As­sises : le pa­le­fre­nier nie avoir abu­sé de l’écuyère à Nans

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - G. D.

L’op­po­si­tion entre l’ac­cu­sé et la plai­gnante a été en­tière, hier de­vant la cour d’as­sises du Var, à l’ou­ver­ture du pro­cès pour viol de Ion Ghi­li­mei. Ce Rou­main de 33 ans, gar­çon d’écu­rie dans un éle­vage de Nans-les-Pins, a ad­mis sans dif­fi­cul­té avoir eu des rap­ports in­times, dans la nuit du 23 au 24 août 2014, avec Mé­la­nie.

Bar­ri­ca­dée dans les toi­lettes

Mais contrai­re­ment à ce qu’af­firme cette écuyère de 26 ans, ré­cem­ment ar­ri­vée sur l’ex­ploi­ta­tion au mo­ment des faits, il conteste avoir abu­sé d’elle. Mé­la­nie, mo­ni­trice d’équi­ta­tion, a ex­pli­qué que son col­lègue de tra­vail s’était pré­sen­té vers 22 heures de­vant son lo­ge­ment, avec un pack de bières. « On a dis­cu­té, mais il me fai­sait des avances ver­bales sans trop de dé­tours. » Elle l’avait écon­duit au pré­texte d’al­ler se cou­cher, mais il était re­ve­nu un quart d’heure plus tard, pour re­prendre le té­lé­phone qu’il avait ou­blié. « Il est en­tré, et il a tout de suite fer­mé ma porte à clé. Il était de plus en plus pres­sant. A un mo­ment il est sor­ti uri­ner, en fer­mant la porte à clé. Je ne pou­vais pas sor­tir, alors je me suis en­fer­mée dans les toi­lettes. »

Traces de lutte

Les gen­darmes ont consta­té que la porte des toi­lettes avait bien été dé­fon­cée. S’ils ont no­té dans le stu­dio de la jeune femme un désordre « ha­bi­tuel », l’une des lattes du ca­na­pé tout neuf était cas­sée, ain­si qu’un cen­drier, « pou­vant lais­ser pen­ser à une al­ter­ca­tion ». « Il m’a prise par le bras pour me sor­tir des toi­lettes en me traî­nant sur le sol, et m’a pous­sée vio­lem­ment sur le ca­na­pé. Il me coin­çait le cou avec ses jambes, et ser­rait tel­le­ment fort que j’avais du mal à res­pi­rer. J’ai eu peur. Je l’ai lais­sé faire. »

Fuite à tra­vers bois

Mé­la­nie a mis à pro­fit un mo­ment d’in­at­ten­tion de Ion pour s’en­fuir dans les bois. « Mon idée était de me ca­cher, de dis­pa­raître. » Elle a mar­ché pieds nus en­vi­ron deux ki­lo­mètres, pour re­joindre le vil­lage vers 3 heures du ma­tin, et ap­pe­ler les gen­darmes de­puis une ca­bine pu­blique. Ar­rê­té au pe­tit ma­tin, Ion avait af­fir­mé avoir pen­sé que la jeune femme était consen­tante, dans la me­sure où elle n’avait rien dit. « Peut-être que je n’ai pas dit non par la pa­role, mais il y a eu au moins une de­mi-heure de ba­garre.» L’ac­cu­sé se­ra in­ter­ro­gé au­jourd’hui sur les faits, no­tam­ment sur ce qui, à son avis, a mo­ti­vé la fuite de la plai­gnante à tra­vers bois, et sur les traces de vio­lence re­le­vées sur elle.

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