Orgue : quand La­try ren­contre Bach

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe de Saint-Tropez - S.A.

C’est un ré­ci­tal hors du com­mun que l’or­ga­niste vir­tuose Oli­vier La­try a don­né, ce di­manche, en l’église pa­rois­siale. La­try sait tout faire et tout jouer. Il au­rait pu concoc­ter un pro­gramme éta­lé dans le temps, avec une part d’oeuvres plus contem­po­raines. Que nen­ni : il avait choi­si Bach et rien que Bach. Du très clas­sique en somme, mais ô com­bien fi­ne­ment pen­sé! Une ren­contre entre le com­po­si­teur gé­nial et le maître in­con­tes­té de cet ins­tru­ment ne pou­vait que don­ner du très haut ni­veau. Avec trois mor­ceaux très joués, très connus, mais que la« patte » d’Oli­vier La­try a ren­du éton­nam­ment mo­dernes. Le pré­lude et fugue en ré mi­neur en dé­but de concert : on ne se lasse pas de cette fugue cé­lèbre. L’or­ga­niste y ap­porte pour­tant sa touche per­son­nelle, faite de maî­trise et d’une dé­sin­vol­ture propre aux très grands in­ter­prètes. Le concer­to en do ma­jeur d’après Vi­val­di : on reste sous le charme du thème ini­tial et du dia­logue per­ma­nent, d’une rare pu­re­té, que cet orgue rend ma­gni­fi­que­ment, no­tam­ment dans les deux al­le­gros d’an­tho­lo­gie. La toc­ca­ta et fugue en ré mi­neur pour fi­nir, mais « l’autre » toc­ca­ta et fugue, pas celle connue du monde en­tier, la toc­ca­ta « do­rienne ». Elle vaut lar­ge­ment sa ca­dette. La fugue est tout sim­ple­ment dan­tesque. Le pu­blic ne s’y est pas trom­pé, qui s’est le­vé spon­ta­né­ment pour ap­plau­dir, alors que même que le ré­ci­tal n’était pas ter­mi­né ! Ajou­tez-y un cho­ral d’une dou­ceur ex­trême, sui­vi d’un autre d’une vio­lence in­ouïe, et deux trios en­ga­geants à sou­hait : une heure qui compte dans les après­mi­dis des mé­lo­manes. Oli­vier La­try ne se trompe ja­mais dans ses choix.

(SA)

Oli­vier La­try (à gauche) et Jean-Paul Brac­co, re­trou­vailles réus­sies de­vant l’orgue tro­pé­zien.

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