té de prendre le maxi­mum de dé­ci­sions par ré­fé­ren­dum, et Alain Juppé, par or­don­nances. Les uns et les autres pré­fé­re­raient lais­ser au gou­ver­ne­ment ac­tuel le soin de ve­nir à bout de l’ad­ver­saire re­dou­table et re­dou­té de tous, la CGT. Faute de quoi, ce­lui d’entre eux qui ga­gne­ra la pri­maire se re­trou­ve­ra face au pa­tron du syn­di­cat, Phi­lippe Martinez, qui pour­rait bien me­na­cer de pa­ra­ly­ser à nou­veau la France, et se tar­guer de faire re­cu­ler la droite, après avoir fait re­cu­ler le gou­ver­ne­ment de la gauche.

« Les té­nors de droite n’ont au­cun in­té­rêt à une ca­pi­tu­la­tion en rase cam­pagne de Fran­çois Hol­lande et Ma­nuel Valls. »

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