As­sises: les ac­cu­sés se mettent en ca­vale et la dé­fense se ca­ra­pate

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - G. D.

Sé­quence “grande éva­sion ” hier au pa­lais de jus­tice de Dra­gui­gnan, pour le pro­cès en ap­pel de deux Tu­ni­siens pour un viol en réunion à Marseille. Ve­nus libres, sous contrôle ju­di­ciaire, à leur pro­cès, les deux hommes ont par­ti­ci­pé mer­cre­di à la pre­mière jour­née d’au­dience. Mais hier ma­tin, à la re­prise des dé­bats, les ac­cu­sés brillaient par leur ab­sence. Leurs avo­cats ont vai­ne­ment ten­té de les joindre par té­lé­phone. Il a bien fal­lu se rendre à l’évi­dence, les ac­cu­sés, qui re­dou­taient des condam­na­tions plus lourdes que celles in­fli­gées en pre­mier res­sort par les as­sises des Bouches-duR­hône, ont choi­si de se sous­traire à la jus­tice. Dès lors, leurs avo­cats n’avaient plus les moyens d’as­su­rer va­la­ble­ment leur dé­fense. Ils ont donc dé­ser­té à leur tour l’au­dience, dans le cou­rant de la ma­ti­née. Le pro­cès n’en est pas moins al­lé jus­qu’à son terme. Re­gret­tant la dis­pa­ri­tion des ac­cu­sés, l’avo­cat gé­né­ral, Eli­sa­beth Liard, a rap­pe­lé le contexte des faits qui s’étaient dé­rou­lés dans la nuit du 23 au 24 jan­vier 2012, au dix-sep­tième étage d’une tour de Marseille. Une jeune fille de 15 ans, ve­nue d’Avi­gnon le temps d’une soi­rée, y avait été at­ti­rée par des gar­çons ren­con­trés sur le vieux port. Elle avait eu une re­la­tion consen­tie avec l’un, puis avait été vio­lée par deux autres, et un qua­trième ten­tait d’abu­ser d’elle quand la po­lice, ap­pe­lée au se­cours, était in­ter­ve­nue. Le 12 jan­vier 2015, Ja­lel Jed­di, 46 ans, avait été con­dam­né aux as­sises d’Aix-en-Pro­vence à six ans de prison pour ten­ta­tive de viol en réunion. Cinq ans avaient sanc­tion­né Ja­lel Smaa­li, 40 ans, cou­pable de viol en réunion.

Tous deux ont été de nou­veau dé­cla­rés cou­pables par le ju­ry d’ap­pel. Il a choi­si le haut de la four­chette re­quise par l’avo­cat gé­né­ral, pour les condam­ner à treize ans de ré­clu­sion. La cour a dé­li­vré deux man­dats d’ar­rêt. Ce n’est pas une condamnation par dé­faut, qui per­met­trait aux deux ac­cu­sés d’être re­ju­gés, au cas où on les re­trou­ve­rait. Ayant par­ti­ci­pé au dé­but de leur pro­cès, la dé­ci­sion de la cour est contra­dic­toire. S’ils sont ar­rê­tés, elle leur se­ra no­ti­fiée, et ils au­ront cinq jours pour se pour­voir en cas­sa­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.