Dates

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’humain - LAURE BRUYAS lbruyas@ni­ce­ma­tin.fr 1. École nor­male su­pé­rieure.

 Nais­sance à Dra­gui­gnan.  Lau­réate du Prix Cla­ra avec sa nou­velle Mon Al­ban.  Ob­tient le bac avec la moyenne de 21,23/20. Ma­jor de France.  In­tègre l’école nor­male su­pé­rieure.  Wan­de­rer est pu­blié aux édi­tions Hé­loïse d’Or­mes­son. Le livre est re­te­nu dans la sé­lec­tion du prix du Gon­court du pre­mier ro­man, du prix des lec­teurs de l’Ex­press-BFM TV et du prix cercle Cha­pel.

sco­laire et sur­douée qui a dé­cro­ché son bac avec 21/20 de moyenne comme une évi­dence. Hy­po­khâgne, khâgne, nor­male sup’. Par­cours d’ex­cep­tion, non pas d’une bête à concours mais d’une fluette fu­tée et af­fû­tée. Brillante. Aus­si loin que Sa­rah s’en sou­vienne, elle a tou­jours eu le goût des mots des autres. Ceux de Proust plu­tôt que ceux de Cé­line, Jac­cot­tet, Bon­ne­foy, les mots de Qui­gnard plu­tôt que ceux d’An­got. Elle a «dé­cou­vert l’écri­ture dans Ju­lien Gracq, la vie dans Si­mone de Beau­voir». «Le Clé­zio m’a énor­mé­ment ins­pi­rée. Dans ses nou­velles pour en­fant, il est beau­coup ques­tion de la mer et du so­leil. Ses livres me fai­saient ap­pré­cier au cen­tuple Nice, ses pay­sages, ses col­lines et son bord de mer». Les mots rendent la vie plus belle, «la littérature en­ri­chit le réel». Les mots sont maux aus­si. De­puis qu’elle a su les lire, Sa­rah tente de les ap­pri­voi­ser, de leur don­ner sens, de les faire par­ler, être. Chez elle, l’écri­ture a «des ri­tuels». Elle écrit en mu­sique. L’écri­ture est par­fois «vio­lence». Elle peut «pas­ser une de­mi-heure sur une phrase ». Tra­vailler «jus­qu’à ce que le rythme soit long, que les phrases soient amples, que la langue s’épa­nouisse dans ce qu’elle a de plus com­plexe». Dou­lou­reu­se­ment souvent, fré­né­ti­que­ment ja­mais, elle a écrit des di­zaines de textes, longs, courts, des mots je­tés, grif­fon­nés, aban­don­nés, pour­sui­vis, avec ou sans fin. Son « père a lu tout ce qui était ache­vé». Il a lu sa nou­velle Mon Al­ban. Elle a pré­sen­té le texte au concours Cla­ra de la nou­velle «pous­sée par Hen­ri Le­gendre, alors di­rec­teur du théâtre de l’Al­pha­bet, sa fille Claire édi­tée à 18 ans était un mo­dèle », une grande soeur d’écri­ture. Sa­rah a rem­por­té le prix, ren­con­tré Hé­loïse d’Or­mes­son qui de­vien­dra son édi­trice. Son père a aus­si été le pre­mier lec­teur de ce pre­mier ro­man évé­ne­ment Wan­de­rer. Sa­rah y ra­conte l’amour tor­tu­ré de deux mu­si­ciens, un amour à mort dans un huis clos blanc, pay­sages gla­cés, très loin de l’aire Saint-Mi­chel où, pe­tite, elle ai­mait se pro­me­ner, Nice à ses pieds. Elle l’a por­té pen­dant des an­nées, ce pre­mier ro­man. L’a tra­vaillé et tra­vaillé en­core. Écrit cent fois. Mille fois re­mis sur le mé­tier. Un pre­mier ro­man sa­lué par la cri­tique. L’en­fant plume est de­ve­nue « une ro­man­cière mieux que pro­met­teuse». Et ces mots-là sont ceux de Ber­nard Pi­vot. J’ai dé­cou­vert la vie dans Si­mone de Beau­voir ”

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