An­gels’ Bay In­vest, des anges gar­diens à la re­cherche de pé­pites L’in­ter­view

Ce ré­seau se veut cen­tré sur la sé­lec­tion, l’in­ves­tis­se­ment et l’ac­com­pa­gne­ment des jeunes pousses, ex­plique son pré­sident Mau­ro Dell’Or­co

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L'Economie - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR KARINE WEN­GER

On l’a connu pré­sident du So­phia Bu­si­ness An­gels. De­puis fé­vrier, Mau­ro Dell’Or­co et Jo­sé Mas­sol, pré­sident de Mé­di­ter­ra­née In­ves­tis­se­ments, ont créé An­gels’ Bay In­vest, un nou­veau ré­seau de bu­si­ness an­gels sur la Côte d’Azur et Mo­na­co. Avec une am­bi­tion bien af­fi­chée : se fo­ca­li­ser sur l’in­ves­tis­se­ment et l’ac­com­pa­gne­ment des jeunes pousses en fé­dé­rant les ac­teurs du fi­nan­ce­ment de star­tups.

Pour­quoi avoir créé An­gels’ Bay In­vest? Qu’ap­porte-t-il que vous ne trou­viez pas au sein de So­phia Bu­si­ness An­gels et Mé­di­ter­ra­née In­ves­tis­se­ments? Dans le pas­sé, le mo­dèle des clubs de bu­si­ness an­gels était de créer et d’ani­mer un éco­sys­tème au­tour des star­tups, un rôle de­ve­nu su­per­flu en rai­son de la mul­ti­pli­ca­tion des ac­teurs et des évé­ne­ments dans le monde de l’in­no­va­tion (in­cu­ba­teurs, des pé­pi­nières, des ac­cé­lé­ra­teurs, des fonds d’in­ves­tis­se­ment...). Dé­sor­mais, la com­plexi­té des dos­siers et la mul­ti­pli­ci­té des ac­teurs gra­vi­tant au­tour des jeunes pousses né­ces­sitent l’émer­gence d’un hub “fé­dé­ra­tif” du fi­nan­ce­ment et de l’ac­com­pa­gne­ment ayant une taille cri­tique, une puis­sance d’in­ves­tis­se­ment im­por­tante, une dé­marche struc­tu­rée et pro­fes­sion­nelle pour per­mettre à tous une plus grande ef­fi­ca­ci­té. Jo­sé Mas­sol, moi-même et d’autres membres des deux ré­seaux avons es­ti­mé qu’il fal­lait se re­cen­trer : c’est dans cette lo­gique que nous avons fon­dé An­gels’ Bay In­vest à So­phia. Il fait par­tie de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale France An­gels et de la co­or­di­na­tion ré­gio­nale An­gels PA­CA.

Quel est son ob­jec­tif? Il est de ren­for­cer la ca­pa­ci­té de fi­nan­ce­ment pri­vé des star­tups en se fo­ca­li­sant sur l’in­ves­tis­se­ment et l’ac­com­pagne-ment en termes de ré­seau, d’ex­per­tises et de stra­té­gie à par­tir de l’en­trée au ca­pi­tal des jeunes pousses in­no­vantes et à haut po­ten­tiel. C’est éta­blir des par­te­na­riats avec des fonds d’in­ves­tis­se­ments pu­blics, y al­ler en groupe pour s’as­su­rer de la force du ré­seau et avoir des ac­com­pa­gna­teurs « la­bel­li­sés » ; c’est-à-dire des par­te­naires connus et de confiance.

Qui en sont les membres? Nous sommes une tren­taine, is­sus du monde de l’en­tre­pre­na­riat – on vise la cin­quan­taine d’ici la fin de l’an­née. Nous sommes très im­pli­qués dans l’ac­com­pa­gne­ment des en­tre­prises, cher­chons des deals via nos ré­seaux per­son­nels et nos par­te­naires agréés, ins­trui­sons des dos­siers, in­ves­tis­sons, ac­com­pa­gnons, in­ter­ve­nons en ca­pi­tal dès le stade d’amor­çage.

Quelle est votre zone d’ac­tion? Nous re­cher­chons des pé­pites en PA­CA, Mo­na­co et au-de­là : de Mont­pel­lier à Mi­lan en pas­sant par Mar­seille, So­phia, Nice – avec aus­si des ou­ver­tures sur la France en­tière et sur l’étran­ger. Comment al­lez-vous pro­cé­der? Les pro­po­si­tions de deals nous ar­rivent de deux fa­çons: soit au­to­nome, on est contac­té di­rec­te­ment par les en­tre­prises. Soit via les membres d’An­gels’ Bay In­vest, qui sont sou­vent des ex­perts en leur do­maine et qui, en re­la­tion per­ma­nente avec nos par­te­naires, sont nos sen­ti­nelles. Nous avons mis en place en amont un pro­cess de sé­lec­tion des en­tre­prises qui nous per­met, à nous les in­ves­tis­seurs, de ne pas perdre du temps et de trou­ver la pé­pite et à l’en­tre­pre­neur d’être fi­nan­cé et ac­com­pa­gné. On veut évi­ter l’ani­ma­tion évé­ne­men­tielle: faire pit­cher des chefs d’en­tre­prise sans être sûrs qu’ils nous in­té­ressent.

Concrè­te­ment... Pour que ce­la fonc­tionne, il faut qu’il y ait dans la chaîne de ren­contres avec l’en­tre­pre­neur, des spon­sors, des coachs et des ex­perts à même de nous confir­mer que nous sommes en pré­sence d’une pé­pite et de va­li­der ain­si l’in­té­rêt de l’in­ves­tis­se­ment. Du coup, j’ai créé l’acro­nyme SCELPI pour la­bel­li­ser nos deals : Spon­sors, Coachs, Ex­perts, Lea­ders et Po­ten­tiels In­ves­tis­seurs. Les membres d’An­gels’ Bay In­vest ex­priment et filtrent préa­la­ble­ment leur in­té­rêt à tra­vers un vote sur les deals pro­po­sés. Puis ils se ren­contrent lors d’une réunion men­suelle du­rant la­quelle ils dé­cident si l’en­tre­prise est in­té­res­sante et s’ils sont dis­po­sés à in­ves­tir. Si la pro­po­si­tion est co­hé­rente avec nos ob­jec­tifs, alors seule­ment on dé­bute l’ap­proche ana­ly­tique avec l’en­tre­prise.

Quels do­maines vous in­té­ressent ? Ce­la dé­pend des com­pé­tences et des in­té­rêts de nos membres mais on couvre presque tous les do­maines, avec une pré­di­lec­tion pour le mé­di­cal et les nou­velles tech­no­lo­gies.

Com­bien de deals avez-vous réa­li­sé de­puis la créa­tion d’An­gels’ Bay In­vest? Nous avons te­nu trois réunions de­puis fé­vrier et avons trou­vé deux deals qui sont en phase avan­cée d’ins­truc­tion. Le but n’est pas la quan­ti­té mais la qua­li­té. Sur­tout y al­ler en groupe, en co-ré­seau et en coin­ves­tis­se­ment.

Quelle est la du­rée d’ac­com­pa­gne­ment ? Nous en­vi­sa­geons des in­ves­tis­se­ments sur une du­rée plus courte que dans le pas­sé, idéa­le­ment sur - ans.

(Pho­to K.W.)

« Les in­ves­tis­se­ments se­ront orien­tés vers des pro­jets à haut po­ten­tiel de crois­sance de la ré­gion et en co-in­ves­tis­se­ment avec les ré­seaux ap­pro­priés en France et à l’in­ter­na­tio­nal. »

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